Publié dans Politique

Coronavirus à Madagascar - 12 cas avérés - Etat d'urgence déclaré - Confinement pour Antananarivo et Toamasina - Arrêt des transports en commun

Publié le dimanche, 22 mars 2020

Afin de restreindre les déplacements et contrer la propagation du coronavirus, le Président de la République de Madagascar a ordonné hier un confinement général du pays. La mesure démarre dès ce lundi 23 mars matin.

 

Les Malagasy s'apprêtent à leur tour à vivre confinés. Le Président Andry Rajoelina a annoncé, hier tard dans la nuit, un confinement du pays, après avoir enregistré une hausse du nombre de malades du nouveau coronavirus. 3 cas avaient été enregistrés vendredi dernier lors de la dernière adresse à la Nation du locataire d'Iavoloha. Le pays compte désormais 12 cas identifiés. Les 9 nouveaux cas sont des passagers en provenance de la France, arrivés au pays la semaine dernière, dont 7 ressortissants malagasy et deux étrangers, qui sont pris en charge au niveau des hôpitaux. Aucun décès dû au nouveau coronavirus n'a été enregistré, a indiqué le Chef de l'Etat. Martelant la nécessité pour tous de se fier uniquement aux informations officielles, il appelle à cesser la diffusion de fausses nouvelles. Il rassure sur la transparence de l'Etat dans la gestion de la pandémie.

Le confinement sera en vigueur à partir de ce jour et jusqu'au 5 avril, a indiqué le Chef de l'Etat lors d'une allocution télévisée hier. « A partir de demain (ce jour, ndlr), chacun doit rester chez soi », a indiqué le Président. De nombreuses mesures doivent être prises pour accompagner cette décision. Tous les transports en commun dans la Capitale ainsi que les transports qui relient Antananarivo aux Provinces sont suspendus. Seuls les transports de marchandises à travers toute l'île sont autorisés. En outre, des barrières sanitaires seront mises en place aux sorties d'Antananarivo et des autres grandes villes de Madagascar pour permettre le suivi de l'état de santé des personnes qui se déplacent dans les régions en voiture particulière, a poursuivi Andry

Rajoelina.

Le Président a indiqué que les commerces à savoir les supermarchés, les grossistes et les épiceries resteront ouverts. Les marchés de fokontany sont également autorisés à ouvrir leurs portes, mais uniquement de 6h et 12h. Le Chef de l'Etat précise toutefois, qu'une seule personne par famille est autorisée à aller faire les courses. Le Président a affirmé que les secteurs vitaux, tels que les pharmacies, les stations d'essence, les banques, mais

également la compagnie de distribution d'eau et d'électricité, la voirie, les sociétés de télécommunication, les médias, continueront à travailler. Les secteurs de la santé, la justice et les forces de l'ordre resteront ouverts aux contribuables.

Couvre-feu

Madagascar, qui a déjà fermé ses frontières maritimes, terrestres et aériennes, sera à partir de ce jour sous le coup d'un couvre-feu de 20 h à 5 h du matin. Une organisation interne sera prise par chaque entreprise privée pour permettre son fonctionnement, mais conformément à l'organisation édictée par les ministères. Ces mesures s'appliquent à Antananarivo et Toamasina. Pour les autres grandes villes, des mesures seront prises par rapport à l'évolution de la situation des personnes atteintes de la pandémie. La mise en œuvre de ces mesures sera effectuée communément par les gouverneurs, les préfets et les maires, ainsi que les Forces de l'ordre.

Le Président de la République rassure que des mesures seront prises pour maîtriser l'inflation et l'approvisionnement des commerces. Dans de nombreux fokontany des deux grandes villes, les Tsena Mora seront approvisionnés en produits de première nécessité, dès ce jour. Tous les responsables effectueront dès ce jour des descentes pour prévenir contre tout abus. En ces temps difficiles, le Président affirme qu'il tiendra un rendez-vous quotidien avec les Malagasy à 20 heures. Lui de conclure son message en appelant une nouvelle fois au respect des mesures édictées et à la solidarité des Malagasy pour prévenir la propagation de la maladie dans le pays.

Etat de nécessité sanitaire

Ces mesures viennent après que Madagascar a décrété l'état de nécessité sanitaire d'une durée de quinze jours à partir de samedi dernier. La décision a été entérinée en Conseil des ministres spécial qui s'est tenu au Palais d'Ambohitsorohitra le même jour. Le décret numéro 2020-359 du 21 mars 2020 est adopté dans ce sens. La nouvelle disposition ainsi prise comprend les applications strictes des mesures de confinement et de distanciation sociale, jugées déterminantes pour enrayer la propagation du COVID-19. Le contexte ainsi créé s'assimile à une situation d'exception.

L'état d'urgence sanitaire est destiné à faire face aux catastrophes sanitaires, notamment d'épidémie, mettant en péril la santé de la population. Le dispositif en soi, inédit car n'étant pas clairement prévu par la Constitution, est déclaré par décret en Conseil des ministres par rapport à la situation sanitaire liée à l'éventuelle progression du virus sur l'étendue du territoire. Aussi, l'état de nécessité sanitaire s'applique-t-elle dans toute l'île.

Par ce dispositif, les autorités obligent tous les passagers, sans exception, arrivés à Madagascar depuis quatorze jours à faire subir le test de dépistage de COVID-19. Des équipes multidisciplinaires incluant des médecins, paramédicaux, éléments des Forces de l'ordre, psychologues et assistants sociaux s'occupent de leur cas aux domiciles des concernés ou à des endroits prévus à cet effet. Ceci, afin d'identifier tout éventuel porteur sain de l'agent pathogène mais qui pourrait déjà contaminer les autres. Hier, le Président de la République a lancé un appel à l'endroit de tous les passagers ayant débarqué récemment dans la Grande île, à respecter l'engagement qu'ils ont pris de rester en confinement pendant 14 jours. Et lui de pointer du doigt le comportement irresponsable de quelques-uns d'entre ces passagers qui se hasarderaient encore à sortir de leur lieu de confinement.

Centre opérationnel COVID-19

La population en général est tenue de contribuer à la surveillance de ces « personnes ». Tout citoyen, proche ou simple connaissance ou encore tiers, est invité à signaler aux responsables tout déplacement non « conseillé » de celles-ci. Le numéro vert 911, joignable depuis n'importe quel opérateur de téléphonie, est créé à cette fin.

Partant, le Centre opérationnel COVID-19 installé au Mining Business Center à Maibahoaka Ivato sert de centre de coordination nationale de lutte contre la pandémie COVID-19  chez nous. L'appui de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Banque mondiale, qui a récemment attribué 3,7 millions de dollars pour renforcer la lutte, a permis l'acquisition d'équipements et de matériels nécessaires.

Toujours dans le cadre de l'état de nécessité, le Président de la République charge le Premier ministre, en vertu des dispositions de l'article 18 de la loi 91-011 du 18 juillet 1991 relative à la situation d'exception, de prendre des dispositions sur la circulation des habitants et véhicules, le contrôle de tout système de ravitaillement et la circulation des armes.

Le Premier ministre « assure la sécurité, la paix et la stabilité sur toute l'étendue du territoire national dans le respect de l'unité nationale, et, à cette fin, il dispose de toutes les forces chargées de la Police, du maintien de l'ordre, de la sécurité intérieure et de la défense », en termes de l'alinéa 9 de l'article 65 de la Constitution. Par ailleurs, l'article 61 de la Constitution prévoit les conditions de la déclaration de l'état de nécessité.

La Rédaction

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  • Cause toujours !
    Palabre par-ci ! Causerie par-là ! Décidément en face, de l’autre côté de la rive, on n’en finit pas de jacasser, de caqueter ou de papoter. De la cacophonie ! De l’énervement superficiel ! D’un semblant de colère d’un juste ! En réalité, on a la peur bleue d’être fauché à … jamais.Ravalomanana Marc en binôme avec Rivo Rakotovao s’agitent. Si le premier fut un ancien Chef d’Etat plutôt un président déchu, le second un futur ex-président d’institution. Entourés d’une cohorte de rapaces avides de proies faciles, ils font du bruit, du tapage inutile. Le tout donc dans un ensemble factice portant l’étiquette d’opposition. A Madagasikara, il n’existe pas d’opposition à proprement parler. On n’a que des ex de ceci ou d’anciens de cela ou encore des ratés qui gesticulent dans un but inavoué de récupérer, d’une manière ou d’une autre, quelque chose qui a échappé à la prise. Inaptes…

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