Publié dans Sport

Athlétisme – Meeting de La Réunion - Ralisy bloquée à l’aéroport, la FMA pointé du doigt

Publié le mercredi, 26 novembre 2025

Une affaire qui expose encore les magouilles de la Fédération. 

Une humiliation de plus pour le sport malagasy… et un scandale qui met une nouvelle fois la Fédération malagasy d’athlétisme (FMA) face à ses incohérences.

L’athlète malagasy Ralisinirina Marthe, dite Ralisy, devait représenter Madagascar ce samedi 29 novembre au Meeting de La Réunion et de l’océan Indien à l’Étang-Salé. Mais la sprinteuse n’a jamais quitté le sol malagasy. Elle est restée bloquée mardi au comptoir d’enregistrement d’Ivato, alors que ses coéquipiers embarquaient sans difficulté. 

Un billet “annulé” à la dernière minute

Contactée peu après l’incident, Ralisy explique qu’elle disposait d’un visa en règle, mais que son billet a été invalidé, son nom ne figurant plus sur la liste des passagers.

« Air Austral m’a confirmé que le problème ne venait pas d’eux », indique-t-elle, encore choquée.

Rapidement, des publications sur les réseaux sociaux accusent la FMA d’avoir retiré elle-même le billet de l’athlète. Une accusation que la Fédération rejette, mais qui interroge. Un visa ne peut être obtenu sans billet confirmé, ce qui signifie que le billet de Ralisy était bel et bien valide au moment du dépôt de sa demande. Comment un billet confirmé et utilisé pour l’obtention d’un visa pourrait-il être “inexistant” le jour du vol ?

La version fragile de la Fédération

Interrogé hier, le président de la FMA, Dominique Raherison, s’est empressé d’écarter toute responsabilité.

« La Fédération n’a ni le droit ni la capacité d’annuler un billet », assure-t-il.

Selon lui, cinq athlètes dont Ralisy ont été sélectionnés par la FMA et validés par le ministère. Les billets, émis par les organisateurs réunionnais, auraient tous été conformes.

Sauf que le président admet un élément troublant. La liste envoyée à la compagnie le jour de l’embarquement contenait neuf noms malagasy, alors que la liste officielle n’en comptait que six (cinq athlètes et un accompagnateur qui est le chef délégation).

Trois individus supplémentaires, dont l’identité reste inconnue, se seraient donc glissés dans la délégation.

« Ce sont peut-être ces passagers non prévus qui ont entraîné des ajustements et l’annulation du billet de Ralisy », avance timidement le président.

Un «ajustement», qui tombe curieusement… sur l’athlète pour laquelle le ministère et plusieurs personnalités s’étaient mobilisés.

Une mobilisation exceptionnelle  finalement réduite à néant. Le cas de Ralisy avait pourtant fait l’objet d’une chaîne de solidarité peu commune, résolution express de son problème de passeport grâce à la Police nationale ; visa obtenu sans difficulté ; prise en charge totale (billet, hébergement, équipements, argent de poche) par les organisateurs de La Réunion ; soutien du ministre de la Jeunesse et des Sports, du député Tafs Ramahafadrahona et de plusieurs personnalités.

Tout était prêt. Tout était validé.

Jusqu’à ce que son billet «disparaisse» mystérieusement. Accusations de sabotage et perte de crédibilité.

Selon Soa de Valiha, très suivie dans le milieu sportif, la Fédération aurait « délibérément fait annuler » le billet de l’athlète. Elle dénonce des agissements qui « détruisent l’avenir des jeunes » et affirme que les partenaires étrangers « ne font plus confiance » à la Fédération.

Que la version soit exacte ou pas, la FMA n’apporte aucune explication solide. Comment trois personnes inconnues se retrouveraient-elles sur une liste officielle ? Qui les a ajoutées? Pourquoi seule Ralisy, dont le billet était validé pour son visa, a-t-elle été bloquée ?

Pourquoi aucune procédure d’urgence n’a été déclenchée pour lui permettre de voyager ?

Un nouvel épisode d’un mal profond

Ce scandale ravive les critiques contre une Fédération régulièrement accusée de favoritisme, opacité et gestion catastrophique.

Il illustre aussi les obstacles absurdes auxquels les athlètes malagasy sont confrontés pour participer à des compétitions internationales… même à 800 km de chez eux.

Pendant que ses coéquipiers s’aligneront ce samedi à l’etang-Salé, Ralisy, elle, restera à Madagascar victime d’un système où la transparence semble être la grande absente.

Elias Fanomezantsoa 

 

Fil infos

  • Mpox - Madagascar sous surveillance sanitaire de ses îles voisines
  • Polyclinique Ilafy - Des mesures temporaires évoquées par le gouvernement pour les patients dialysés
  • Prime à la HCC - Le ministère de l’Économie et des Finances clarifie
  • Haute Cour constitutionnelle - Les primes de la honte 
  • Message du nouvel an - « C’est en mon âme et conscience que j’ai fait le choix de m’écarter » dixit Rajoelina 
  • Pillage au port de Toamasina - 14 véhicules du Groupe Sodiat emportés
  •  Refondation - « Halte à l’infantilisation ! » dixit le cardinal Tsarahazana 
  • Service public - 65 000 agents accéderont au statut de fonctionnaire
  • Polyclinique Ilafy - Arrêt des séances d’hémodialyse
  • Administration publique - Relance de l’intégration des agents non encadrés de l'Etat 

La Une

Pub droite 1

Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

A bout portant

AutoDiff