Sur le trottoir d’en face, un homme à la stature trapue, portant un blouson beige, un jean bleu et des bottes, leur tournait le dos. Le quidam s’apprêtait à ouvrir un portail menant au terrain de tennis du stade de Mahamasina. Visiblement, il n'avait pas remarqué les jeunes en train de discuter à son sujet ! Cet homme : c’était La Paika ou le redoutable Dadapaika. A l'époque, il était représenté comme un dangereux pédophile, n’hésitant pas à poursuivre ses proies, des jeunes garçons, et prêt à user de la force pour violer ses victimes dans les recoins du stade. Des rumeurs circulaient même qu’il pouvait entraîner ses victimes dans un état de souillure. Pourtant, aucune d’elles n’a voulu témoigner de ce qu’elles avaient vécu, du moins ces derniers temps.
Mais au-delà de sa sinistre réputation de « pédophile », qui était vraiment La Paika ? Un témoin oculaire, comme Nirina, aujourd’hui âgé d’une soixantaine d’années, se souvient de ses vieux souvenirs : « La Paika était surtout un dealer. Il avait l’habitude de traîner autour des terrains de tennis du stade de Mahamasina. Il n'hésitait pas à infliger des terreurs aux jeunes garçons en les pourchassant (...) A part cela, je ne connaissais pas les noms de ses victimes, ou s’il y en avait vraiment. »
Les femmes en avaient également très peur
Mais La Paika n’était pas le seul à semer la terreur... A cette même époque lointaine, Caliste avait surtout volé la vedette, du moins en termes de méfaits. De petite taille et au teint clair, Caliste a principalement opéré près d’Antanimbarinandriana, dans la ruelle qui sépare établissements scolaires comme la Providence et Saint-Michel. Cet obsédé, qui inspirait une crainte particulière chez les femmes, aimait leur faire des frayeurs dans la ruelle souvent déserte qui longeait le sud de Gilpin à Ankadivato dans les années 70, une zone également signalée pour la présence de serpents, frayeur supplémentaire parmi les riverains en 2007-2008. « Dans ces coins déserts, Caliste exhibait son sexe et se lançait à la poursuite de ces dames, affolées », se rappelle Seta, également sexagénaire et habitant Ankadivato. Et elle de poursuivre : « Ce qui étonne particulièrement dans cette affaire, c’est que ni Caliste ni Dadapaika n’ont jamais été appréhendés par la Police, bien qu’ils aient semé la terreur durant des décennies. On se demande si les gens de l'époque n'osaient pas agir, ou si les victimes ont subi des menaces de représailles », s'interroge notre interlocuteur.
Pour conclure, dans le quartier de Mahamasina, dans les années 60 et 70, on ne peut ignorer le cas d’un troisième suspect qui mérite l’attention, un éducateur. Ce dernier, à l’instar de certains cas en France, aurait abusé de jeunes élèves. « Le véritable problème, c’est que beaucoup de ces pauvres jeunes garçons ont développé des comportements efféminés suite à leur viol », confie cette source.
(Par Franck R.)









