Publié dans Culture

Prix Paritana - Chloé Soafaniry réinvente la tresse en œuvre d’art social

Publié le vendredi, 19 décembre 2025
Chloé Soafaniry Ramanankasina propose une expérience immersive autour de la pratique des tresses, envisagée comme un geste social et culturel Chloé Soafaniry Ramanankasina propose une expérience immersive autour de la pratique des tresses, envisagée comme un geste social et culturel

Agée de 25 ans, la jeune artiste malagasy Chloé Soafaniry Ramanankasina offre une lecture inédite de la tresse, symbole fort de son identité et de sa culture. Lauréate du Prix Paritana 2025, elle expose actuellement à la Fondation H de Paris (France) une installation immersive intitulée « Renouer les tresses de son identité », une œuvre qui transcende le simple geste capillaire pour devenir un espace de mémoire, de transmission et de résilience. 

Le projet, fruit d’une résidence de trois mois à la Cité internationale des arts, s’inscrit dans une démarche à la fois personnelle et collective. La tresse, dans sa pratique artistique, devient un acte social, un rituel de guérison et un vecteur d’héritage culturel. Selon Hannah Abdullahi, curatrice et chercheuse, l’artiste exploite le moment du tressage pour explorer les liens entre geste, oralité et transmission, en revisitant l’histoire du cheveu malagasy au-delà de ses aspects esthétiques. La tresse devient alors un symbole puissant de mémoire collective, de lien intergénérationnel et d’identité. 

L’installation se déploie en trois temps. D’abord, des pans de coton noir brodés de mots évoquent l’intimité, la transmission et la mémoire, invitant les spectateurs à une réflexion sur le temps et le geste. Ensuite, une composition sonore, mêlant témoignages de femmes malagasy issues de différentes Régions, évoque leurs souvenirs d’enfance liés à la coiffure, tissant un récit oral riche de sens. Enfin, une œuvre circulaire posée sur des « tsihy » - ces tapis traditionnels de Madagascar - rassemble des tresses textiles inachevées, invitant le public à prolonger le geste, à participer à la transmission de cet héritage. 

Au-delà de l’aspect artistique, « Renouer les tresses de son identité » devient un espace de partage où l’intime se transforme en patrimoine collectif. La participation active du public souligne la dimension vivante de l’œuvre, qui évolue au fil des échanges et des souvenirs. La tresse, ici, n’est plus seulement une coiffure, mais un symbole de résilience, d’histoire et de lien social. Née en 2000 à Toamasina, Chloé Soafaniry Ramanankasina vit et travaille en France. Son parcours, entre design, photographie, vidéo et dessin, témoigne d’une volonté de questionner l’identité et la transmission à travers la culture malagasy. Après l’exposition à Paris, son œuvre sera présentée au deuxième trimestre 2026 à l’Institut français de Madagascar (IFM), poursuivant ainsi son voyage entre deux mondes, entre mémoire et avenir.

Si.R

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  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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