Publié dans Economie

Incertitude économique - La dégradation du climat des affaires ressentie par les entreprises

Publié le mardi, 07 octobre 2025

Au deuxième trimestre 2025, l’enquête de conjoncture économique publiée par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), publié le 23 septembre dernier, dresse un tableau préoccupant du climat des affaires à Madagascar. Près de 70 % des entreprises formelles déclarent ressentir directement l’incertitude économique, devenue le principal frein à leur activité, devant le délestage et l’instabilité politique. Dans les précédentes enquêtes, cette part atteignait déjà 75 %, tandis que 60,5 % des chefs d’entreprise pointaient le délestage comme facteur limitant, suivi par 56,6 % citant les incertitudes politiques. Les problèmes d’approvisionnement en électricité demeurent ainsi une préoccupation majeure pour plus de 75 % des opérateurs économiques, contraints de recourir à des sources d’énergie alternatives onéreuses.

Selon la BFM, l’indicateur synthétique d’activité des entreprises, un outil statistique mesurant la tendance générale de la production, du chiffre d’affaires et de l’emploi dans les entreprises formelles, montre une dégradation continue du climat économique. Cet indicateur, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise dans plusieurs secteurs, permet de suivre l’évolution de la santé économique du pays sur le court terme. Or, il révèle pour cette période une contraction de 1,7 % au premier trimestre, suivie d’un nouveau recul de 0,9 %. En glissement annuel, la croissance ressort néanmoins à 6,7 %, puis 4,3 %, des performances qui traduisent une reprise inégale et fragile. Les entrepreneurs interrogés évoquent une conjoncture marquée par la prudence : les grandes structures gardent un certain optimisme quant à la reprise, tandis que les petites et moyennes entreprises font état de trésoreries tendues, d’une hausse continue des coûts de production et d’un accès au crédit toujours limité. L’ensemble témoigne d’un climat économique dominé par la méfiance, où la moindre incertitude politique ou budgétaire suffit à freiner l’investissement.

Restaurer la confiance

Face à cette situation, la BFM appelle à une action concertée pour restaurer la confiance et stimuler l’activité. Sur le plan monétaire, elle a relevé son taux directeur à 12 %, marquant une volonté de freiner l’inflation et d’ancrer les anticipations de prix dans un cadre plus stable. L’inflation, estimée à 8 % pour 2025, pèse lourdement sur le pouvoir d’achat et les coûts de production, ce qui pousse la Banque centrale à recommander des incitations fiscales ciblées : allègements temporaires d’impôts, moratoires pour les secteurs stratégiques et réduction des taxes sur les intrants essentiels. La BFM préconise également un meilleur accès au financement, notamment pour les petites et moyennes entreprises, rappelant que seulement 8 % des opérateurs disposent aujourd’hui d’un crédit ou d’une ligne bancaire active. Pour y remédier, elle suggère la création de garanties publiques et de lignes de refinancement préférentielles. Sur le plan structurel, la Banque centrale insiste sur la modernisation des infrastructures énergétiques et logistiques, conditions indispensables à la compétitivité nationale. Enfin, elle met en avant la nécessité de stabilité politique et institutionnelle, considérée comme le socle d’un environnement économique sain. Plusieurs économistes estiment que, sans un cadre politique clair et une meilleure coordination entre l’Etat, la BFM et le secteur privé, la reprise restera fragile et exposée aux aléas conjoncturels. Le message est clair et restaurer la confiance ne passera pas uniquement par des ajustements techniques, mais par une gouvernance cohérente capable de redonner une visibilité durable aux acteurs économiques.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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