Publié dans Editorial

Appel controversé !

Publié le mardi, 25 novembre 2025

Le Gouvernement lance un Appel à manifestation d’intérêt pour le recrutement de 23 chefs de Région. La date de clôture du dépôt des dossiers de candidature est fixée pour le 28 novembre prochain.

D’emblée, des observateurs attentifs trouvent curieux d’acter prestement un tel « Appel ». Y a-t-il urgence ? Est-ce qu’un Appel à manifestation d’intérêt pour recruter des chefs de Région présente un caractère si urgent. Vu les urgences prioritaires du moment, cet Appel ne peut-il pas attendre un peu ? N’y a-t-il pas d’autres choses plus importantes et plus essentielles ?

L’une des premières décisions du Gouvernement de la Refondation fut l’abrogation des décrets de nomination des 23 gouverneurs sur l’étendue du territoire de la République. Une décision largement appréciée par l’opinion. Les gouverneurs sont en fait des instruments politiques entre les mains du régime précédent. Finalement, des postes politiques nécessaires pour caser des proches. En janvier 2019, le Président de la République fraîchement investi, Rajoelina Andry Nirina, annonçait solennellement la nomination très prochainement des gouverneurs en lieu et place des chefs de Région. Ils seront dotés, rassurent le Chef de l’Etat, des engins afin de les accompagner sur terrain. Et cela, dit-il, pour booster le développement rapide des Régions de la Grande île. Une déclaration qui a reçu en réponse une ovation de l’assistance présente ! Ce fut un enthousiasme populaire ! L’espoir de voir un jour le pays épanoui et développé renaît de ses cendres.

Seulement, le rêve s’évanouit au fur de la traversée du premier mandat et dès l’entame du second. Le Chef de l’Etat Rajoelina a beau taper sur la table, Messieurs et Mesdames les gouverneurs roupillent entre les quatre murs de leurs bureaux. A l’exception de quelques-uns, la majorité s’égare dans l’ineptie. Pénurie de carburant, des engins réduits en état d’inutilité faute de réparation, budget insuffisant, etc. Des motifs souvent fantaisistes pour se dédouaner. En outre, les gouverneurs passent le clair de leur temps à se chamailler avec les préfets et pour cause ils se disputent de la plate-bande de responsabilités sinon de compétences. Les préfets ou chefs de Districts, des représentants de l’Etat ont leur charge précise définie par les textes de loi. Tandis que pour les gouverneurs ou chefs de Région, leurs responsabilités se trouvent sujettes à interprétation.

Je trouve étonnant de se précipiter à nommer les chefs de Région. Il va falloir d’abord se donner un moment de recul pour avoir une idée exacte de ce qui les attend. On est en pleine préparation des chantiers de la Refondation.

Nous-mêmes durant le régime précédent, nous avions eu l’occasion de tirer la sonnette d’alarme à plusieurs reprises sur le bien-fondé de l’existence des gouverneurs ainsi que les charges dévouées à leurs postes. Au final, force est de reconnaitre du gâchis crevant la caisse de l’Etat ! Tout au moins, il fallait attendre les travaux de la concertation nationale qui devait à terme définir la structure de gouvernance de l’Etat répondant aux normes et aux exigences de la Refondation.

L’Appel à manifestation d’intérêt pour le recrutement des 23 chefs de Région sonne creux, pour le moment. A moins qu’on respecte, à la lettre, la Constitution à savoir procéder à l’élection selon l’Art. 154 mais non à la nomination comme c’est le cas jusqu’à présent.

Ndrianaivo

Fil infos

  • Refondation - Le chef de l’État reconnaît une guerre intestine
  • Grève surprise à l’Hôtel Carlton - Les salariés dénoncent une « mise au chômage technique » sans préavis
  • Université d’Antananarivo - Le Dr Alain Mérieux honoré du titre de Docteur Honoris Causa
  • Mpox - Madagascar sous surveillance sanitaire de ses îles voisines
  • Polyclinique Ilafy - Des mesures temporaires évoquées par le gouvernement pour les patients dialysés
  • Prime à la HCC - Le ministère de l’Économie et des Finances clarifie
  • Haute Cour constitutionnelle - Les primes de la honte 
  • Message du nouvel an - « C’est en mon âme et conscience que j’ai fait le choix de m’écarter » dixit Rajoelina 
  • Pillage au port de Toamasina - 14 véhicules du Groupe Sodiat emportés
  •  Refondation - « Halte à l’infantilisation ! » dixit le cardinal Tsarahazana 

La Une

Pub droite 1

Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

A bout portant

AutoDiff