Publié dans Politique

« Perquisition » avec violence - Les parents d’une haute conseillère Constitutionnelle torturés

Publié le dimanche, 30 novembre 2025

Les faits rapportés hier par une haute conseillère Constitutionnelle de Madagascar sont graves. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux personnels, elle raconte l’intrusion violente dont ont été victimes ses beaux-parents à Ambohidrabiby dans le nord-est de la Capitale.

« En ce 1er dimanche de l’avent (…) vers midi, six personnes cagoulées sous l’ordre de ‘mon capitaine’ au téléphone ont surgi chez mes beaux-parents pendant leur déjeuner dominical », écrit-elle. Selon elle, les hommes ont fouillé la maison à la recherche de « fameux milliards d’Ariary ».

La haute conseillère décrit ensuite des violences physiques particulièrement graves. « Ils ont roué de coups leur invité (celui des parents, ndlr). (…) Déçus de leur mésaventure, ils ont volé tout ce qu’ils ont pu (chaussures, téléphones, parfum et billets destinés à l’offrande), et ont finalement décidé de torturer mes beaux-parents âgés de 73 ans en les aspergeant de pétrole lampant et en les brûlant, en amputant leur doigt avec une pince, en espérant qu’ils avoueraient où se trouvaient leur rêve de richesse », raconte cette membre de la Haute Cour constitutionnelle (HCC).

Heureusement, poursuit-elle, ses beaux-parents « vont bien malgré quelques blessures » après examen médical. Elle conclut son message par un ton à la fois ironique et moraliste : « Peut-être faudrait-il que vous demandiez au Père Noël de mettre vos rêves de centaines de milliards d’Ariary sous le sapin… et j’espère que la lumière de Noël commencera à illuminer enfin cette noirceur dans l’âme de certains, notamment ceux qui ont inventé ce mythe et l’ont propagé sur les réseaux. »

Le fameux grenier

Selon des informations complémentaires, les faits se seraient déroulés alors que les victimes revenaient d’une messe, avec des invités. Les six hommes en treillis ont fait intrusion dans la résidence, sans mandat aucun, et ont exigé de savoir où se trouvaient ces sommes. L’un des assaillants, choqué par la barbarie de ses pairs, se serait levé pour s’opposer aux violences et a demandé à ce que l’opération cesse.

Il est à noter que ce domicile avait déjà été perquisitionné le 13 novembre dernier dans le cadre d’une enquête pour « atteinte à la sûreté intérieure du pays ». Durant cette perquisition, les officiers avaient déjà demandé où se trouvait le grenier de la maison, mais n’avaient pas pu y accéder pour cause de délestage. Hier, ceux qui ont pénétré le domicile auraient également demandé où était ce fameux grenier, et ont pu y accéder sans pour autant y trouver quoi que ce soit.

Pour rappel, le domicile du membre de la HCC dont il est ici question, épouse de l’ancien secrétaire général adjoint de la Présidence, avait également été perquisitionné de manière musclée il y a quelques semaines. En tout cas, suite aux événements d’hier, une plainte a été déposée auprès de la Brigade criminelle. Des éléments de la Gendarmerie sont déjà descendus sur place après les violences pour faire les premiers constats.

Notons que ce n’est pas le premier cas de « perquisition » ou quel que soit le nom donné à ce genre d’actes violents qui se sont déroulés depuis un mois et demi. Pour ne citer que le cas de ce qui s’est passé au domicile de quelques sénateurs, de personnalités, ou encore d’une société du groupe Sodiat à Talatamaty. Ces cas s’étaient toutefois tassés ces derniers temps avant ce retour violent.

La Rédaction

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Editorial

  • Logique des faits
    La CENI change de main. Andrianarisedo Dama cède la place à Rakotonarivo Thierry. En effet, poussé par la logique des faits qui prévalent en ce moment, l’ex- président de la Commission électorale nationale indépendante Andrianarisedo Dama admet lui-même que son départ de la tête de l’institution relevait d’une évidence … inévitable ! Rakotonarivo Thierry, administrateur civil de son état et vice-président nouvellement élu de la CENI, succède ainsi à Andrianarisedo Arsène Dama Retaf, magistrat de carrière qui, en fait, a présenté sa démission. Les postes des membres du bureau permanent ont aussi subi des changements de titulaire. En gros, un grand remue - ménage s’effectue au sein de cette entité en charge des élections et de référendum à Madagasikara. Un changement « exigé » par le vent nouveau qui souffle depuis les manifestations des jeunes du 25 septembre. Etant membre désigné pour le quota du Président de la République à…

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