Publié dans Politique

Insécurité - Montée inquiétante des cas de féminicide

Publié le mardi, 03 mai 2022


Une série noire qui provoque la paranoïa chez la gent féminine. Jamais, on n’a enregistré une telle explosion de cas de féminicide dans le pays que ces derniers jours. En l’intervalle d’une semaine, au moins quatre femmes, toutes encore dans la fleur de l’âge, ont succombé entre les mains de criminels dans plusieurs villes du pays. Détail à la fois consternant et intrigant : les tueurs échappent toujours à la Justice, du moins pour le moment. Un des cas les plus récents et sans doute, l’un des plus horribles, la découverte du corps sans vie d’une jeune femme de 25 ans sur un terrain vague d’un endroit mal famé d’Anosikely à Morondava, jeudi dernier dans la matinée. Il s’agit d’une préposée d’un cash-point local et qui avait été poignardée dans ses points vitaux. En revanche, le tueur n’a pas touché au sac appartenant à la victime, sac à l’intérieur duquel se trouvaient surtout des cartes de recharge pour téléphonie mobile.
Autre scène d’horreur, celle qui était survenue lundi dernier à Belo-sur-Tsiribihina. Cette fois-ci, ce fut une jeune fille de 17 ans, enceinte de 5 mois, qui a payé de sa vie la folie meurtrière qui s’était emparée d’un militaire ivre de la 510e compagnie locale. Car dans son état, le caporal en cause, avant qu’il ne s’en soit pris de cette manière à sa victime, avait d’abord déchargé le magasin de son arme en tirant en l’air, semant ainsi la peur et la panique générale. Loin de se contenter de cela, il a par la suite empoigné la jeune femme par ses cheveux jusqu’à un dortoir où il l’avait obligée à s’agenouiller avant d’ouvrir le feu sur celle-ci. Le projectile a pénétré un point situé au niveau de l’épaule avant qu’il ne ressorte du côté de sa poitrine, occasionnant une vilaine blessure sur le sein. D’après une source d’information locale, pour se dédouaner auprès de son supérieur hiérarchique, le caporal meurtrier aurait argué avoir éliminé un dahalo, induisant ainsi en une grossière erreur son chef adjudant.
Actes inhumaines
A Ambatondrazaka le samedi dernier, le sort réservé à une mère de famille de 35 ans, vendeuse ambulante de charbon, a été sans doute aussi le plus dramatique d’entre tous. Elle avait été assassinée de façon inhumaine alors qu’elle allait regagner son foyer à Ilafy et ce après un achat au marché local. Non seulement, les assassins l’avaient violée mais ils s’étaient acharnés également sur elle avec un couteau avant qu’ils n’aient jeté son corps dans une fosse, lequel n’a été retrouvé qu’il y a à peine quelques jours. Dimanche dernier, des assassins ont ôté la vie à une jeune étudiante de 25 ans en paramédical à Mahajanga. Daignant à utiliser des armes telles qu’un fusil ou un couteau, les assassins ont achevé la victime en la rouant de coups jusqu’à ce que mort s’ensuive. Comble de l’horreur et de cynisme de leur part, ils ont mis le cadavre dans un sac qu’ils ont ensuite jeté dans un dépotoir du quartier de Mangarivotra. A la différence des autres meurtres, l’enquête sur celui de l’étudiante originaire de Maroantsetra semble évoluer. Aux dernières nouvelles, des suspects auraient été arrêtés.
Quoi qu’il en soit, ces différentes agressions aux issues mortelles contre les femmes ne manquent pas d’interpeller au sein de l’opinion publique. D’ailleurs, l’on s’étonne que les associations de protection de femmes ne sortent pas du silence pour condamner cette montée inquiétante des cas de féminicide. Car il n’y a pas d’autres termes pour décrire ces actes inhumains, prémédités ou non, qui semblent cibler majoritairement les femmes. Force est d’espérer que les Forces de l’ordre soient déjà en alerte pour mettre fin à cette série noire et interpeller les coupables qui doivent recevoir les peines adéquates.
Franck R.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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