Publié dans Editorial

Lâcheté manifeste !

Publié le mercredi, 08 novembre 2023

Le « Rova d’Antsahadinta » prit feu. La case de Rabodozafimanjaka, l’une des épouses du grand roi de l’Imerina Andrianampoinimerina, a été la proie de la braise. Elle a été réduite en cendres.

Du coup, en quelque minutes, l’un des témoins vivants de l’Histoire de l’Imerina et par extension de celle de Madagasikara disparait tragiquement. Le « Rova d’Antsahadinta » fait partie intégrante du patrimoine national que chacun d’entre nous a le devoir sacré de garder intact comme la pupille de notre œil. 

Evidemment et incontestablement, oser mettre le feu sur l’un des berceaux de la royauté Merina relève du fait d’un lâche. Un acte de lâcheté manifeste. On voulait détruire, à jamais, ce « joyau », l’un des trésors  de l’Histoire nationale.

Andriamangarira, petit-fils d’Andriamasinavalona, roi de l’Imerina Enitoko, fondait vers 1725 une cité sur un site réputé infesté de sangsues (dinta) qui devint par la suite le siège de son royaume. Antsahadinta, nichait au sommet de l’une des douze collines entourant Analamanga. Elle joue à ce titre un rôle stratégique pour sécuriser le Rova d’Analamanga,  la Cité des Mille. Andrianampoinimerina, fin stratège, érigeait des postes de contrôle et de garde sur les « Douze collines » environnantes (Vohitra roambinifolo). Et pour conforter ce rôle stratégique, le grand roi installa à chaque colline une épouse royale. Lesdites collines sont, de la sorte, considérées comme des sites sacrés. Ainsi, à Antsahadinta vers le début du XIXème siècle habitait Rabodozafimanjaka,  une de ces épouses que le souverain chérissait beaucoup. Elle est la fille d’Andriantsiramanjaka, roi d’Alasora. Et la case de cette épouse aimée de son époux de roi a été la proie d’un terrible incendie.

Dans tout Madagasikara existent des sites sacrés, témoins de l’Histoire nationale. Des « Tranobe » ou « Lapabe » où vivaient les Ampanjaka dont certains de leurs descendants directs y élisent domicile encore jusqu’à nos jours. Le « Rova Manjakamiadana », Palais de la Reine, baptisé aujourd’hui « Rovan’i Madagasikara » incarne le passé auréolé par la souveraineté nationale. Incendié en 1995, le domicile des souverains merina et par extension de la Grande île, dû attendre l’arrivée au pouvoir en 2018 d’un certain Rajoelina Andry Nirina pour renaître de ses cendres.

L’acte criminel animé d’une volonté de détruire le patrimoine national par le feu relève d’un geste de trop qui traduit une lâcheté sans nom. Partout ailleurs, dirigeants et citoyens manifestent leur ferme volonté à protéger et à défendre l’intégrité du patrimoine de l’Histoire, grand « H ». Le Palais de Versailles tout comme le Buckingham Palace sont des lieux strictement sécurisés. Toute tentative d’attenter à la « vie » de ces Palais est sévèrement punie par la loi.

A Madagasikara, par des gestes irresponsables sinon inconscients, on a tendance à réduire à néant les témoins de l’Histoire. Doit-on rappeler le célèbre adage « Un pays sans Histoire est une Nation sans âme ! »

Le « Rova d’Antsahadinta » s’inscrit tout droit dans la ligne de l’Histoire de l’Imerina. Et quand on ose mettre le feu à l’endroit de ce site sacré, on veut, quoiqu’on dise, atteindre la dignité du roi qui fut à l’origine de l’unité territoriale de la Grande île. Il s’agit ni moins ni plus d’une lâcheté manifeste.

 

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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