Publié dans Société

Lac sacré de Mangatsa - Des infrastructures à refaire

Publié le jeudi, 02 avril 2026

Le petit musée de dadabe Tsiranana n’est plus, le restaurant est en ruine et même l’enclos des crocodiles est abimé. La visite du lac sacré se limite actuellement au… lac.

Le lac sacré se trouve à 18km de Mahajanga, à Mangatsa, dans la Commune de Belobaka, District de Mahajanga II. A quelques kilomètres de Mahajanga, la visite du lac sacré fait partie des habituels ‘circuits touristiques locaux’. Le lac figure aussi parmi les endroits à visiter pour les élèves et étudiants, qu’ils soient locaux, ou ceux qui viennent en voyage d’étude.

Le lac sacré est connu pour ses poissons. L’on y trouve aussi bien des poissons d’eau de mer, d’eau saumâtre et d’eau douce. Les plus nombreux sont les carpes, mais l’on peut y admirer aussi des anguilles et des tilapias. Les lieux abritent aussi un Doany, haut-lieu de culte sakalava. Les deux grands arbres sacrés autour du lac sont ceints d’un tissu rouge pour l’un et d’un tissu blanc pour l’autre. Certains visiteurs y viennent faire des vœux et des offrandes. Les offrandes sont généralement des pièces d’argent, des assiettes, du miel ou des zébus.  L’accès est payant, et l’on peut trouver sur place des guides. En effet, le lac sacré est un lieu historique et il existe plusieurs versions quant à son origine. Certains racontent que sa création remonte aux anciens rois sakalava. D’autres font état d’une création plus récente, située pendant la première République.

 Selon la première version, l’endroit étant une plaine avec des rizières, le zébu préféré du roi s’y serait enlisé en allant boire et mourut. Le roi, triste, aurait creusé le lac pour servir d’abreuvoir aux zébus. Et plus tard, des poissons sont venus. La seconde version fait état de la vengeance du guérisseur banni par le roi, après qu’il n’ait pas pu guérir le prince. Le guérisseur-sorcier aurait alors jeté un sort, transformant le village en lac et ses habitants en poissons. La troisième version raconte que c’est le Président Tsiranana lui-même qui aurait découvert le lac, l’aurait aménagé et y a apporté des poissons de son voyage qui y sont jusqu’à aujourd’hui.

Le lac n’est pas très grand, autour d’une trentaine de mètres de diamètre. Ses eaux cristallines laissent voir des carpes géantes, des tilapias et des anguilles. Considérés comme sacrés, ils réaliseraient les vœux. Les visiteurs peuvent les nourrir avec du pain pour pouvoir mieux les observer. En effet, ils viennent à la surface pour gober les morceaux de pain. Il est strictement interdit de s’y baigner ou d’y pêcher.

Les mardis et les jeudis ont lieu les cultes. Ceux qui y viennent pour faire des vœux peuvent y aller seuls ou avec les officiants. Ceux qui font des offrandes peuvent également donner de la viande de zébu aux poissons.

L’endroit appartient à la famille Tsiranana, qui laisse l’usage du lac à la population locale. Par ailleurs, des officiants pour les cultes et offrandes issus de la population locale sont également inclus parmi les gestionnaires du site. L’argent collecté sert aussi à l’entretien et à l’amélioration du site. Il y a quelques mois, des poissons y ont été retrouvés morts causant une grande émotion chez les adeptes de l’animisme. Plus tard, une explication scientifique a été donnée, ce qui a calmé les inquiétudes. Il y avait un restaurant, Kalotody, portant le nom de la première dame de la Première République. Son existence permettait une excursion familiale à la journée, mais il est aujourd’hui à l’abandon.  Ce site fait partie des sites culturels et cultuels de Mahajanga et mérite une attention particulière du ministère de tutelle, ne serait-ce que pour le musée de dadabe Tsiranana. En effet, en plus de la légende du lac, le musée permet de faire connaitre le premier Président malgache et un pan de l’histoire de Madagascar.

Vanessa

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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