Publié dans Politique

Députée Razafindravony Christine - « La loi foncière, une priorité »

Publié le jeudi, 02 janvier 2020

La député élue à Nosy Be Razafindravony Marifidy Christine dit Tatie Chris fait un bilan de la législature 2019. Elle soutient que l'année a été remplie tout comme il en reste beaucoup à faire pour que le système juridique malagasy soit d'actualité. Il faut également renforcer l'application et le respect de la loi pour que l'Etat de droit soit une réalité. Interview de Tatie Chris.

 

La vérité (L. V.) : Quel bilan faites-vous de la législature 2019 ?

T. C. : Cette année 2019 a été riche en travail pour l'Assemblée nationale où siègent des nouveaux élus. Beaucoup de travail a été fait, si l'on ne cite que les travaux, les discussions et les votes de la loi de Finances 2019 et la loi sur la lutte contre la violence basée sur le genre. Ces lois ont été longuement discutées, mûrement réfléchies et qui ont obtenu le feu vert de l'Assemblée nationale car elles sont conformes à nos valeurs et au projet de développement prôné par le Président de la République.

L. V. : Et en une législature écoulée, quelle loi pensez-vous qui mérite une actualisation ?

T. C. : La loi sur la propriété foncière. Tous les députés sont d'accord là-dessus, la population également. Mais pour notre part, en tant que député, notre souci principal est de pouvoir faire de tous les Malagasy des propriétaires de terrain au sens légal du terme. Que chaque malagasy ait sa propre terre écrite en son nom.

L. V. : Cette actualisation de la loi foncière constitue donc une priorité pour la législature 2020 ?

T. C. : Il faut procéder à son actualisation. La possession de terrain fait partie de notre valeur, de notre culture. Les Malagasy s'identifient par leur terre. Beaucoup de terre appartiennent toujours aux colons actuellement. Il faut se pencher là-dessus et faire en sorte que les terres appartiennent aux Malagasy.

L. V. : A quelle localité faites-vous allusion lorsque vous parlez de terre des colons ?

T. C. : Par exemple la majorité des terres à Nosy Be appartiennent toujours aux colons. Si les terres n'appartiennent pas aux colons, elles appartiennent aux Karana ou à la SIRAMA. Mais les Malagasy qui y habitent ne sont pas des propriétaires de terrain. Seuls 10% des Malagasy de Nosy Be possèdent de terre.

L. V. : Que faire pour y parvenir dans ce cas ?

T. C. : Les députés devraient s'y pencher là-dessus lors de la prochaine session ordinaire. On n'est pas sans savoir que le problème foncier est le plus grand problème dans le pays. La majorité des citoyens qui nous contacte ou la majorité des dossiers dans les tribunaux ont trait au problème foncier. Nous ferons en sorte que la terre soit accessible à tous les Malgaches.

L. V. : Vous êtes également présidente de la commission artisanat et tourisme au sein de l'Assemblée nationale. Quelles actions à entamer pour rendre ces secteurs plus performants ?

T. C. : Il faut également actualiser le code de l'artisanat pour que ce secteur soit plus performant et pour que les artisans puissent vivre de leur art. Les produits artisanaux malagasy manquent de valeur ajoutée.

L. V. : Et qu'en est-il du secteur tourisme ?

T. C. : Le secteur tourisme est à professionnaliser et à développer. Pour ce faire, il faut construire des infrastructures surtout des hôpitaux aux normes pour rassurer les tourismes qu'on a des hôpitaux capables de les prendre en charge. Il faut également construire des routes. Avec seulement des hôpitaux aux normes et des routes praticables, je suis certaine que le secteur tourisme se développera rapidement avec une sécurité renforcée.

L. V. : Mais comment renforcer cette sécurité dans tout Madagascar ?

T. C. : Déjà, il faut que l'on procède à l'actualisation des lois qui touchent la sécurité et les appliquer. Il faut également une bonne implantation des Forces de l'ordre sur tout le territoire national pour assurer la sécurité non seulement des touristes mais également des nationaux. On doit les doter de matériels adéquats et suffisants pour les motiver. Il faut que les Forces de l'ordre sécurisent également les biens des personnes. Mais le renforcement de la sécurité ne suffit pas, il faut des mesures d'accompagnement comme la création d'emplois décents pour tous les citoyens en âge de travailler et l'amélioration du système de l'éducation. Le développement de Madagascar ne sera que durable que si les touristes et les nationaux et leurs biens soient en sécurité à tout moment.

L. V. : Qu'en est-il du respect des lois et de l'application des lois ?

T. C. : C'est pour cette raison qu'il est plus judicieux de procéder à l'actualisation des lois. Les lois doivent être mises à jour et en conformité à la politique de développement prônée par le régime actuel. Or, la plupart des lois ne sont pas conformes à nos valeurs et ne sont pas en adéquation avec l'objectif que l'on s'est fixé. Il faut également renforcer la lutte contre la corruption. Surtout au niveau de la Justice. Pour contourner l'application de la loi, les gens choisissent cette voie, qu'ils soient dirigeants ou dirigés. Heureusement que le Président Andry Rajoelina a décidé de renforcer la lutte contre la corruption. Une lutte qui touche tout le monde, qu'il soit agent de l'Etat ou pas. La loi s'applique à tout le monde et il faut la respecter. Tout le monde est au-dessous de la loi, tout le monde est soumis à la même loi. C'est l'Etat de droit.

L. V. : Un mot pour cette année qui commence.

T. C. : Je souhaite une année pleine de santé pour tout le monde. Car ce sont des hommes et des femmes en bonne santé qui œuvreront pour le développement de Madagascar. Des Malagasy travaillant  main dans la main pour l'intérêt supérieur de la Nation.

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Editorial

  • A plein régime
    Désormais, la Haute Cour de Justice (HCJ) fonctionne à plein régime. En effet, après la prestation de serment des députés désignés, le mardi 21 janvier 2020, les onze membres de la HCJ sont au grand complet et pourront effectivement entamer leur mission. D'emblée, il s'agit là d'un coup de poker du régime IEM de Rajoelina Andry Nirina. Le pari annoncé de vouloir éradiquer jusqu'à la racine l'impunité entre dans sa phase décisive.  

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