Publié dans Culture

Concert annulé à Mahavelona - L’artiste Wawa se fait lyncher par l’opinion

Publié le dimanche, 01 juin 2025

Le chanteur est accusé de mépris envers le monde rural. L’opinion s’enflamme. Ce qui devait être un moment de fête, de solidarité et d’espoir s’est transformé en une véritable désillusion. Le vendredi 30 mai, l’artiste Wawa et son groupe étaient attendus de pied ferme à Mahavelona, dans le District de Soavinandriana, Région d’Itasy. L'événement, organisé par une école catholique dans le but de récolter des fonds pour l’extension de ses infrastructures, a été brutalement annulé quasiment à la dernière minute. La raison invoquée est un accident. Mais la version fournie par le chanteur ne convainc plus grand monde.

Tout avait pourtant été ficelé. « Un cachet de 8 millions d’ariary a été convenu avec le groupe, dont 5 millions ont été versés en espèces à l’avance », explique Imbola Ruffin Ranarison, membre de l’association des parents d’élèves et co-organisateur. Mais le jeudi 29 mai, à 14h, les religieuses reçoivent un SMS de Wawa. L’artiste affirme y avoir été victime d’un accident la veille, à Belobaka, et déclare qu’il ne peut pas assurer sa prestation.

Dans un élan de confiance, les organisateurs croient à cette version. Ils informent aussitôt le public par voie radiophonique et acceptent le chèque de remboursement, bien que l'argent ait été initialement remis en espèces.

Mais la stupeur est totale quelques heures plus tard. Des vidéos surgissent sur les réseaux sociaux. On y voit Wawa en concert à Betafo... le 29 mai au soir, soit la veille même de sa prestation annulée à Mahavelona. Et l'artiste y apparaît en parfaite santé.

La pilule ne passe pas. Contacté, le groupe tente de se justifier. Betafo, situé sur une route nationale, serait plus facile d’accès que Mahavelona, plus enclavé. « Ils nous ont dit que la route secondaire aurait pu nuire à la santé du chanteur… », déplore Imbola Ruffin Ranarison, visiblement ému.

Et ce n’est pas un cas isolé. Le 25 mai, à Belobaka, un autre concert du groupe était prévu, également organisé par des religieuses. Mais là aussi, le spectacle a été annulé, le manager prétextant « n’être pas au courant car nouvellement recruté ». Or, ce jour-là, Wawa se produisait… à Ifanja, toujours dans la Région d’Itasy.

Des faits qui, mis bout à bout, dessinent un tableau accablant. « On a le sentiment qu’ils se moquent voire  méprisent les habitans des zones rurales. Peut-être que Mahavelona n’est pas assez glamour pour Wawa ? », s’indigne-t-on par exemple sur les réseaux sociaux. Imbola Ruffin évoque des pertes financières « supérieures à 3 millions d’ariary » pour les seuls parents d’élèves, pour les investissements engagés pour l’événement.

La colère gronde aussi sur les réseaux sociaux. La publication de photos des préparatifs par les organisateurs, et celle du fameux sparadrap que Wawa affiche à l’oreille dans une tentative maladroite de justification, n’ont fait qu’attiser l’indignation. D’autant plus que ledit pansement, censé témoigner de sa blessure, disparaît mystérieusement quelques heures plus tard dans une vidéo en direct publiée par l’artiste lui-même.

Un geste mal perçu, un « affront » pour beaucoup. « Il se fiche de nous. Cette blessure ne l’empêche manifestement pas de chanter ailleurs. Pourquoi pas ici ? Pourquoi les enfants de Mahavelona ne mériteraient-ils pas autant d’attention que ceux de Nosy-Be, son fief du Sômaroho ? » questionne-t-on par exemple sur Facebook. Des selfies de personnes portant un pansement à l’oreille ont d’ailleurs foisonné pour critiquer la star incontestée des scènes malgaches.

Sur Facebook, les commentaires pleuvent. Si certains fans le défendent, d'autres se disent « écœurés » par ce qu’ils considèrent comme une trahison pure et simple. Ce qui devait être une fête pour les enfants est devenu un fiasco. Le silence du chanteur et le refus, selon les organisateurs, « d’assumer la moindre responsabilité », accentuent encore l’amertume.

La Rédaction

 

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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