Publié dans Politique

Magistrats dénonciateurs - De la pire espèce que ceux qu’ils taxent de corrompus

Publié le dimanche, 12 janvier 2020

A la manière des facebookers qui se servent de « comptes fake » pour se livrer à des règlements de compte, un nébuleux « groupe de magistrats », se déclarant  être parmi ceux qui viennent de traiter les contentieux liés aux dernières élections communales  et municipales, a émis de graves dénonciations à l’encontre, non seulement de certains de leurs pairs, mais aussi du Cabinet du ministère de la Justice et celui de la Présidence de la République, accusant en des termes à peine voilés les premiers d’avoir été être corrompus, et les seconds d’être les corrupteurs.

Transparency International-Initiative Madagascar (TI-IM), comme facebook pour les utilisateurs de « comptes fake », aurait été choisi par le mystérieux collectif d’hommes et femmes en toge comme plateforme de diffusion des accusations en question. Bien entendu TI-IM  ne s’est pas fait prier pour jouer la caisse de résonnance à ces dénonciations qui, balancées à un moment précis du contexte politique (le jour même de la proclamation des résultats de l’élection pour la Capitale), sont destinées à apporter de l’eau au moulin des adversaires du pouvoir en place d’une part, et en rajouter dans le vin des nouveaux élus pro-régime d’autre part.

Et l’on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire lorsque, en guise d’introduction de la déclaration qu’on lui aurait chargé de relayer, TI-IM se met à saluer « le courage et l’intégrité de ces magistrats (les auteurs de la déclaration, ndlr)». Car la vraie preuve de courage et d’intégrité n’aurait-elle pas été de dénoncer immédiatement les faits allégués pour qu’ils cessent, au lieu de continuer à se prêter à ce qui ne serait donc, si l’on s’en tient  aux accusations proférées, qu’une mascarade de justice? Curieusement, dans leur déclaration, les délateurs prétendent pourtant encourager « les magistrats intègres qui se sentent démotivés à garder l'éthique dans la pratique de leur profession, dans l'esprit du serment qu'ils ont prêté, et à oser dénoncer toute forme d'atteinte à leur indépendance, d'où qu'elles proviennent ». Or, on a vu qu’eux-mêmes, au lieu d’adopter cette attitude modèle qu’ils préconisent, ont préféré se murer dans un silence complice pour ensuite jouer aux médecins après la mort.

Si ce n’est pas de la lâcheté...

Certains diront que, pour ces « magistrats intègres », révéler les irrégularités et autres pressions au moment où elles surviennent serait prendre le risque de mettre à mal leur carrière. Ce qui revient donc à dire que c’est un souci purement matériel qui aurait pris le pas sur « le respect de l’éthique et du serment qu'ils ont prêté ». De ce point de vue, rien ne distingue les dénonciateurs de leurs pairs qu’ils taxent de corrompus. Dans l’un ou l’autre cas, c’est l’argent qui est la première préoccupation. Avec une note en moins pour ceux qui, pour pouvoir pourfendre en toute sécurité leurs propres confrères et consœurs, se refugient derrière l’anonymat. Si ce n’est pas de la lâcheté, Dieu que ça y ressemble.

L’on ne connaît ni le nombre, ni la circonscription de rattachement des fameux magistrats cafeteurs. A en croire cependant certains passages de la déclaration que TI-IM a relayée, l’on peut conclure aisément qu’ils seraient du Tribunal administratif d’Antananarivo. C’est-à-dire certains de ceux-là même qui ont trôné sur le devant de la scène lors de la proclamation des résultats définitifs des dernières élections pour la Capitale. D’aucuns auraient apprécié qu’ils s’identifient. Car en signant sous une vague appellation de « Un groupe de magistrats de l’ordre administratif en charge du contentieux électoral des élections communales et municipales » (Sic), ils restent du même acabit que les titulaires de « comptes fake » sur facebook.

La Rédaction

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Editorial

  • Face-à-face mitigé
    La Session ordinaire des deux Chambres du Parlement bat son plein. Comme le stipule le texte fondamental, la première session se consacre essentiellement à l’examen et à l’adoption de la Loi de finances rectificative (LFR) de l’exercice budgétaire en cours et aux présentations des rapports d’activité de l’Exécutif devant le Parlement avec en toile de fond dominant le traditionnel face-à-face qui, au fil du temps, se transforme en « bras de fer » mettant aux prises élus du peuple et membres du Gouvernement.  

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