Publié dans Editorial

Sous-pression !

Publié le mardi, 02 décembre 2025

Soixante jours ! Telle  est la durée de la consigne (militaire) donnée au Gouvernement nouvellement installé par le Chef de l’Etat, le colonel Michaël Randrianirina, assurément avec le consentement des quatre officiers supérieurs avec rang de Président, Hauts conseillers de la République, le colonel Lucien Rabearimanana, le médecin – colonel Manantenasoa Marcellin Zafitasondry Manuelson, le colonel Solofoniaina Rampanarivo et le lieutenant - colonel Gervais Andriamiarisoa. Aujourd’hui, on entame les trente derniers jours. Dans l’Armée, « on obéit d’abord, on discute après ». Et Dieu seul le sait si on aura le temps de discuter après !  Sous la menace de l’épée de Damoclès, sur leur tête, les ministres risquent fort de travailler et d’agir sous pression.

Pour un membre de Gouvernement nouvellement nommé, qu’est-ce qu’on peut réaliser en soixante jours ? La tradition républicaine universellement admise, du moins dans les  pays ayant un solide ancrage de la démocratie, on se donne le timing d’accorder les 100 premiers jours de grâce à un nouveau dirigeant pour qu’il fasse ses preuves. Aucune critique ni remarque négative n’est admise durant cette période de 100 jours. Opposition et opinion publique s’interdisent à émettre quoi que ce soit qui puisse remettre en cause les décisions et actions entreprises. Passé ce délai de grâce, les 100 jours, le nouveau dirigeant doit s’attendre à tout !

La période de test de deux mois passée, le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’Etat, a été net et clair, les ministres vont être évalués selon les résultats de leurs actes. Mais, la pertinente question qui irrite les analystes : « qu’est-ce qu’on peut faire en soixante jours ? »  Les dirigeants militaires au sommet de l’Etat auraient dû être beaucoup plus précis à travers cet « ordre » ! La crainte des travaux bâclés ou bachotés hantent les esprits des observateurs.

Certains points incontournables attendent obligatoirement un nouveau ministre qui débarque dans un département donné : la mise en place des proches collaborateurs sans quoi il ne pourrait avoir les coudées franches dans tout ce qu’il entend entreprendre. En même temps, il lui faudra avoir en main  l’état exact de la situation du département : des urgences à considérer, les travaux effectués, les nouvelles mesures à prendre, … Continuité oblige ! Le premier mois sera pris pour ces premières dispositions. Il reste le second pour démarrer les actions. Encore faudrait-il avoir les capacités techniques et intellectuelles d’agir efficacement  dans la célérité et dans le temps imparti. Ce qu’il fallait démontrer ! 

On aurait dû accompagner le timing du Chef de l’Etat par des éléments complémentaires permettant aux « candidats » d’avoir une large vision de ce qui les attend. Nous estimons qu’il fallait poser un minimum requis dans les deux mois imposés. Entre autres, les ministres seront jugés par le fait qu’ils ont pu jeter les bases solides des axes du travail s’inscrivant dans la dynamique du renouveau qui reflète le changement tant attendu au pays.

Selon les termes du Chef de l’Etat, le colonel Michaël Randrianirina, tout membre du Gouvernement dont les résultats des tests de deux mois ne donnent pas satisfaction ne fera plus partie de l’équipe pour la prochaine étape. Là encore, les critères du test doivent être clairs et transparents pour tous y comprise l’opinion publique.

Ndrianaivo

 

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Editorial

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