Publié dans Société

Rupture de stock de médicaments aux CSB II - Les médecins autant que les patients dans l’embarras

Publié le dimanche, 11 avril 2021



Tous les jours, au moins 80 patients, présentant un ou plusieurs signes de la Covid-19, consultent chaque Centre de santé de base niveau II (CSB II) à Antananarivo, et cela depuis le mi-mars. Un nombre excessif qui explique les désorganisations, la rupture de stocks et d’autres difficultés au sein de ces établissements de santé. Comme il a été annoncé officiellement, tous les traitements devront être gratuits. Cependant, l’offre ne suffit pas à couvrir la demande de la population.

Boom des patients
Tous les patients qui présentent des symptômes du coronavirus peuvent bénéficier d’un traitement adéquat avec des médicaments complets, à savoir l’Azytromycine, Magnésium B6, Vitamine C, Zinc, Paracétamol et le Covid Organics (CVO+). Si auparavant, la prescription a été réalisée en rapport avec la gravité de la maladie, actuellement les médicaments obtenus sont complets, selon la recommandation du ministère de la Santé publique. « Chaque patient qui nous consulte obtient tous les médicaments requis, même s’il ne présente que quelques signes du coronavirus », avance un médecin qui a préféré gardé l’anonymat. La rupture des stocks s’explique par le taux élevé des patients. Durant la première vague de la Covid-19, la plupart des CSB II ont disposé d’un stock de médicaments qui ont été utilisés lors de cette deuxième vague.
Ainsi, certains CSB ne recommandent plus de faire le test. Ils préfèrent passer tout de suite au traitement à cause de la dangerosité de cette nouvelle souche. « Le nombre de tests réalisé est très limité. Nous donnons seulement une prescription médicale à la demande des patients. Certains d’entre eux en ont vraiment besoin pour leur travail ou d’autres motifs, tandis que d’autres ne sont pas exigeants. Une fois qu’ils présentent des signes, nombreux patients préfèrent suivre sans hésiter le protocole de traitement de la Covid-19. D’ailleurs, le fait d’attendre le résultat du test est encore plus stressant que la maladie », soutient toujours ce médecin. 
Les CSB II traitent les formes légères et modérées du coronavirus.


L’approvisionnement pose problème !
Retard de l’acheminement des médicaments. C’est la raison principale de la rupture des stocks de médicaments censés être disponibles et gratuits auprès des CSB II face à l’explosion des cas positifs.
« L’afflux massif des cas suspects du coronavirus depuis le mois de mars a considérablement vidé notre dépôt de médicaments. Or, une consultation équivaut à un protocole de traitement. Et aux moindres symptômes ressentis par un patient, nous devrons lui prescrire des médicaments. En une journée, je reçois environ une quarantaine de patients. A l’heure où nous discutons, je ne dispose plus que de la vitamine C et du Covid-Organics en stock. Pour les autres médicaments, il faudra attendre la livraison prévue pour demain (ndlr : aujourd’hui). Et cela malgré que la commande ait été déjà envoyée vendredi dernier. Au cours de ces deux derniers jours, j’ai été ainsi contraint de ne prescrire que ces deux médicaments à ma disposition.  Les patients doivent se procurer des restes, soit auprès des pharmacies, soit revenir à mon cabinet après l’approvisionnement et ainsi de suite », se désole un médecin auprès d’un CSB II situé en centre-ville.
En outre, un personnel de santé œuvrant dans un autre CSB II de la Capitale déplore la lenteur administrative voire une mauvaise gestion des autorités sanitaires. « Le ministère de la Santé publique exige une approche perfectionnée. Cependant, leurs répliques demeurent insatisfaisantes. Nous allons oublier l’exigence d’un bon de commande en bonne et due forme en cas de rupture de stock, même si le rapport d’activité journalier signalait déjà le nombre de médicaments disponibles. Etant le seul médecin dans cet établissement sanitaire, j’assure en même temps la consultation, la vérification des informations saisies à l’ordinateur ainsi que leur envoi en fin de journée, pour ne recevoir des réponses qu’après plusieurs jours. Au final, le retard au niveau de l’acheminement des médicaments s’avère très démotivant. En attendant la livraison, les plaintes s’accumulent. Déjà, nous devons assurer le traitement des patients, et nous supportons aussi leur colère », a-t-il martelé. 
Notons que la plupart des CSB II que nous avons visités n’ont pas pu donner des explications face à l’indisponibilité des médicaments. Les responsables qui y sont mobilisés ne peuvent pas divulguer des informations. Ceci requiert une autorisation émanant du ministère de tutelle ou d’une autorité sanitaire.

Certains patients sont satisfaits, contrairement à d’autres…

Hantrasoa Viviane. Cette mère de famille a contracté le variant sud-africain du coronavirus. « J’ai subi un malaise mercredi. Puis, subitement, dans la soirée, j’ai senti une grande fatigue ainsi qu’une sensation d’une brûlure à l’intérieur de mon corps. J’ai alors consulté un CSB II. Il ne m’a pas recommandé de faire un test, mais a tout de suite proposé de passer au traitement. Certains membres de ma famille et proches m’ont conseillé de ne pas y aller, mais plutôt de me rendre auprès d’un dispensaire privé. Ils ont avancé qu’au CSB II, la consultation est payante et les médicaments ne sont pas bons. Mais j’ai insisté d’y aller, et me suis déjà préparée pour les frais médicaux. Durant la consultation, le médecin m’a prescrit plusieurs médicaments. A la pharmacie, tout a été gratuit. Les médecins ont même donné quelques explications sur cette maladie et des conseils pour chaque patient. J’ai été totalement satisfaite de leur accueil ».

Dieu Donné. Ce patient a été confronté à un problème d’approvisionnement et un mauvais accueil. « Le médecin ne m’a donné que deux plaquettes de Paracétamol et une  autre plaquette d’Azytromycine. Il m’a conseillé d’acheter les autres médicaments à la pharmacie si je ne pouvais pas attendre la livraison au niveau du CSB II, dont la date est encore incertaine selon lui. Vu mon état de santé, j’ai dû dépenser au moins 50 000 ariary pour les autres médicaments. Dans les pharmacies, il n’y a plus de Magnésium B6 et les pharmaciens proposent un autre produit équivalent. L’Etat doit contrôler la circulation des médicaments dans les Centres de santé de base puisque certains patients obtiennent des médicaments complets, contrairement à d’autres ».

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Editorial

  • Un signal fort !
    Le Chef de l’Etat Rajoelina Andry a rendu visite la Commune rurale d’Ivato ce jeudi 10 juin. Un passage éclair mais très lourd en symbole ! C’est la première fois dans les annales de la République qu’un Président a bien voulu courber l’échine et descendre pour rendre visite une Commune rurale fief de l’opposition. Le premier magistrat de ladite Commune appartient au parti très engagé au camp d’en face.

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