Publié dans Politique

Guy Maxime Ralaiseheno - « Un changement se base sur une pratique politique saine de tous »

Publié le vendredi, 17 mai 2019

Ancien Maire de la Commune d’Ankaraobato Atsimondrano,Guy Maxime Ralaiseheno devient un acteur politique très connu. De par son statut de candidat aux législatives et avec son franc-parler habituel, il s’attaque aux mauvaises pratiques politiques des acteurs majeurs  qui deviennent des facteurs essentiels pour bloquer le pays dans cette situation catastrophique  récurrente. Dans cette interview,  il fait le tour d’horizon de ces différents facteurs qui ne nous bloquent pas seulement mais nous bousculent  vers  le sens contraire à  l’aspiration de tout un peuple.
QUESTION(+) : Comme on le sait , vous militez pour une meilleure pratique politique et vous ne cessez de le rappeler tout au long de vos campagnes électorales. Qu’est-ce que vous attendez de la nouvelle  législature
Guy Maxime Ralaiseheno(=): L’ancienne Chambre basse était une véritable catastrophe. Je ne suis pas le seul à l’avouer car cette semaine, le BIANCO vient de transférer au PAC le dossier des 73 députés touchés directement par les scandales du Paon d’or. C’est une honte à la fois pour les électeurs qui les ont élus et pour la Nation toute entière. Or, ce n’était que le dernier chapitre des dérives de cette Assemblée nationale. Pour rafraîchir la mémoire sur leurs forfaits  en chaîne durant leurs cinq années d’exercice, il suffit de feuilleter les journaux et on aura l’idée sur l’image très négative des élus du peuple censés être la matérialisation du pouvoir du peuple par le peuple.
Malheureusement encore, notre Histoire nationale nous renseigne que tous les occupants de ces chambres parlementaires ont tous failli à leur mission qui consiste à rendre effectif l’équilibre des pouvoirs pour la bonne gouvernance, l’Etat de droit et servir le peuple. Ce n’est pas un négativisme à outrance de ma part mais un constant très réaliste et une preuve irréfutable  pour expliquer cette situation nationale horrible en soixante années d’indépendance.


Ce que je souhaite alors, c’est juste une Assemblée digne de ce nom  dont chaque membre a en soi une bonne lecture du pouvoir que le peuple lui a déléguée. Le changement qu’on attend des élus ne peut venir des discours moralistes mais d’une prise de conscience volontaire de tout un chacun et d’un état d’esprit car finalement nos dérives collectives nous rattrapent et ce contexte nous oblige à nous comporter autrement.

(+) : Les politiques sont-ils les seuls responsables ?
(=) : Malheureusement oui et mes affirmations vont surprendre. Quand je parle des politiques, cela englobe à la fois la classe politique classique des partis constitués, des décideurs des affaires nationales qui sont des domaines éminemment politiques et tous ceux qui s’érigent en groupes de faiseurs et meneurs d’opinion. Ces différentes entités n’ont jamais la volonté politique de changer la donne. Si on veut vraiment  un changement, comment expliquer le fait que plusieurs centaines de partis politiques et d’organismes des sociétés civiles n’arrivent pas à mener à terme une efficace éducation citoyenne et l’effectivité de la défense des droits fondamentaux  pour que nos élections ne se résument pas uniquement à des jeux de mascarade et de vaste mise en scène.
Depuis notre indépendance, le peuple malagasy a connu quatre crises politiques majeures qui avaient chaque fois pour mobile de chasser les mauvais dirigeants et bâtir une nation. Mais très vite aussi, chaque fois, on se retrouve à la case départ. Bref, nous avons jusque-là soixante années d’errements et d’inconscience. Il est maintenant grand temps de se ressaisir et amorcer un véritable changement.

(+) : Quelles solutions préconisez-vous ?
(=) : Une éducation citoyenne sérieuse qui doit être avant tout une affaire d’Etat et la mise en exergue des vrais débats  permanents. Ce sont des éléments basiques qui vont faire émerger des vrais acteurs de la vie nationale. Les grands concepts de solidarité nationale, de retour à nos valeurs, d’identité nationale, de transparence, de bonne gouvernance et d’Etat de droit et de renouvellement de la classe politique ne s’acquièrent pas à base d’actions sporadiques et conjoncturelles mais résultent des efforts permanents enrobés des véritables volontés politiques des tenants du pouvoir et de tous les acteurs majeurs de la vie nationale.
(+) : Le Régime actuel est déjà dans le sens des solutions que vous avancez avec une volonté politique d’assainir la situation globale pour la mise en place de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit. Qu’en pensez-vous ?
(=): Si on prône le vrai changement, on ne peut être qu’admiratif de ce qu’entreprennent, en terme de réforme, le Gouvernement dans son ensemble et le Président de la République Andry Rajoelina  en particulier. Quand ils avancent dans l’assainissement, il faut que ça soit compris dans le bon sens du terme par l’opinion publique. Notre jeune Président de la République  montre une volonté de fer pour aller vers les vrais intérêts de la population en prenant la ferme décision de faire  baisser les coûts de la vie partant de la réduction des prix des carburants et on ne peut que l’admirer dans cette entreprise. Il ose avancer dans un champ considéré comme miné par ses prédécesseurs.

La Rédaction

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Editorial

  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

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