Publié dans Politique

Persécutions politiques - Les collaborateurs de Rajoelina dans le viseur du régime

Publié le samedi, 27 décembre 2025

Depuis bientôt une semaine, l’arrestation de Moussa Soalihy, conseiller technique du député Milavonjy Philobert, ravive les craintes d’un climat d’intransigeance et d’abus de pouvoir sur fond de crise institutionnelle. Parallèlement, l’ancien président du Sénat, Richard Ravalomanana, se retrouve également dans le collimateur des autorités, accentuant le sentiment de suspicion qui entoure les derniers mouvements du gouvernement. 

Le 22 décembre, dans le quartier des 67 hectares, les forces de l’ordre interpellent brutalement Moussa Soalihy. Cinq jours plus tard, l’intéressé reste détenu au-delà du délai légal de 48 heures. Aucune charge formelle n’a été communiquée officiellement, si ce n’est une mention vague d’une enquête du Pôle anticorruption remontant à 2024. Ni pièces à conviction, ni audition publique : le dossier demeure hermétique, suscitant l’inquiétude de ses proches et des organisations de défense des droits humains. 

 

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes réclament sa libération immédiate et dénoncent une “détention politique”. Malgré ces appels, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication a rappelé, lors d’une conférence de presse : “Personne n’est au-dessus de la loi. Si des reproches sont fondés, la justice les examinera.” Une réponse jugée évasive par l’opposition. 

Sur le banc de l’Assemblée nationale, le député Milavonjy Philobert a vivement réagi : “Cette arrestation est un acte de vengeance. Je demande solennellement au Premier ministre, surtout en cette période de fêtes, de cesser ces arrestations arbitraires.” Pour le parlementaire, le gouvernement ferait mieux de concentrer ses efforts sur la résolution de la crise énergétique revendication de la Gen-Z, omniprésente dans les quartiers, plutôt que sur la traque des voix dissidentes.

Richard Ravalomanana pris pour cible

Dans un second dossier, l’ancien président du Sénat, Richard Ravalomanana, a reçu une convocation il y a trois jours, l’enjoignant de se rendre devant la justice. Refusant de se plier à cette injonction qu’il juge “injustifiée et infondée”, il déclare : “Je me défendrai, quitte à perdre la vie, pour préserver la vérité.” Hier, un convoi d’éléments de forces de l’ordre est venu quadriller son domicile, sans incident majeur, mais renforçant la tension politique à quelques jours de la nouvelle année. 

Ces affaires s’inscrivent dans un contexte plus large : le gouvernement a récemment procédé à la destitution de deux sénateurs – un général à la retraite et Lalatiana Rakotondrazafy – afin de leur ôter leur immunité parlementaire. Si l’ex sénatrice n’a pas encore fait l’objet d’une convocation, plusieurs observateurs redoutent qu’elle ne soit la prochaine sur la liste des personnalités visées.

Nikki Razaf

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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