Au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, les portillons ont été littéralement pris d’assaut. Une véritable ruée vers les postes de chef de Région a été observée ces dernières 72 heures, alors que se pressaient les candidats déterminés à déposer leur dossier.
Pour rappel, après que la nomination des gouverneurs de l’ancien régime a été abrogée en Conseil des ministres, un appel à candidatures a été ouvert par le ministère pour pourvoir les 24 postes régionaux. Grâce au communiqué diffusé la semaine dernière sur les réseaux sociaux, l’information a été portée à la connaissance du grand public. La période de dépôt s’est achevée, hier à midi. Mais les files d’attente ont continué à s’étirer bien après cette heure. Aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué et aucune date de publication des résultats n’a été annoncée. La suite du processus n’est d’ailleurs généralement pas encore connue.
Selon les critères énoncés, un Bac+4 constitue le minimum requis. Les postulants doivent être de nationalité malgache, titulaires d’un diplôme équivalent et capables de justifier au moins cinq ans d’expérience dans la gestion publique ou le développement régional. L’intégrité, le leadership et la maîtrise des outils de planification sont exigés, tandis que la gestion budgétaire et la coordination intersectorielle doivent être maîtrisées. La connaissance du cadre juridique de la décentralisation ainsi que des mécanismes de coopération entre l’Etat et les collectivités est également attendue. Des profils dotés d’une moralité irréprochable et d’un véritable sens du service public sont recherchés. Les futurs chefs de Région devront aussi démontrer leur capacité à dialoguer, à mener des médiations et organiser des concertations.
Anciens et actuels hauts fonctionnaires, administrateurs civils en quête de promotion, opérateurs économiques désireux d’accroître leur influence et personnalités de la société civile ambitionnant un rôle renforcé, font vraisemblablement partie de ces candidats. L’affluence montre en tout cas que le poste conserve un prestige certain. Le pouvoir sur un budget, la coordination des services déconcentrés et la mise en œuvre des priorités gouvernementales sont autant de motivations probables pour les postulants.
Notons que l’annonce d’un appel à candidatures pour ces postes a été accueillie avec un brin de surprise par certains observateurs. D’une part, la Constitution stipule que les chefs de Région doivent être élus. D’autre part, les autorités actuelles avaient vivement critiqué leurs prédécesseurs pour avoir maintenu la nomination des gouverneurs.
Une explication plausible serait que cette option a été privilégiée pour s’inscrire dans la politique d’austérité annoncée, notamment alors que des élections sénatoriales doivent être organisées. Pour un certain nombre d’analystes ce processus d’appel à candidatures est utilisé pour recomposer discrètement l’équilibre territorial au profit du pouvoir central, malgré les promesses de rupture, et éviter toute accusation de népotisme ou de copinage.
Outre les chefs de Région, d’autres postes dans les hauts emplois de l’Etat font également l’objet de l’appel à candidatures. Les fonctions de directeur régional de l’Education nationale, notamment, sont ouvertes depuis le lancement d’un appel daté du 13 novembre dernier.








