Le président Andry Rajoelina sera à Nairobi ce samedi, aux côtés de centaines de supporters malgaches, pour assister à la finale historique du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) qui oppose Madagascar au Maroc. Cette présence présidentielle n’a rien d’inhabituelle. La Confédération africaine de football (CAF) invite systématiquement les chefs d’État des pays finalistes, que ce soit lors du CHAN, de la CAN. De même, les présidents des pays sont invités lors de la finale de la Coupe du monde. Dans la plupart des cas, les dirigeants répondent positivement à cet appel. Une manière pour eux d'affirmer leur soutien officiel à leur sélection nationale.
Certains esprits chagrins avaient pourtant tenté de freiner cette initiative. En effet, pour ces gens la présence du chef de l’État « porterait malheur » aux Barea. Une critique non seulement infondée, mais également déconnectée de la réalité du sport de haut niveau. Faut-il rappeler qu’en 2019, lors de la Coupe d’Afrique des Nations en Égypte, Andry Rajoelina avait déjà fait le déplacement ? Premier supporter, il avait assisté au huitième de finale face à la République Démocratique du Congo, remporté par Madagascar aux tirs au but, avant d’être témoin, quelques jours plus tard, de la défaite honorable des Barea en quart de finale contre la Tunisie. Il est aussi necessaire de souligner que la superstition ne fait pas gagner ou perdre un match. Le football repose sur la préparation, la tactique, la condition physique et mentale des joueurs. Le rôle du président, en pareille circonstance, est de symboliser l’unité nationale, d’encourager les joueurs et de montrer que la Nation toute entière est derrière son équipe. En allant sur place, Rajoelina envoie le message que l’équipe nationale n’est pas seule. Critiquer cette démarche au nom d’une supposée guigne est revient à minimiser l’importance de ce rendez-vous. Un argument basé sur la haine contre le chef de l'État. D'ailleurs, s'il n'avait pas fait les efforts quil fait aujourd’hui, les détracteurs auraient été les premiers à lui tomber dessus. En tout cas, dans toutes les grandes nations de football, la présence du président ou du roi en tribune est perçue comme un honneur. C'est aussi une motivation supplémentaire pour les joueurs. Pourquoi Madagascar ferait exception?