Publié dans Economie

Taxation à 20% du bondillon - « Les ménages malagasy ne pourront pas supporter une hausse du prix des savons »

Publié le mercredi, 13 octobre 2021

19 Industries du savon utilisant les bondillons, dont 12 regroupées au sein du Collectif des bondillonneurs, entament une campagne actuellement contre la hausse de 20% de la taxe douanière. Cette taxe de 20% voulue par le Syndicat des Industries de Madagascar (SIM) dans la Loi de finances initiale PLFI 2022. Le directeur commercial de Savon Seim, Salim Dramsy, membre de ce Collectif, nous a accordé un entretien pour donner son avis.

La Vérité (+) : Qu’est-ce qu’un bondillon de savon ?  

Salim Dramsy (=) : « Le bondillon, c'est de la pâte à savon réduite en copeaux, pellets, soap noodles. »

(+) : Le bondillon est un produit semi-fini ou fini ?

(=) : « Le bondillon est un produit semi-fini nécessitant une dernière transformation (valeur ajoutée : eau, parfum poudré de titane glycérine) nécessitant un apport humain et mécanique.

Les unités de transformation de bondillons de savons sont classées comme une industrie.

Je tiens à souligner encore une fois que les bondillons de savon sont destinés spécifiquement aux industriels. Ils ne peuvent pas être utilisés directement par les ménages car ils doivent subir différentes étapes de préparation et de transformation industrielles comme je l'ai susmentionné.

Certes, les bondillons subissent des étapes préliminaires de la fabrication avant l’importation, et c'est sur cette étape que tablent les saponificateurs membres du SIM, mais les bondillons ne pourront pas être mis sur le marché directement. Concrètement, ces granulés ne pourraient pas servir de savons de ménage ou encore de savons de toilette. »

(+) : Quels seraient les avantages d'une taxation à 10% ?

(=) : « Le plus important c'est celui de maintenir les prix à la portée de toute la population.  Les ménages malgaches ne pourront pas supporter une hausse du prix des savons.

Et puis c'est le fait de pouvoir se maintenir sur le marché et de pouvoir garder cette part du marché face aux savons finis en provenance des pays membres des communautés commerciales telles que la COI et le COMESA ; savons finis qui bénéficient d’un droit de douane à 0%. Il ne faut pas également oublier qu’à l’instar de l’huile, du sucre, le savon fait partie des produits de première nécessité.»

(+) : Quid alors de la protection des industries locales ?

(=) : « La question ne doit pas se poser car nous sommes des industriels locaux, nationaux aux nombres de 12 Usines de transformation bondillons dont 3 à  Majunga, 2 à Tamatave, 2 à Fort Dauphin, 1 à Tuléar, 1 à Antsirabe et 3 à Antananarivo.

Les personnels et mains-d’œuvre locaux sont mobilisés pour le fonctionnement de ces industries locales, industries formelles avec respects des obligations sociales et légales, (selon

la loi n°2017-047 du 29/01/2018 sur le développement de l’industrie).»

(+) : On dit que les importateurs de bondillons sont privilégiés au détriment de ceux qui importent des matières premières ?

(=) : « C'est faux. Nos matières sont actuellement taxées à 10%, celles de nos protagonistes à 5%, et les savons finis importés (COMESA/COI /SADC) sont à 0% de taxes. »

(+) : Dans quelle mesure la modification des taxes influence-t-elle le développement des industries locales ?

(=) : « Avec une hausse de 20% sur les bondillons, dans un premier temps nous seront contraints d’augmenter les prix (ce qui est contraire aux efforts mener par l’Etat) ou tout simplement fermer les portes, et éventuellement importés les savons finis des pays du COMESA/SADC/COI. Ce n’est pas certainement l’objectif pour tout le monde. D’autant plus que la fermeture d'usines va à l'encontre de la vision du Président de la Rébublique 1 district= 1 usine.

A savoir 36000 tonnes de notre besoin, 70% de savons commercialisés proviennent de ces usines de transformation de bondillons. »

(+) : Si les mesures actuelles sont maintenues, qu’est-ce-que cela apporte à votre activité et aux consommateurs ?

(=) : « L’existence des issus de ce procédé a élargi le choix des consommateurs tout en augmentant significativement la production nationale de savon. Vu les niveaux du pouvoir d'achat des ménages malagasy, ces savons sont à la portée de toutes les bourses. »

(+) : Quelles solutions proposez-vous pour que les protagonistes dans cette affaire de bondillons trouvent chacun leur compte ?

(=) : « Je pense que les industriels du savon nationaux doivent chacun garder leur part de marché. Actuellement, on favorise considérablement les savons importés avec 0% de taxe douanière.

Les industriels du savon malagasy doivent également unir leur voix en vue de lutter contre ces importations à 0% de taxes. Ce sont nos adversaires principaux.

Je tiens à signifier ici que les usines de transformation de bondillons utilisent des procédés de fabrication plus allégés, avec des équipements modernes, moins polluants.

Nous avons opté pour l'adoption des stratégies de production plus compétitives pour permettre à la population de disposer des produits répondant à nos besoins et aux exigences des normes requises par le ministère du Commerce. »

La Rédaction

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Editorial

  • Un front de trop !
    Alors que les dirigeants du pays s’affairent à affronter l’urgence sanitaire et l’urgence de la reforestation, deux urgences nationales, voilà qu’une troisième urgence nationale pointe son nez : la montée des eaux. Bref, le régime se trouve en face de trois fronts de guerre qu’il faille attaquer en simultané. Evidemment, il faut avoir la tête posée et les reins solides. En somme, c’est l’avantage pour un pays d’avoir un dirigeant jeune en pleine possession de ses facultés intellectuelles et physiques.

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