Publié dans Société

Bars aux alentours des universités privées - Une question d’ancienneté s’impose

Publié le mardi, 11 juin 2019

Le premier arrivé est le premier servi. D’après l’Arrêté n° 167/2004, article 3 en date du 5 janvier 2004 fixant les conditions d’ouverture des établissements d’enseignement supérieur privé, tous les Instituts d’enseignement supérieur privé, entre autres, ne doivent pas s’implanter à une distance inférieure à une cinquantaine de mètres d’un marchand de boissons alcoolisées. Or, la Direction de l’Enseignement supérieur et de la Recherche  scientifique a remarqué ces derniers temps qu’ils sont actuellement nombreux à ne plus respecter les règles. En tenant  compte de cette la loi en vigueur, c’est la question d’ancienneté qui s’impose. « Nous ne sommes pas concernés pour le moment par cet Arrêté et nous espèrerons que notre situation demeurera ainsi. L’ESTIIM respecte les normes et textes réglementaires régissant les universités. L’université s’est implantée aux 67ha sud, rue Agosthino, il y a une quinzaine d’années. Et s’il y a eu et /ou aura une ouverture d’un bar ou d’un local pour vente de boissons alcoolisées aux alentours de notre établissement, c’est ultérieur à notre installation. D’ailleurs, une étude in situ est toujours réalisée par les ministères de tutelle avant l’octroi de toute autorisation d’ouverture. Et si une fermeture s’impose, c’est aux bars et marchands de boissons alcoolisées de s’exécuter », avance Miandrasoa Tsimanirihasina Andrianadison, directeur général de l’« Engineering School of Tourism, Informatic, Interpretership and Management » (ESTIIM).  « Le ministère profite de cette annonce pour rappeler aux Instituts supérieurs privés de renouveler leurs offres de formation », indique la Professeure Raharimalala Laurence, directeur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche  scientifique. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique (Mesupres)  invite ainsi toutes les institutions en infraction par rapport à cet arrêté à déménager. Un délai de 6 mois leur est accordé pour trouver un lieu conforme au bien des étudiants qui sont l’avenir du pays. D’après toujours ses dires, ce ne sont pas les établissements supérieurs publics qui vont enfreindre les règles. Particulièrement, en ce qui concerne l’université d’Antananarivo, la franchise universitaire y est toujours respectée. Les nouvelles écoles qui viennent d’ouvrir leurs portes en sont visées.


Les universités privées aux abois
Toutefois, les établissements supérieurs concernés affirment que leur demande d’accréditation et de labellisation des institutions et des offres de formation de l’enseignement supérieur a été approuvée par les ministères de tutelle, tout en sachant que des bars se sont implantés aux alentours. « Le bâtiment qui nous héberge actuellement répond aux normes en matière d’infrastructure, ce qui nous a amené à négocier et à payer auprès des ministères en 2012 pour avoir l’autorisation d’enseigner », raconte un directeur d’établissement concerné par cette note ministérielle. « La question se pose alors si ce sont les bars ou les universités qui doivent être privilégiés. A Antananarivo, il est difficile d’identifier un endroit éloigné des bars. Le mieux serait d’interdire la vente d’alcool aux élèves voire aux étudiants portant des uniformes », suggère-t-il.   Il est à noter que l’abus d’alcool est un problème qui concerne la plupart des collégiens et des universitaires. Les sorties des étudiants s’accompagnent inévitablement de beuverie dans les bars, parallèlement à leurs différentes activités. « Toute incitation à la délinquance est contraire à l’éthique, à la déontologie de l’éducation et de l’enseignement supérieur », poursuit Miandrasoa Tsimanirihasina Andrianadison.
Rappelons également que les bars ne sont pas autorisés à opérer aux alentours des églises. Aussi, dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, la Préfecture de police d’Antananarivo-ville a récemment prévenu les salles de karaoké ou les bars et épi-bars de la Capitale de retirer la licence à ceux qui ouvrent au-delà de 21 heures. Les lieux de divertissement qui ne disposent pas de licence et d’autorisation d’ouverture en sont également concernés. Outre les tapages nocturnes et les saletés nuisant à l’environnement, ils dégagent des odeurs nauséabondes. Les épidémies de toute sorte prennent ainsi de l’ampleur avec les déchets éparpillés sur tous les trottoirs, laissés par les clients de ces bars.
 Recueillis par  K.R.

Fil infos

  • Graves diffamations contre le Chef de l'Etat - L'immobilisme du Gouvernement fait jaser
  • Région Betsiboka - L’Etat renforce la lutte contre l’insécurité
  • Projets sociaux - Le Président Andry Rajoelina exige du concret
  • Diffamation sur internet - La France, base arrière pour des cybercriminels malagasy ?
  • Alain Ramaroson - Quel avenir politique pour lui 
  • Claudine Razaimamonjy - De nouveau devant la barre hier
  • Découverte de crânes humains à Toamasina - Les affirmations de la domestique s’avèrent fausses
  • Calendrier scolaire - Dérapage incontrôlé de la Société civile
  • Naufrage du cargo Viviano - Les passagers sains et saufs, les marchandises totalement perdues
  • Restriction budgétaire - Le Premier ministre recadre les sénateurs

La Une

Editorial

  • Servir et non se faire servir !
    En tant que présidente de l'Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, magistrate et députée d'Ambatofinandrahana, pour un second mandat de son état, mit le point sur le « i » dès l'entame de la mandature des nouveaux élus à Tsimbazaza. Face aux comportements qui frisent l'indélicatesse de certains élu(e)s et qui défrayent la chronique, Mme Razanamahasoa tient à préciser qu'un député en tant que représentant(e) du peuple a été élu pour servir les intérêts du « vahoaka » qu'il est censée représenter et non se faire servir comme un prince.

A bout portant

AutoDiff