Publié dans Dossier

Vente, utilisation et exploitation des plantes médicinales - Il est temps de mettre en place une stratégie de développement

Publié le lundi, 10 août 2020

Sous exploitées. Le Dr Jean Claude Ratsimivony propose la mise en place d’une stratégie de développement pour optimiser l’exploitation des plantes médicinales et aromatiques à Madagascar. Ces dernières, dont certaines endémiques de la Grande île, disposent pourtant d’innombrables vertus. Le groupe JCR et l’IMRA font partie de ceux qui ont su exploiter à bon escients ces plantes, en collaborant avec les producteurs ou en assurant leur plantation. Leurs produits sont majoritairement faits à partir d’une variation de plantes.

 

Depuis la pandémie de Covid-19, l’on a constaté une ruée vers les plantes médicinales pour la prévention et le traitement. Ravintsara, Mandravasarotra, Eucalyptus, Artemesia, etc. sont actuellement très prisées par les ménages, notamment pour les remèdes de grand-mère comme l’inhalation et la décoction.  Cependant, le président-directeur général du groupe JCR prévient les usagers des risques encourus à cause de l’automédication, engendrant l’utilisation abusive et la surdose. La méconnaissance et les mélanges mortels s’ajoutent aux dangers imminents. S’acquérir des plantes et les produits dérivés auprès des sources sûres, s’informer pour un minimum de connaissance et surtout consulter les professionnels pourraient y remédier. Ce dossier cite quelques plantes les plus utilisées en ce moment ainsi que leurs bienfaits.

Docteur Jean Claude Ratsimivony

« Les producteurs jouent un rôle capital… »

A la tête d’un groupe spécialisé en médecine alternative et traditionnelle. Le Dr Jean Claude Ratsimivony (JCR) reconnaît l’importance du développement des plantes médicinales et aromatiques. D’après cet expert, les Malagasy d’antan ont pratiqué la médecine chamanique, en exploitant les plantes médicinales. Mais la colonisation a changé la donne, avec l’intégration des médicaments chimiques dans le pays, au point de dénigrer l’efficacité des pratiques traditionnelles. Toutefois, la pandémie actuelle de la Covid-19 prouve que les plantes médicinales ont encore une place considérable tant dans la prévention que le traitement de diverses maladies. « Il est temps de mettre en place une stratégie de développement des plantes médicinales à Madagascar. Un partenariat entre l’Etat et le secteur privé faciliterait tant l’élaboration de cette politique que sa mise en œuvre », propose le président directeur général du groupe JCR.

Concrètement, les producteurs jouent un rôle capital dans la mise en œuvre de ladite stratégie de développement proposée par le Dr JCR. « En suivant un modèle économique, une famille de producteur peut par exemple exploiter 2 à 3 Ha de surface sur laquelle elle peut cultiver 3 à 4 variétés de plantes médicinales. Avec 10 000 familles mobilisées, l’on aura 20 000 à 30 000 Ha de plantes exploitables, et ainsi de suite », illustre le spécialiste. « Outre la maîtrise de la surface cultivée, elle doit également avoir des connaissances sur les origines et les vertus des plantes. A l’exemple de l’Eucalyptus, l’on recense environ 400 espèces dont certaines servent au traitement des maladies pulmonaires et d’autres pour les infections respiratoires. Il faudrait également que les producteurs aient une synergie avec la nature et les plantes pour avoir des résultats optimaux. A cela s’ajoutent les équipements et l’usage des technologies modernes », ajoute-t-il.

Pour Vaniala Natural SPA, du groupe JCR, réputé notamment pour son baume « Fosa », la cueillette des plantes médicinales et aromatiques se fait actuellement à la place de la production industrielle. Elle collabore avec un millier de producteurs provenant d’Analamanga, de Moramanga, de Brickaville, de Toamasina, de Fianarantsoa ou encore de Toliara pour collecter les différentes variétés de plantes médicinales, soit environ 2000 Ha de surfaces exploitées. Pour la production, il utilise 5000 à 6000 extraits de plantes, en adoptant divers procédés pour leur transformation. Les produits sont destinés non seulement à la prévention et le traitement de diverses maladies, mais aussi à usage cosmétique, au bien-être et en tant que compléments alimentaires.

Patricia Ramavonirina

 

Filière « Talapetraka »

Dix tonnes de production annuelle pour l’IMRA

Connue sous le nom scientifique « Centella asiatica », « Talapetraka » représente la première plante à vertus médicinales explorée par l’Institut Malgache de Recherches Appliquées en matière de médicament. De par son importance, cet Institut s’est lancé dans la culture. « Il existe plusieurs types de Talapetraka à Madagascar. Nous avons ainsi effectué une collecte  dans tout Madagascar afin de choisir la bonne variété. Suite à  une sélection massale, axée au rendement agronomique, résistance aux maladies et surtout la qualité des principes actifs, une plantation de Talapetraka a été mise en place dans la falaise de Betsimisaraka », indique le Dr Charles Andrianjara, directeur général de l’IMRA. D’après ses explications, une production de 10 tonnes de  Centella asiatica  est enregistrée annuellement dans la Région Alaotra-Mangoro, une des couvertures végétales où le climat et la terre sont favorables à cette culture.  « Nous collaborons avec une cinquantaine d’habitants pour s’assurer d’avoir une bonne récolte. L’on peut  obtenir des résultats en  l’espace de quatre mois. En tant qu’établissement reconnu d’utilité publique, ces derniers profitent de nos actions socio-économiques et environnementales inscrites dans nos composantes », poursuit-il.

Rappelons que dans les années 50, le Professeur Albert Rakoto Ratsimamanga, cet auxiliaire de Madagascar pour la santé, la recherche et l’enseignement, a mis au point à partir de la Centella asiatica un cicatrisant efficace qui dénommé Madécassol.  Actuellement, l’IMRA s’investit à l’international en exportant du « Talapetraka ».

A titre d’information, il existe trois variétés de « Talapetraka » dont les variétés Typica et Abyssinica sont rencontrées à Madagascar. Dans la partie Est se trouve la variété Typica et  dans l’Ouest celle d’Abyssinica. Les chercheurs en ont trouvé sur les hauts plateaux des variétés intermédiaires. La variété Typica  est composée de feuilles nettement réniformes, bien dentées, d’une contexture variable plus ou moins molle, suivant l’habitat et l’époque de récolte. Quant à  l’Abyssinica, elle se caractérise par de feuilles suborbiculaires à sinus moins marqué avec dentés plus atténués.

K.R

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Editorial

  • Où en sommes-nous ?
    L’UE regrette ! Le RSF enfonce ! Le CSI déplore ! Certaine presse étrangère et certains activistes des réseaux sociaux accusent !Au fait, où en sommes-nous dans la bataille contre les grands maux qui minent et bloquent le réel démarrage vers l’essor et le développement du pays ? En est-on resté au stade des grands mots dans la lutte sans merci contre les grands maux à savoir la corruption, l’impunité, le non-respect de l’Etat de droit, de la liberté d’expression, de la démocratie ? Le tableau ne luit pas assez comme nous l’entendions. Les différents rapports d’Institution et d’organisme étranger ainsi que des Institutions en charge de la lutte contre toute forme de malversation et certaine Société civile du pays ne vont pas dans le sens de notre faveur sinon notre souhait. Ou bien, on se prend pour le mal aimé des autres et en revanche on dénonce ! Ou…

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