Publié dans Economie

Délestage et route délabrée - Les petites et moyennes entreprises en souffrance

Publié le vendredi, 15 août 2025
Garder la tête hors de l’eau relève de l’exploit pour cette entrepreneure Garder la tête hors de l’eau relève de l’exploit pour cette entrepreneure Crédit photo : fourni

Désolant, dans un contexte où certains projets de modernisation comme le téléphérique alimentent l’image d’un pays en mouvement, la réalité quotidienne de nombreux entrepreneurs reste marquée par des obstacles les plus basiques. Ny Tsiky Tianarimanjaka, fondatrice de Nys Madagasikara SARLU, en sait quelque chose. Son entreprise de fabrication de savon, qui avait commencé à se développer, est aujourd’hui paralysée par les coupures d’électricité récurrentes. « Ces coupures de courant nous ont coûté nos machines neuves importées de Chine, détruites après seulement trois mois d’utilisation », raconte-t-elle. Chaque panne impose des dépenses imprévues. On peut mentionner les moteurs à remplacer, la production à l’arrêt, des commandes annulées,... Les finances sont aussi pénalisées par les impôts et autres cotisations, sans parler des réparations incessantes.

 

Par ailleurs, la logistique n’est guère plus clémente. Effectivement, sur la RN 2, artère vitale pour leurs livraisons, les routes dégradées provoquent des pannes, retards et détérioration des marchandises. Les agriculteurs partenaires voient également leurs produits se perdre en chemin, faute de pouvoir atteindre les lieux de transformation à temps. Ressorts cassés, pneus éclatés, camions immobilisés… chaque livraison devient un pari risqué où le temps et l’argent se consument ensemble. Dans ces conditions, garder la tête hors de l’eau relève de l’exploit pour cette entrepreneure qui, malgré tout, refuse de baisser les bras.

 

Optimisme

 

Pourtant, des signaux positifs émergent çà et là, laissant entrevoir la possibilité d’un avenir meilleur pour les petites industries. Des initiatives comme le programme « One District One Factory » (ODOF) encouragent l’implantation d’unités de transformation modernes à travers le pays, créant ainsi des emplois et stimulant l’économie locale. Dans plusieurs Districts, des usines spécialisées dans la transformation de produits agricoles comme le miel, l’arachide et les fruits, montrent qu’avec un équipement fiable et un accompagnement solide, il est envisageable de bâtir un tissu industriel viable. Ny Tsiky Tianarimanjaka voit dans ces modèles une source d’inspiration : « Si auparavant, on avait l’accès à ce type de soutien, on pourrait pu aisément développer notre activité plus vite ». L’Etat parle également d’améliorer les infrastructures avec des projets de routes rapides et de modernisation énergétique. Mais ces promesses se heurtent à la lenteur des réalisations car la compagnie nationale d’eau et d’électricité (JIRAMA) reste fragilisée par ses dettes, les routes demeurent meurtries, et la saison des pluies efface souvent les efforts de réhabilitation. L’optimisme est permis, mais il reste suspendu à condition que les chantiers de modernisation ne soient pas seulement des vitrines, mais des outils concrets au service de ceux qui, comme Ny Tsiky, portent à bout de bras la croissance réelle du pays.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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