Publié dans Editorial

Subtile et stratégique

Publié le mercredi, 18 septembre 2019

On applaudit ! On acclame ! C’est l’homme providentiel! Bref, on jubile devant l’annonce de la candidature d’un capitaine d’industrie et membre du Gouvernement Ntsay Christian à l’élection du Maire d’Antananarivo. Au PK 0, l’ex-Cercle des Cheminots, l’IRD fit savoir le jour même de la date butoir, le mercredi 12 septembre, en milieu d’après-midi, son candidat pour les communales du 27 novembre dans la Capitale en la personne de Naina Andriantsitohaina et cela dans un tonnerre d’applaudissements. Standing ovation, l’audience présente, composée de personnalités de divers horizons, se leva comme un seul homme pour accueillir avec enthousiasme la bonne nouvelle.

Immédiatement, sur les réseaux sociaux, les réactions globalement positives ne se font pas attendre. En effet, la nouvelle se répand à travers la Toile telle une fumée blanche annonçant souvent quelque chose de bon augure. Tout comme au Vatican, la fumée blanche annonce la nouvelle que les cardinaux en conclave ont « réussi » à élire le Souverain Pontife.

Le cursus et le parcours de Naina fait de lui le « candidat providentiel » au poste de Maire de la Ville des Mille. Les enjeux et les défis sont tellement compliqués et pleins d’embûches qu’on a besoin d’une personnalité de la taille et de l’envergure d’un chef d’entreprise et d’ancien président de Groupement d’entrepreneurs aguerri comme ce petit-fils et fils de grands commis du pays.  

Les Andriantsitohaina ne sont plus à présenter au public. C’est une grande famille issue de la grande bourgeoisie merina. Le renom de cette prestigieuse famille remontait jusqu’à l’époque royale. Quand la reine Ranavalona 1 ère dut envoyer une délégation pour négocier à Londres en 1832, et cela, pour apaiser la tension entre les deux pays. En cause, la fureur de la Cour britannique devant le revirement de la reine à l’encontre des missionnaires du LMS qu’elle avait chassé sans ménagement. Ranavalona-Mère choisit parmi la délégation un Andriantsitohaina. La mission s’avérait difficile, mais elle croyait en la compétence et en la capacité diplomatique de ses hommes de confiance.

Seulement, faudrait-on noter que nous sommes là en aval du processus du choix de candidat. Il ne faut pas ignorer le mécanisme en amont. On omet souvent le côté jardin où l’on trime sérieusement afin d’aboutir à un choix subtile et stratégique. Un véritable iceberg où la surface émergée n’est qu’une infime partie du grand bloc immergé. Un travail de fourmis qui exige une rigueur et une vigilance.

Dans cette partie du processus de choix, le Chef de l’Etat dirige magistralement les travaux. Surtout pour le cas des grandes circonscriptions électorales de type Antananarivo où les enjeux atteignent le niveau national. Le Big Boss en personne se trouve aux manettes, au four et au moulin, et supervise les opérations. Le Chef met la main à la pâte de telle manière que la sauce est réussie.

Le choix de Naina Andriantsitohaina en qualité de candidat de l’IRD au scrutin des communales à Antananarivo porte personnellement la signature du jeune leader de la révolution Orange. Rajoelina ne peut pas laisser quelqu’un d’autre décider à sa place dans la phase finale du processus.

Doté d’une subtilité intellectuelle avérée et en fin stratège, Zandry Kely déjoue les pièges et détecte l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Vouée à l’échec ?
    Le pays est en plein chantier d’élaboration d’une nouvelle Stratégie nationale pour la lutte contre la corruption (et l’impunité), la SNLCC. Celle qui est en vigueur arrivera à son terme à la fin de l’année en cours après dix ans de mise en œuvre dans la bataille contre cette « ennemie » apparemment imbattable. Mise en selle en 2014, la SNLCC actuelle finira sa course incessamment. Mi-figue, mi-raisin, le bilan de la décennie de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption balance entre un échec et une réussite. Le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI) se trouve dans l’embarras pour traduire la situation exacte. Sahondra Rabenarivo, la présidente du CSI, déplore plus d’une fois l’existence de certains facteurs de blocage dans le processus normal de la lutte contre la corruption. Il existe un dysfonctionnement perçu comme un frein au bon déroulement du système de lutte contre la corruption.

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