Publié dans Politique

Randriamasinoro Ny Rina - Quid de sa gestion financière de la CUA ?

Publié le mardi, 19 novembre 2019

Avant de prétendre à la fonction de premier magistrat de la Ville des Mille, Randriamasinoro Ny Rina, le candidat-maire du TIM dans la Capitale, devrait rendre compte sur la gestion financière de la CUA du temps où il en était le DAF puis Secrétaire général. Des zones d’ombre continuent en effet de planer sur bon nombre d’initiatives de l’équipe dirigeante de la Municipalité, notamment l’opération de régularisation de permis de construire, les scandales des marchés d’Anosibe et d’Andravoahangy, celui des trottoirs transformés en espaces de vente ou en parkings privés, etc. pour ne citer que ces cas.
On se demande, en effet, où sont passés les 200.000 ariary par construction qui ont été collectés dans le cadre de l’opération permis de construire lancée par l’équipe de Lalao Ravalomanana en 2016 et censée permettre aux propriétaires de constructions illicites de régulariser leur situation. Jusqu’ici, on n’en connaît pas la suite alors que, selon les chiffres avancés à l’époque, près de 167 600 constructions étaient visées.
Rappelons que ladite opération de régularisation a été déclenchée le 20 octobre 2016 pour une durée initiale de 15 jours, laquelle a par la suite
été prolongée jusqu’au 4 novembre de la même année. Il a été demandé aux concernés, en sus des pièces justificatives du terrain, le paiement de la somme forfaitaire de 200.000 ariary, au titre d’on ne sait quoi au juste. Afin de convaincre les récalcitrants, la CUA avait brandi la menace de démolition des constructions de ceux qui n’auront pas profité de cette opportunité de régularisation. Ce qui a certainement eu pour effet de faire bousculer les contrevenants au portillon. Alors que la maire est à la fin de son mandat, cette opération semble être définitivement tombée aux oubliettes et l’on ignore à quoi ont bien pu servir les 200.000 ariary par construction collectés par la Commune. Or, si on suppose que seulement la moitié des cibles a été atteinte, la CUA a donc engrangé pas moins de 83 milliards de francs malagasy (soit un peu moins de 17 milliards d’ariary). A se demander d’ailleurs si cette recette, non prévue par les textes, a figuré dans le budget de la Mairie.
 

La grande braderie  de Tana
 Citons également ce que les mauvaises langues qualifient de « grande braderie de Tana » et qui a consisté pour l’équipe sortante de la CUA à mettre à profit le moindre recoin de la Capitale (Parkings, îlots, trottoirs, etc.)  pour ériger des box à usage commercial qui sont cédés et/ou loués, dit-on, à prix d’or. Plus généralement, la Commune urbaine d’Antananarivo semble avoir décidé de soutirer un maximum de profit sur tous les espaces possibles et imaginables de la Ville des Mille relevant de sa compétence. Deux scandales avaient particulièrement défrayé la chronique, ceux des marchés d’Anosibe et d’Andravoahangy. A quelques nuances près, les deux  cas semblent sortir du même moule. Le mode opératoire est pratiquement le même : des constructions à usage commercial sont érigées dans l’enceinte des marchés en question et elles sont destinées à être cédées contre des sommes s’élevant à des dizaines de millions de francs.
Face à la levée de boucliers des marchands déjà en place, des délégués aux marchés se lèvent pour en défendre la légalité, laquelle est confirmée par la CUA. Cette dernière de déclarer en effet que les constructions litigieuses ont bel et bien reçu son autorisation. L’intérêt de la déclaration est qu’elle vient confirmer l’implication étroite de la Mairie de Tana dans cette aberration. Dès lors, l’on ne peut que soupçonner une affaire de gros sous derrière l’autorisation délivrée complaisamment par la Municipalité.
 Trottoirs privatisés
 Outre les bords de rue concédés à la société Easy Park  -  un point sur lequel l’on attend des comptes  - l’on a assisté également, durant le mandat de Lalao Ravalomanana, à des privatisations abusives de la voie publique en des endroits inimaginables. L’on n’a jamais vu en effet des trottoirs transformés dans leur totalité en parking privé ou en espaces de vente pour les marchands informels et ce, avec l’autorisation officielle de la Municipalité. Sur la rue allant d’Ambohidahy à Amparibe, par exemple, un établissement hôtelier a pu obtenir les deux côtés des trottoirs sur toute leur largeur pour les besoins de son exploitation. De même, sur la descente d’Ambatonakanga menant vers Ambohijatovo, une partie de la chaussée fraîchement goudronnée entièrement par le pouvoir central ainsi qu’une partie du trottoir ont été cédées à un autre établissement hôtelier riverain, lequel les a repavées pour son parking privé. Dernièrement, c’est la Commune elle-même qui a matérialisé la partie de trottoir réservée aux marchands de rue, ne laissant qu’une portion congrue aux piétons. Quels que soient les arguments avancés pour justifier ces inepties, l’on ne peut que demander s’il existe un barème pour bénéficier de telles faveurs et surtout, où sont comptabilisées les recettes ainsi générées. Randriamasinoro Ny Rina se doit d’abord d’apporter des explications claires et convaincantes sur les questions évoquées ci-dessus, lesquelles relèvent des fonctions qu’il a occupées au sein de la CUA, avant de prétendre en devenir le numéro Un. A moins qu’il ne se mette à se réfugier derrière l’argument selon lequel il n’a fait qu’obéir aux ordres du couple Ravalomanana. Ce qui laisse supposer que ce sera le cas si jamais il est élu.
L’on se souvient que, pour ne pas hériter du bilan catastrophique du mandat de la maire sortante, le candidat du TIM s’est dédouané en soutenant qu’il n’était pas le maire, confirmant ainsi malencontreusement l’échec de Lalao Ravalomanana et son conseiller spécial de mari à la tête de la Capitale.  
Hery Mampionona

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Editorial

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    Les rafales de balles réelles du Covid-19 frappent de plein fouet le pays. Elles atteignent malheureusement des cibles stratégiques. L’ennemi  gagne du terrain. La Grande île est en guerre ! L’état-major de guerre change de tactique et opte décidément pour la manière forte. Devant la gravité de la situation au front, le chef de guerre donne l’ordre de déployer l’artillerie lourde. La bataille est difficile. En cause, deux mobiles majeurs. Un d’abord, dans le camp adverse, on a affaire à un redoutable ennemi dont la force principale réside sur le fait qu’il est « invisible ». Deux, le commandant en chef des Armées se confronte à un problème quelque peu complexe en raison de l’atmosphère d’indiscipline qui règne dans les rangs des guerriers. Les « simples soldats » vont en ordre dispersé. Leurs chefs sur terrain ont du mal à les mettre au pas. Ainsi, l’ennemi jouit l’avantage dû à son invisibilité mais le bordel du…

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