Publié dans Société

Autrefois et naguère - Le Vatomasina profané ! 

Publié le jeudi, 05 mars 2026

De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une atteinte au Palais de la Reine, en raison d’une infrastructure récente. Cependant, il est facile d’oublier que les colonisateurs ont commis des actes encore plus graves sur l’emplacement de l’actuel stade Barea, également connu sous le nom de stade de Mahamasina. 

 

Il est erroné de condamner l’édification d’un colisée romain dans l’enceinte du palais de la Reine, simplement parce qu’il ne s’inscrit pas dans une tradition royale, et serait donc contre les valeurs de la royauté malgache. Pourtant, on peut se demander si les rois et reines successifs lors du XIXème siècle à Madagascar ont eu tort d’accepter la construction d’une église chrétienne dans l’enceinte même du palais de Manjakamiadana. Ce type de question se pose également à propos de l’actuel stade de Mahamasina. En effet, cette plaine, au cœur de la capitale, était véritablement un sanctuaire pour le royaume malgache. Radama 1er y utilisait la plaine de Mahamasina pour ses manœuvres militaires. C'est également le lieu où se trouve la « Vatomasina » ou pierre sacrée. Plusieurs couronnements ont eu lieu sur ce site (Radama II, Ranavalona II et III). D'ailleurs, Mahamasina, qui signifie littéralement « ce qui rend sacré », était un lieu public (« kianja ») où les discours des souverains merina étaient délivrés au XIXème siècle. C'est ici que le souverain venait se présenter au public. En 1862, en raison du nombre élevé d'invités et de l'importance de la cérémonie, Radama II a rompu la tradition et est devenu le seul souverain couronné à Mahamasina. Les deux dernières reines de Madagascar y ont également prononcé plusieurs discours, appelés « kabary ».

« Sous les gradins »

Cependant, en 1897, les colonisateurs français ont construit un premier stade de 3.000 places à cet emplacement. Tout au long de la période coloniale, jusqu’au début des années 30, Mahamasina a été le théâtre de courses de chevaux. Ceci est déploré par les traditionalistes malgaches et d'autres historiens de la royauté, qui constatent que les célébrations d’autrefois n’ont laissé derrière elles qu’une pierre sacrée, désormais dissimulée sous les gradins. Ainsi, il apparaît clairement que Mahamasina a perdu son caractère sacré et profondément royal durant la période coloniale, devenant d’abord un hippodrome, puis un stade municipal.

Et la suite est bien connue. Pour le pouvoir colonial, Mahamasina est devenu un symbole politique majeur car en 1958, le Général de Gaulle y annoncait la souveraineté malgache. En 1960, le Président de la République Tsiranana Philibert y proclamait l’indépendance de Madagascar. Depuis, ce lieu reste le site des défilés de la Fête nationale du 26 juin.

Tout cela démontre que la sacralité de cet endroit, considéré comme un sanctuaire royal de l’ancien Antananarivo, est aujourd’hui définitivement perdue. Et il serait peu probable que les descendants de la lignée royale contredisent ce constat.

Par Franck R.

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  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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