Publié dans Sport

Football - Andriatsima - « C’est simple : Madagascar est un pays pauvre »

Publié le mercredi, 07 juin 2017

Faneva Andriatsima, l’attaquant international malgache de Sochaux, a lancé fin mai une opération de crowdfunding et de vente de maillots. L’objectif du capitaine des Baréa est simple : que l’argent récolté profite à la sélection locale, aux jeunes et aux féminines. Car Madagascar ne roule vraiment pas sur l’or.

Vous avez décidé de venir en aide au football de votre pays, mais plus précisément à certaines sélections. Pourquoi ?
C’est simple : Madagascar est un pays pauvre. Sa Fédération n’est pas riche, elle dépend presque uniquement des dotations de la FIFA. Il y a pas mal d’efforts qui sont faits pour la sélection A. Honnêtement, on voyage dans de bonnes conditions, les équipements mis à notre disposition sont bons, car il y a eu des efforts, pareil pour les hôtels où nous descendons. Le problème, ce sont les autres sélections. Presque tout le budget va à l’équipe A. C’est donc pour cela que j’ai souhaité lancer cette opération.
Qu’en pense votre Fédération ?
Elle est bien sûr au courant. Je l’avais informée de mes intentions, et j’attendais d’avoir son aval. L’objectif, dans un premier temps, semble de venir en aide à la sélection locale... Oui. Elle a déjà disputé deux matchs comptant pour les qualifications pour le CHAN face au Malawi (1-0, 1-0). Au prochain tour, en juillet, ce sera le Mozambique. Et d’ici là, elle va participer à la Coupe de la COSAFA en Afrique du Sud, avec déjà trois matchs au premier tour (Mozambique, Seychelles, Zimbabwe). Si elle va en finale, elle jouera trois matchs de plus. Les joueurs locaux sont importants pour le football malgache. Plusieurs font partie de l’équipe A. Et comme les matchs des locaux sont considérés comme officiels par la FIFA, cela représente des points au classement. Mieux nous sommes classés, plus nous sommes protégés pour les tirages au sort. Il faut aussi penser à l’avenir : ce sont les jeunes locaux qui, à terme, intégreront la sélection A. Certains d’entre eux iront à l’étranger. Il faut donc tout faire pour les placer dans les meilleures conditions afin qu’ils progressent.
Vous avez donc décidé de lancer cette opération de crowdfunding. À qui s’adresse-t-elle ?
À tout le monde. Aux supporters de la sélection nationale. Aux organisations privées ou publiques, que ce soit à Madagascar ou à l’étranger, et notamment en France, où il y a une assez importante diaspora malgache (140 000 personnes environ, ndlr). Et aussi à des joueurs de l’équipe nationale ou d’origine malgache. Certains de mes coéquipiers en sélection m’ont dit qu’ils verseront quelque chose dans le pot commun. Franck Béria, le défenseur de Lille, que j’ai contacté, m’a assuré de son soutien et il m’a dit qu’il participerait aussi. Cela ne fait que commencer, il n’y a pas eu beaucoup de publicité faite autour de cette initiative.
Avez-vous fixé un objectif chiffré ?
Non. On se doute bien que nous n’allons pas lever 100 000 euros ! Pour le moment, nous en sommes à près de 700 euros. C’est un début. Je vais profiter du rassemblement de la sélection avant le déplacement au Soudan pour en parler aux joueurs. Peu importe ce que les gens donnent : 5, 10, 20 euros... Si nous arrivons dans les prochains mois à récolter de quoi payer des chaussures, des équipements destinés aux locaux, aux jeunes ou aux féminines, ce sera bien.
Vous avez aussi lancé une opération en parallèle avec une vente de maillots sur Internet. Expliquez-nous.
J’ai commandé 200 maillots de la sélection nationale à notre équipementier Adidas. Des maillots vert et des maillots rouge. J’ai négocié un tarif pour un achat groupé. On va essayer de les vendre sur Internet, en France et en Europe au prix de 38 euros. Et on va voir comment le faire à Madagascar, mais à un tarif moins élevé, entre 15 et 20 euros. Ainsi, les bénéfices serviront à aider les sélections nationales qui en ont le plus besoin. J’ai déjà reçu des demandes de collectionneurs de maillots en Colombie et au Brésil. Il faut voir comment faire pour bien expédier les produits à l’étranger. Pour l’instant, les maillots sont disponibles à Paris, auprès d’une association d’anciens sportifs malgaches.
Espérez-vous que votre initiative incite les sponsors malgaches à davantage s’impliquer dans le football local ?
« À Madagascar, la culture du sponsoring n’est pas très développée. Et pour intéresser les sponsors, il faut avoir des résultats. »
À Madagascar, la culture du sponsoring n’est pas très développée. Et pour intéresser les sponsors, il faut avoir des résultats. On vient de se qualifier pour la phase de groupes des éliminatoires de la CAN 2019, les locaux pour le second tour du CHAN. On progresse, malgré le manque de moyens. Il y a de bons joueurs à Madagascar. Si on peut les aider à avoir de meilleures conditions de travail pour progresser, il faut le faire. C’est l’avenir de notre football qui est en jeu...

(Source : Sofoot.com)

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Editorial

  • De façon draconienne !
     Les grands pays occidentaux, au tout début de l’industrialisation et du grand boum des activités industrielles entre les 18e et 19e siècles, furent des pays d’accueil. En effet, la révolution industrielle qui exigeait pour une pleine expansion et une rentabilité rapide demandait une main-d’œuvre abondante et …moins chère. Les Etats-Unis, l’Angleterre et la France, à titre d’exemple, recevaient à bras ouverts les migrants arrivés sur leurs sols.

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