Publié dans Politique

Concertation nationale - Un début cacophonique

Publié le jeudi, 11 décembre 2025

Chaotique. C’est l’impression laissée par le démarrage du processus concertation nationale. Censée ouvrir une nouvelle perspective pour Madagascar, ce processus est marqué par des controverses.

Ainsi avant même la cérémonie de lancement officielle, le processus a été rattrapé par la polémique autour d’une éventuelle invitation adressée à l’ancien Président Andry Rajoelina. Un coup, le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), ou des membres de son bureau, affirme que tous les anciens Chefs d’État figuraient parmi les personnalités invitées, dans un souci d’inclusivité. Un autre coup, le FFKM dément, l’information, au même titre que le Gouvernement qui évoque une initiative isolée d’un membre du Conseil si une invitation existait. En effet, des images attestent de l’existence d’une invitation en bonne et due forme envoyée à l’ex-Chef d’Etat et son épouse. Invitation que les mandataires de celui-ci n’ont pas manqué de présenter hier à la presse. Notons aussi que si le FFKM et le Gouvernement démentent l’invitation, les divers orateurs hier ont pourtant martelé l’importance de l’inclusivité pour la bonne marche du processus…

Cette histoire d’invitation semble contribuer à réduire la crédibilité de l’Etat et surtout du FFKM dont la légitimité à conduire le processus fait déjà l’objet de critiques. Pour rappel, ce Conseil a été mandaté par la Présidence de la Refondation pour conduire les concertations. Le pouvoir met en avant sa capacité à dialoguer avec tous les acteurs et à dépasser les clivages. Cependant, les jeunes qui ont manifesté au mois de septembre et d’octobre contestent la légitimité d’une organisation religieuse dans un processus de refondation de l’Etat, rappelant le principe de laïcité. Ils estiment en outre que le FFKM manque d’indépendance ou serait influencé par des personnalités liées à l’ancien Chef d’Etat.

De nombreuses absences

Ce manque de légitimité du FFKM est peut-être une explication aux nombreuses absences hier. Plusieurs sièges ont été vides au Centre de conférence international d’Ivato pour le lancement officiel du processus de concertation nationale qui a pris la forme d’un culte œcuménique. Le plus marquant est l’absence des anciens Présidents. Mais aussi l’absence du Président de la Refondation de la République et le Premier ministre.

Une organisation interne de l’Exécutif est évoquée officiellement pour expliquer ce retrait des deux têtes de l’Exécutif, afin de mettre en avant le ministère d’Etat chargé de la Refondation. Une justification jugée peu convaincante par plusieurs observateurs qui rappellent l’importance stratégique du sujet. "Si le sujet de la concertation nationale concernait la JIRAMA par exemple, laisserait-on le ministre de l’Energie seul sur le devant de la scène, sachant qu'il s'agit d'un sujet d'importance nationale? Je ne crois pas", soutient un analyste de la vie publique. L’absence de représentants de nombreux membres d’institutions soulève aussi des interrogations. Boycott ou simple non-invitation, la question se pose.

En revanche, l’on a noté la participation d’acteurs politiques, des organisations de la société civile, des diplomates et des partenaires techniques et financiers. Une poignée de figure des manifestations des mouvements de septembre et octobre ont été aperçues sur place. Des organisations de la société civile ont profité de l’événement pour réclamer l’élaboration d’une charte de la Transition avant toute poursuite des discussions.

En tout cas, de nombreuses questions restent en suspens quant à la suite du processus. Le Gouvernement prévoit des consultations partant des Fokontany, remontant ensuite au niveau régional puis national. Quid du financement. Les autorités ont en effet dit ces dernières semaines que les caisses de l’Etat sont vides.

La Rédaction

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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