Publié dans Editorial

Concept de l'alternance

Publié le jeudi, 17 janvier 2019

Larousse définit, entre autres, le mot « alternance » en ces termes : « succession de pouvoir, dans un cadre démocratique, de deux tendances politiques différentes ». Selon le calendrier établi, la passation de pouvoir entre le Président sortant Rajaonarimampianina Rakotoarimanana Hery Martial et le Président nouvellement élu Rajoelina Andry Nirina doit se passer ce jour du vendredi 18 janvier 2019. Moment de très grande importance dans la mesure où Madagascar réalise un pas géant voire historique vers l'assise de la démocratie. Une étape essentielle pour la consolidation des acquis, si minimes soient-ils, sur le principe de la succession au pouvoir par la voie des urnes.

Madagascar, à travers son passé historique tumultueux, avait connu des moments difficiles, pour ne pas dire des « crises cycliques ». De 1972 à 2009, des mouvements de contestation populaires, à intervalle d'environ 10 ans, secouèrent le pays. Pour cause, les incuries avérées des tenants du pouvoir successifs qui en fait négligeaient les intérêts supérieurs de la Nation au profit de leurs propres avantages. Le pays s'appauvrit et le banditisme porte durement et gravement atteinte à la sécurité des citoyens. La corruption règne en maitre absolu. Tous les grands secteurs d'activité publics ou privés sont infectés,  entre autres, la Justice et les Forces de l'ordre. Les administrés ne croient plus en l'intégrité de nos juges ou de nos gendarmes ou de la Police. De ce fait, ils préfèrent régler eux-mêmes leurs problèmes, souvent, par le biais des vindictes populaires. Bref, en cinquante ans de retour à l'indépendance, la Grande île n'est, au jour d'aujourd'hui que l'ombre d'elle-même pour s'écraser aux enfers ! La preuve, Madagascar se trouve parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète. La misère de la population se constate à l'œil nu !

De Philibert Tsiranana à Marc Ravalomanana en passant par Didier Ratsiraka et Zafy Albert, ces Chefs d'Etat n'ont pas pu terminer normalement leurs mandats. Des mouvements populaires les ont chassés du pouvoir.

D'où l'importance capitale de cette passation de pouvoir au Palais d'Etat de ce jour. L'ancien remet la « clef » de l'Etat au nouveau, à celui qui a gagné le vote. Le peuple souverain lui a transmis son pouvoir. Et la loi de l'alternance veut qui celui qui a remporté l'élection, de la manière la plus démocratique, acceptée et reconnue par tous, prenne le pouvoir et dirige le pays.

Ainsi, Andry Nirina Rajoelina, le vainqueur du scrutin du deuxième tour du 19 décembre 2018, accède au pouvoir. Le concept de l'alternance veut que le gagnant gouverne et le perdant cède la place. Ou bien, il rejoint le camp de l'opposition ! Sinon, il se ... tait ! Après qu'il avait remis la « clef » du Palais, symbole de l'autorité d'Etat, à Hery Rajaonarimampianina, le leader de la Révolution Orange, ancien chef de la transition, Andry Nirina Rajoelina choisit expressément de garder,

totalement, le silence, et cela, pour laisser le champ libre au nouveau locataire d'Iavoloha d'exercer aisément sa tâche. Inutile de taper à la porte du Palais (Iavoloha) ou de l'Arena (Ivandry) pour négocier d'éventuels postes, en vertu dirait-on, de la réconciliation nationale.

Le concept de l'alternance étant  non-négociable, il faudra attendre la fin de mandat de l'actuel titulaire pour la prochaine élection.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Impunité parlementaire ?
    Les députés ont adopté, en séance plénière, une résolution pour la libération de leurs pairs Hasimpirenena Rasolomampionona, élu à Fandriana et Raveloson Ludovic élu à Mahabo, incarcérés pour des affaires qui les concernent personnellement. Suite à la recommandation de la Commission permanente chargée de l'examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives et restrictives de liberté ou de la poursuite d'un député présidée par Rakotomalala Lucien, député élu à Morombe, les députés ont pris la résolution de libérer les deux élus. Le Bureau permanent est chargé de le transmettre à qui de droit. A charge pour le Gouvernement et la Justice de prendre leurs dispositions. Evidemment, le comportement pour le moins corporatiste crée des vagues.  

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