Publié dans Dossier

Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza - Le renouvellement  des espèces remis aux calendes grecques

Publié le lundi, 16 août 2021

Qui n’a jamais visité le Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza (PBZT) au moins une fois dans sa vie ? La diversité de la faune et la flore que renferment l’endroit lui vaut le statut de lieu incontournable. Les amoureux, les familles, les écoliers, sans oublier les touristes étrangers en quête d’une aventure à Madagascar y font souvent le détour.

Ces derniers jours, l’annonce de la hausse à 100 % du prix d’entrée a suscité la polémique sur les réseaux sociaux. Effectivement, lors d’une assemblée générale, le 30 juillet dernier, le Conseil d’administration du parc a révisé les conditions d’accès. Versée directement à la Trésorerie, cette somme reçue à l’entrée sert à l’entretien et l’achat de fournitures indispensables au bon fonctionnement de l’endroit. Cependant, les personnes à l’affût de l’actualité se rejoignent toutes dans l'idée d’introduire de nouvelles espèces d’animaux pour justifier cette augmentation du prix d’entrée. Le présent article permettra d’en savoir plus sur les contraintes et le fonctionnement de ce parc emblématique de la Capitale.

Pour introduire une nouvelle espèce animale, il ne suffit pas d’effectuer une demande. Cela relève plus particulièrement d’une longue procédure de recherche pour une adaptation, a expliqué Raveloarinoro Marie Gisèle, responsable communication auprès du PBZT. Pour les chèvres, les moutons, il faut se rendre au marché pour en acheter. Par contre, pour le cas des lémuriens ou autres animaux de même classification, la procédure s’avère plus compliquée. « Si nous voulons avoir une nouvelle espèce pour cette année, les démarches auraient dû commencer en 2007. Pour dire que cette étape requiert d’importantes préparations. En premier lieu, une étude et une documentation sur le mode de vie des animaux dans leur milieu naturel s’impose afin d’établir leurs menus une fois qu’ils sont en captivité. Il s’agit de savoir leurs besoins alimentaires, évaluer chaque nourriture, gérer des rations alimentaires, répartir les animaux selon leur régime alimentaire. L’objectif est de se rapprocher le plus possible à l’environnement naturel et à la physiologie de chaque animal pour assurer une meilleure condition de captivité », a-t-elle avancé. Et de poursuivre que pour introduire un kangourou à Tsimbazaza par exemple, il faudrait ratisser tout le parc. Il en est de même pour un éléphant qui peut consommer jusqu’à une tonne de nourriture par jour.

Notons que la dernière introduction d’animaux dans ce parc remonte au début de l’année 2020, juste avant le confinement. Une association de cuniculteurs y a remis des lapins, à savoir deux « Géants des Flandres », mâle et femelle. Il s’agit d’une race de lapin domestique d’origine européenne, possédant une fourrure épaisse et soyeuse de différentes couleurs.  

Par ailleurs, suivant le recensement effectué en septembre 2019, le parc botanique et zoologique de Tsimbazaza compte 64 espèces d’animaux dont 18 lémuriens classés dans la catégorie des mammifères primates. A cela s’ajoutent 8 mammifères non primates dont quelques-uns sont connus sous les noms malagasy « fosa » et « kary » ou encore des chèvres et moutons. Une vingtaine d’oiseaux assurent un ballet tout en plumes et en couleurs pour l’animation du parc. Il existe également 18 reptiles qui attirent plus de visiteurs par rapport aux autres espèces qui y sont présentes.

Covid-19, une aubaine pour la nature mais coriace pour la finance

En 2019, le parc de Tsimbazaza a enregistré 548.168 visiteurs. Or, l'année suivante, seulement 205.857 personnes s'y sont rendues. Et en raison de la pandémie de Covid-19, il a été fermé au grand public entre le 23 mars et 19 septembre 2020. Une baisse de la recette a été ainsi comptabilisée. Toutefois, les espèces qui y sont restées ont été beaucoup plus apaisées. « Durant le confinement, le parc a été plutôt calme. Il n'y avait plus personne, à part les gardes forestiers. Et visiblement, les animaux en ont profité. La faune a été plus audacieuse, sans parler de la végétation qui renait », a mentionné Raveloarinoro Marie Gisèle.

En outre, il faut savoir que les raisons d’être de ce parc consistent non seulement à la constitution et l’entretien des collections vivantes et mortes, mais également à la conservation et à la sauvegarde du patrimoine national, et surtout à l’éducation et l’information du grand public. Malheureusement, durant cette période de la Covid-19, les classes vertes ou la participation à la formation des enseignants ont été suspendues. Cependant, cette éducation du public à la conservation environnementale permet l’utilisation de la nature au bénéfice de chaque espèce naturelle. Déjà que le PBZT est aussi un Centre national de recherche pour la conservation et la multiplication des espèces menacées et celles en voie de disparition.

Témoignages des visiteurs….

 « Ma dernière visite à  Tsimbazaza date de plusieurs années. (…) C’est toujours agréable d’aller à la rencontre des animaux (…) Je peux dire que le prix d’entrée est raisonnable mais pour d’autres personnes, je doute fort que cela leur paraîsse trop cher (…). Mais si c’est pour améliorer l’endroit, ou encore introduire de nouveaux animau, et multiplier les activités à l’intérieur pour plus d’animations, ce n’est pas de refus (…) », ont déclaré Mitantsoa, Toky, Nisa, Bradley, basketteurs dans la catégorie U-16/17 du club Fandrefiala, présents au parc après leur entrainement.  

« De passage à Antananarivo, c’est indispensable de se rendre à Tsimbazaza. Mes enfants n’y sont jamais allés. Il faut dire que j’y suis venue pour la dernière fois quand j’étais encore toute petite », s’est réjouie une femme venue spécialement d’Antsirabe avec sa famille.  

Retour… en 1925

Le Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza a été créé en 1925 sous le nom de « Jardin Botanique de Tananarive ». Son origine remonte à l’année 1925 sous l’impulsion du gouverneur Edmond François, appuyé par l’Académie malgache et par le Général Olivier. A cette date, fut créé, dans la vallée de Tsimbazaza, un jardin botanique rattaché au service des parcs et jardins. Quelques années plus tard, à la demande du Musée d’histoire naturelle de Paris, quelques cages d’animaux les plus caractéristiques de la Grande île, destinés à être présentés au public, furent installés à Tsimbazaza. Durant cette période, le parc a été sous la direction de M. Edmond François, puis sous celle de M. Pierre Boiteau. Conformément au décret n° 93-162 du 13 mars 1993 fixant le statut du Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza, ce dernier est un établissement public à caractère administratif et à vocation culturelle et scientifique, doté de la personnalité morale et de l’autonomie administrative et financière. Il est actuellement sous la tutelle technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et sous tutelle financière du ministère des Finances et du Budget.

Dossier réalisé par Kanto Rajaonarivony et Hervé Leziany

 

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Editorial

  • Projets délirants ?
    Fous ! Chimériques ! Utopiques ! Tels sont les termes signifiant comment les sceptiques voient les projets présidentiels. Des projets pharaoniques, impossibles disent les uns. Fruits de la rêverie d’un jeune visionnaire ironisent les autres. En effet, étant vu les capacités matérielles limitées de la Grande île, compte tenu des ravages de la pandémie et considérant les besoins nécessaires pour la relance économique, les concrétisations de grands projets dans un contexte pareil relèvent de la délire, un pari inaccessible ! Contre toute appréhension et en dépit des doutes, lesdits projets prennent forme l’un après l’autre. Du moins en phase d’être pour certains cas.Projet « Tanamasoandro » à Antananarivo et environs. Quand le roi Andrianjaka (1610-1630) investit la colline d’Analamanga en 1610 et fonda la « Cité des Mille » (guerriers) en chassant les Vazimba, la plaine d’en-bas (Plaine d’Antananarivo) n’était qu’un espace désert. Il a fallu le transformer en zone…

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