Publié dans Société

Internet - La sécurité des internautes malagasy sacrifiée à petit prix

Publié le dimanche, 02 juin 2019

Réel danger ! Les internautes malagasy ne seront plus à l'abri des malfaiteurs ou cybercriminels. Le verbe se conjugue effectivement au futur car malgré que certaines personnes aient déjà la capacité de faire du « hacking » ou piratage, cette connaissance en informatique avancée n'est pas encore à la portée de tous.
Sauf qu'aujourd'hui, il sera possible pour tout le monde d'avoir accès à cette connaissance, à travers des formations données clandestinement par des individus affamés d'argent. Autrement dit, des annonces de formations pour manier les piratages ont été récemment publiées  par quelques personnes - dont leurs identités restent secrètes - sur internet notamment sur le site le plus utilisé par les Malagasy à savoir le Facebook. Compte Gmail ou Yahoo, Facebook, Twitter, Whatsapp ou d'autres réseaux sociaux pourront, selon l'annonce faite par une personne, être ouverts en quelques clics. « Pack d'auto-formation complet pour le hacking, piratage Facebook, web, réseau, wifi, caméra de surveillance… Devenez tout simplement un pro du hacking par vous-même. Je rembourse l'argent de celui qui dira que c'est du Fake », écrit l'annonceur sur un groupe Facebook en annonçant le prix de la fameuse formation à seulement 60.000 ariary.


Question d'argent
Fake news ou véritable, cela représente un grand danger pour les internautes malagasy, pour les sociétés ou encore les hautes personnalités. En effet, si cette connaissance devient accessible à tous, il se peut que des informations personnelles tombent entre de mauvaises mains. Ou pire, les malfaiteurs de l'internet deviendront innombrables et cela causera sûrement la perte de plusieurs entreprises, la faillite d'individu et même, beaucoup de vies pourront être détruites à cause de ce piratage. « Beaucoup de personnes seront évidemment intéressées par l'offre de cette personne. En effet, beaucoup d'individus sont curieux de voir ce que d'autres font sur leurs réseaux sociaux et juste pour ça, ils seront capables de dépenser des fortunes. Un petit copain jaloux ou vice-versa voudra espionner le compte Facebook de son partenaire et pourra découvrir des choses malsaines. Il ou elle pourra tomber sur des photos personnelles échangées par la personne et sa correspondante et il y a une forte chance que cette personne les publie pour se venger de son partenaire. Mais cela peut aller encore plus loin si le hacker est malin. Il pourra par exemple pirater la page d'un politicien renommé et détruire sa carrière en publiant des informations quasi personnelles, des photos ou vidéos…Ou encore il pourra pirater le compte mail d'une personne haut placée ou d'un individu riche et avoir les informations sur ses cartes bancaires et soutirer facilement de l'argent. Et les dangers et conséquences seront multiples, selon l'utilisation du pirate de ses compétences », explique Rado Andriamaminirina, un expert en informatique. Il faut dire qu'à l'étranger, plusieurs sociétés ont déjà été victimes de piratages qui leur ont couté des millions de dollars.
Des victimes
30 000 euros. C'est par exemple la somme que des hackers ont réclamée à la chaîne de restauration rapide Domino's Pizza. Si l'entreprise ne s'exécute pas, les pirates menacent de publier les données privées de près de 600 000 clients, en France et en Belgique. Si elle ne verse pas la rançon exigée, les pirates menacent de révéler des données personnelles de ses clients. Chose qui pourrait arriver aux entreprises privées ou publiques à Madagascar. « Des banques aux écoles, hôpitaux, entreprises et gouvernements, à peu près toutes les institutions contemporaines conservent les informations dont elles disposent sur des supports électroniques. Cela veut aussi dire qu'il est possible à toute personne munie d'un ordinateur, d'une connexion à internet et des connaissances adéquates en informatique d'accéder à toutes les informations les plus sensibles vous concernant, depuis votre numéro de carte de crédit et votre compte bancaire jusqu'à votre dossier médical et vos factures de téléphone, et de les consulter, les voler ou les manipuler. Un monde de plus en plus informatisé est de plus en plus vulnérable aux pirates informatiques malveillants », continue notre interlocuteur.  Quoi qu'il en soit, si cette formation devenait accessible à tout le monde - malgré que certaines personnes n'aient pas la capacité de maîtriser les logiciels et l'ordinateur - personne n'aura plus sa tranquillité sur les réseaux sociaux et sur internet. Plus de vie personnelle et d'intimité, pourtant plus de la moitié des habitants de la Grande Ile sont connectés et ont chacun leur compte personnel. Un studio malagasy a été également victime de piratage. « Mes données classées dans mon disque dur ont été cryptées et hackées par des personnes anonymes. Un mail m'a été envoyé comme quoi si je ne payais pas une certaine somme dans un délai déterminé, mes données seront effacées. Et pourtant, plusieurs données de mes clients y étaient stockées. Je ne pouvais que payer l'argent et effectivement, mes données sont revenues. A noter qu'ils ont pu avoir accès à mes données grâce à internet », confie un responsable d'un studio à Ankadifotsy. Ceci pour dire que le piratage coûte beaucoup d'argent aux victimes. Egalement, comme le cas de l'année dernière où le pirate usurpe l'identité des propriétaires de chaînes Youtube pour gagner à leur place l'argent destiné à la plateforme. Le piratage a même fait une demande de clôture définitive de la Chaîne Youtube du Gasy 'Ploit, parmi les victimes. Ceci a amené en effet à sa fermeture définitive malgré la contestation envoyée à Youtube alertant le piratage.
Interventions
« Selon moi, il faut rechercher et punir ces individus se prétendant avoir la compétence pour le piratage et voulant partager cela pour de l'argent. Arnaque ou non, je pense que les Forces de l'ordre chargées de la cybercriminalité devront voir la situation de plus près car je pense qu'elles peuvent identifier ces personnes malgré que ces dernières utilisent des faux comptes pour publier les annonces. Il faut vérifier si ces gens ont  vraiment cette compétence et si c'est le cas, il faut les punir car ils agissent en quelque sorte en criminels, invitant les gens à s'engager dans le piratage informatique. De plus, il existe déjà la loi sur la cybercriminalité et elle devrait être appliquée », conclut  Rado Andriamaminirina. Dans les articles  du chapitre concernant les infractions spécifiques aux technologies de l'information et de la communication, faire du hacking est puni par la loi, sous peine d'emprisonnement et d'amende. Un appel est donc lancé aux responsables car beaucoup de Malagasy risqueront de se retrouver dans une situation désagréable. Quoi qu'il en soit, la meilleure façon de se protéger est de ne pas ouvrir des liens suspects. Le système du phishing qui signifie pêche illustre au sens figuré la pêche frauduleuse ou la pêche de données sensibles telles que les mots de passe utilisant diverses applications. En règle générale, les phishers se concentrent sur l'accès aux données pour les comptes bancaires en ligne ou les informations de carte de crédit. Les mots de passe seront enregistrés seulement si la victime clique sur certains liens. Mais ce n'est pas tout, il existe plusieurs moyens pour les hackers de s'introduire illicitement dans vos données personnelles.
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Editorial

  • Intouchables ou impénétrables !
    La réelle volonté d’assainir le régime existe-t-elle vraiment ? La détermination du Président Rajoelina Andry de traduire en actes le Velirano (point XI) est-elle concrètement partagée avec toutes les autorités compétentes notamment celles chargées de traquer les auteurs de malversations financières ou autres ? On a la triste impression que la culture de l’impunité dans le « jardin » de la République serait, le conditionnel est de rigueur, encore et toujours florissante. Tout comme la culture du chanvre dans la grande forêt du Nord où les « cultivateurs » n’ont pas de souci à se faire. L’immunité dont bénéficient les hauts responsables ou les parlementaires du pays devient une sorte de bunker impénétrable.

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