Publié dans Société

Bactérie mortelle - Mahajanga, un point chaud à surveiller

Publié le lundi, 08 décembre 2025

Une bactérie dangereuse tue lentement la population. Une étude récente menée par des chercheurs au sein de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) met en lumière une exposition silencieuse de la population malagasy à la bactérie Burkholderia pseudomallei (Bp), responsable de la maladie infectieuse, appelée mélioïdose. Cette bactérie vit dans les sols et les eaux stagnantes des régions tropicales. Elle peut infecter l’homme par contact cutané, inhalation ou ingestion, provoquant des symptômes comme une simple fièvre jusqu’à des infections graves des poumons, du sang ou de plusieurs organes. Et ce, jusqu'à la mort. Malgré la gravité de cette maladie, très peu de cas officiels ont été diagnostiqués dans le pays. Elle restait largement méconnue.

A l'issue de cette étude, la séroprévalence la plus élevée a été observée à Mahajanga, avec 95 % des prélèvements. Deux agriculteurs originaires de Mahajanga ont réagi aux six antigènes. La recherche a permis de conclure que la région côtière de Mahajanga apparaît comme un point chaud d’exposition, confirmé par la détection de la bactérie dans l’environnement.

5.736 échantillons

Les chercheurs de l'IPM ont analysé 5.736 échantillons de sérum prélevés auprès de donneurs de sang sains, répartis dans six Régions de Madagascar, entre autres la côte ouest et les Hautes terres. Ils ont utilisé un test multiplex sur billes pour détecter des anticorps dirigés contre six antigènes des bactéries gram-négatives Bp. A Mahajanga, des prélèvements environnementaux, plus précisément au niveau des sols et des eaux de surface, ont été effectués.

Dans l’ensemble des échantillons, 6,7 % des prélèvements montraient une réactivité à au moins un antigène de Bp. La réactivité multi-antigène concernait 0,9 % des échantillons, et

0,3 % réagissaient pour trois antigènes ou plus. Le changement climatique pourrait accroître le risque de dispersion et d’exposition, rendant la surveillance environnementale et sanitaire d’autant plus cruciale. « Cette découverte bouleverse la perception selon laquelle la mélioïdose serait absente à Madagascar. Par conséquent, nous encourageons la surveillance épidémiologique, le diagnostic

clinique, ainsi que la sensibilisation des professionnels de santé et de la population », indique l'un des chercheurs de l'IPM. Lui de poursuivre : « Il devient urgent d’intégrer la mélioïdose dans les considérations de santé publique, d’investir dans des diagnostics adaptés, et de surveiller l’environnement afin de prévenir des cas graves, voire mortels, mais jusqu’ici invisibles ».

Anatra R.

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    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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