Publié dans Culture

Jeu « Ludo » - Une autre source de revenu 

Publié le jeudi, 02 avril 2026

Sur les bords des routes ou dans les ruelles et même dans une maison, le Ludo est devenu bien plus qu’un passe-temps. Une activité lucrative pour ceux qui tentent de survivre au jour le jour.

Chaque lundi matin, dès 7 heures, Tantely installe son étal sur le bord de la route, dans le quartier d’Imerinafovoany. Chargeurs, câbles, batteries de téléphone et autres petits accessoires s’y alignent soigneusement. Une fois tout en place, vers 8 heures, ses amis commencent à arriver. Ils viennent pour une raison bien précise : jouer au Ludo. Vers 10 heures, ils sont cinq hommes à s’asseoir en cercle, un Smartphone entre eux. L’un d’eux observe, les quatre autres ont déjà choisi leurs pions.

Les passants s’arrêtent, intrigués, et finissent souvent par s’attabler. Le Ludo, ce jeu de société simple et accessible, est devenu bien plus qu’un simple divertissement. Pour Tantely et ses compagnons, c’est une source de revenus. « Après la crise sanitaire liée au Covid-19, nous avons commencé à vraiment jouer et à nous passionner pour le Ludo. C’est un jeu facile à organiser. Il suffit d’avoir un téléphone. J’ai fait du Ludo un complément d’activité, car non seulement je peux bien vendre, mais aussi gagner de l’argent en jouant. Entre 10.000 et 20.000 ariary par jour, c’est la somme que je peux gagner chaque jour. Parfois, je perds aussi entre 5.000 et 10.000 ariary quand la chance n’est pas de mon côté », raconte Tantely. Le Ludo a connu un essor fulgurant ces trois dernières années. Dans chaque quartier, chaque village, on trouve des jeunes et des adultes qui passent du temps et dépensent de l’argent autour de ce jeu. Njaka, un joueur, explique : « Parfois, il y a du monde tous les jours, une ou deux fois par semaine. Cette activité ne fait pas vivre à proprement parler, mais elle permet quand même de gagner un peu d’argent pour la journée ». 

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Le Ludo a même dépassé en popularité d’autres jeux comme les courses de fourmis, très prisées en 2020. Nirina, organisateur de paris, confirme : « Avant, les courses de fourmis attiraient beaucoup de monde, mais aujourd’hui, la plupart des paris se font sur le Ludo, surtout en ville ».  Contrairement aux jeux de cartes, le Ludo ne nécessite pas de matériel coûteux ou compliqué. Il suffit d’un Smartphone et d’un peu de chance. Le jeu attire aussi bien les enfants que les adultes, qui y consacrent parfois des journées entières. « Cela fait presque deux ans que je joue au Ludo. Je n’ai pas d’emploi fixe, je porte des marchandises au marché. Avec les petits gains que je fais, j’achète à manger et des cigarettes. Je mise toujours 1.000 ou 2.000 ariary dans chaque jeu. Quand je gagne, c’est bien, mais souvent je perds. Le Ludo, c’est comme tous les jeux de hasard », confie Tsihoarana, un joueur régulier. Si le Ludo permet à certains de gagner un peu d’argent, il suscite également des questions. Beaucoup de jeunes, sans emploi, y voient une échappatoire ou un moyen de gagner rapidement de l’argent. Certains y perdent plus qu’ils n’y gagnent, et le jeu peut devenir une source de dépendance. Pourtant, dans les rues d’Antananarivo et des campagnes malgaches, le Ludo reste un symbole de convivialité et de résilience. Entre deux parties, on rit, on discute, on partage un moment. Et pour Tantely, Njaka et Tsihoarana, c’est avant tout une façon de rendre la vie un peu plus légère, en jouant aux coups de dé.

Par Sitraka Rakotobe

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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