Publié dans Société

Réseaux sociaux - Les rumeurs plus virales que les "vraies" informations

Publié le mercredi, 10 septembre 2025
Le drame d’Ambohimalaza, sujet de rumeurs, de désinformation et de mésinformation, continue d’attirer l’attention sur les réseaux sociaux Le drame d’Ambohimalaza, sujet de rumeurs, de désinformation et de mésinformation, continue d’attirer l’attention sur les réseaux sociaux

« Les fausses informations atteignent 1000 à 100 000 personnes, contre rarement plus de 1000 pour les vraies infos. Les fausses infos politiques sont celles qui voyagent le plus vite et le plus loin ». Dr Fabrice Lollia, directeur sûreté auprès du groupe Axian et chercheur associé au laboratoire DICEN, a rapporté ces résultats de l’étude (Vosoughi et al., 2018,Science) pour évoquer des impacts des rumeurs, de la désinformation et de la mésinformation au sein de la société. Les réseaux sociaux en sont des amplificateurs émotionnels puisqu’une étincelle de rumeur peut devenir un incendie social, selon toujours l’étude. Ce fait a été constaté dernièrement à Madagascar, notamment suite au drame Ambohimalaza, avec le décès d’une trentaine de jeunes. « Cette affaire illustre avec acuité les tensions entre communication institutionnelle, parole populaire, et logiques virales propres aux plateformes numériques, où se mêlent cadrage, désinformation et quêtes de sens concurrentes », a-t-il confirmé dans « the conversation». Effectivement, cette affaire a ouvert un vide informationnel, comblé par des récits parallèles basés par des rumeurs, désinformations et mésinformations. Leurs propagateurs ne sont autres que des humains, connaissant les victimes ou des simples observateurs qui spéculent. Dans tous les cas, cette affaire continue de faire couler beaucoup d’encre jusqu’à maintenant, notamment sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, cette situation confirme le fait qu’une rumeur n’est pas un bruit passager. C’est un processus dynamique qui évolue en étapes, se nourrit des émotions et peut déboucher sur une véritable crise, même après correction officielle.  

Des exercices de vérification s’imposent!

La désinformation est aujourd’hui un problème qui concerne tout le monde. « A Madagascar, ce sont surtout les désinformations et mésinformations qui priment avant les vraies infos, surtout sur les réseaux sociaux...La population croit plutôt aux rumeurs et désinformations plutôt qu’aux infos officielles...On est arrivé à un stade où aujourd’hui, la parole de n’importe qui, même si elle n’est pas vérifiée, peut être prise au sérieux parce qu’elle est propagée non seulement sur les réseaux sociaux mais aussi sur des comptes fermés comme Whatsapp», expose le Dr Lollia. Face à cela, la plus grande des solutions à apporter étant la formation. Il faut faire en sorte que les gens prennent conscience que la désinformation et la mésinformation existent et que les conséquences peuvent être désastreuses sur une organisation, une société voire un pays. 

Il faudrait également faire des exercices de vérification des informations pour éviter de tomber dans la désinformation et d’en être les propagateurs. Lors de la conférence sur le thème « de la rumeur à la crise : comment la mésinformation fragilise le développement durable à Madagascar », le 5 septembre dernier à Antaninarenina, notre interlocuteur a précisé que « les mauvaises informations sur Twitter se propagent six fois plus vite que les bonnes informations. Donc aujourd'hui si on ne fait pas ces exercices de vérification de l'information, on peut avoir autant de poids qu'une parole institutionnelle avec des programmes et elle est là la problématique ». Quoi qu’il en soit, des questions se posent, notamment « comment fait-on pour reconnaître la vraie information? ». « Qui a la légitimité aujourd’hui pour la faire circuler l’information, notamment en contexte de crise? »...

Recueillis par Patricia R.

 

- La rumeur naît d’un événement ambigu ou anxiogène où les faits sont flous et manquent de clarté. Elle se structure autour d’un récit qui donne du sens. La rumeur se diffuse de bouche à oreille, par messageries, réseaux sociaux et médias. Chaque transmission la simplifie et renforce son pouvoir de conviction. ( Allport & Postman (1947), The Psychology of Rumor/ Shibutani (1966), Improvised News/ Rosnow (1991), Inside Rumor)

- La désinformation est une information qui est fausse, et la personne qui la diffuse sait qu’elle est fausse. «C’est un mensonge délibéré et intentionnel qui montre que les gens sont activement désinformés par des acteurs malveillants». (mediadefence.org)

- La mésinformation est une information qui est fausse, mais la personne qui la diffuse pense qu’elle est vraie. (mediadefence.org)

 

 

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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