Publié dans Société

Tarissement des cours d’eau - Chute de la production des centrales hydrauliques

Publié le vendredi, 21 juillet 2023

Le manque de précipitations et la dégradation des forêts commencent à se faire ressentir sur les centrales hydrauliques. Le niveau des cours d’eau alimentant les centrales est au plus bas. Par conséquent, celles-ci ne peuvent plus assurer leur rendement optimal. Mantasoa, Andekaleka, Mandraka, Tsiazompaniry et Farahantsana sont touchés par ce phénomène.

Ainsi, la compagnie nationale d’eau et d’électricité (JIRAMA) doit recourir de plus en plus aux centrales thermiques dont le coût d’exploitation s’avère plus coûteux. Lors d’une descente sur plusieurs sites effectuée par le ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, Solo Andriamanampisoa, il a été constaté qu’effectivement, le recours au fuel lourd est inévitable. 

Pour que la force motrice de l'eau soit suffisante pour faire tourner la turbine d'une centrale hydroélectrique, il faut que le débit du cours d'eau soit assez important et que sa hauteur de chute soit assez élevée. Le débit correspond au volume d'eau qui s'écoule pendant une période donnée, en général une seconde.

Actuellement, afin de réduire les coupures, l’Etat a déjà mis en place une nouvelle stratégie qui consiste à transporter du fuel lourd vers les centrales thermiques. Par ailleurs, les centrales solaires dans certaines Régions ne fonctionnent qu’à moitié à cause d’un temps quasiment couvert. Celle d’Ambatolampy peine à produire 10 MW sur les 40 MW attendus.

Cette année, l’eau manque cruellement par rapport à l’année dernière. A titre d’illustration, selon le constat à Mantasoa qui alimente la centrale d’Andekaleka, il ne reste plus que 40.000.000 m3 de réserve d’eau utilisable. La période d’étiage a été avancée cette année et on ne peut utiliser que 10.000.000 m3 de cette réserve par mois, et ce, jusqu’au mois d’octobre. A la station de Mandraka, une différence de 7.000.000 m3 d’eau par rapport à l’année 2022 contraint également la JIRAMA à l’utilisation du fuel.

Une dégradation de l’environnement avancée comme cause

Cette situation s’explique par le changement climatique au niveau global et la diminution des précipitations. Mais cela est également dû aux agissements de l’homme, notamment les feux de forêt et la coupe des arbres, surtout sur les sites environnant les lacs et cours d’eau qui servent à alimenter les centrales hydrauliques. Privé d’ombrage et d’humidité ambiante, déjà faible en apport, l’eau s’évapore rapidement. Néanmoins, des reboisements et des sensibilisations ont été menés sur les sites sensibles afin de réduire l’impact de la sécheresse, mais tout cela n’est pas encore suffisant.

Effectivement, l’utilisation du carburant engendre des pertes conséquentes. L’indépendance en énergie dépend ainsi également de l’état de l’environnement. Et si l’on tient à ce que les centrales hydrauliques remplissent leur rôle, des solutions en amont devront être trouvées afin de servir comme des mesures d’accompagnement.

 

Nikki Razaf

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Editorial

  • Désagrément séculaire
    Antananarivo, la ville basse, vit tous les ans les difficultés humainement gênantes dues aux caprices des eaux en période de pluie. En 1610, quand le Roi Andrianjaka, le demi-frère d’Andriatompokoindrindra, se décida de déménager le chef-lieu de son royaume d’Ambohimanga, à Analamanga, il ne comptait pas, à jamais d’ailleurs, s’installer sur la vaste plaine de Betsimitatatra mais il choisit le site d’une colline hautement perchée surplombant ladite plaine. Un choix délibéré et assumé ! Notons qu’Analamanga n’était pas un lieu inhabité. A son arrivée, des occupants s’y installaient déjà : les Vazimba. Ces derniers y vivaient paisiblement. Au moment où les guerriers – éclaireurs envoyés par le souverain d’Ambohimanga frappèrent à la porte, les Vazimba, premiers occupants de la Colline bleue n’ont pas déployé de la résistance. Ils obtinrent en revanche l’assurance de pouvoir se déménager à Antehiroka.

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