Publié dans Editorial

Impunité parlementaire !

Publié le vendredi, 14 octobre 2022

Les frasques de nos élus parlementaires défraient la chronique. Certains députés et sénateurs de l’actuelle mandature ternissent l’image de l’honorable pouvoir législatif de la République Malagasy, le Parlement. Des locataires du Palais de Tsimbazaza et du Palais d’Anosikely brillent par l’absence d’éthique, de crédibilité et par le manque de respect à leur rang de parlementaires. Mais là où le bât blesse, malheureusement, réside dans le fait que ces parlementaires indélicats dont les noms et leurs actes font le chou gras de la presse et des réseaux sociaux font partie de la majorité proche du régime Orange. Le drame dans tout cela, l’immunité parlementaire dont bénéficient les membres de l’organe Législatif, faiseur des lois, qui au final se mue en impunité parlementaire ! Intouchables, les députés et les sénateurs se permettent à tout !

 

Abus de fonction en sa qualité d’élu, velléité d’usurpation de pouvoir, extorsion de fonds et collision d’intérêts au sein des réseaux de trafiquants illicites et des actes frauduleux, de connivence avec des bandits de grands chemins tels les « dahalo » opérant dans les vols de bœufs ou dans les trafics des produits ou espèces endémiques protégés, etc. Une liste non exhaustive de délits et de crimes auxquels certains parlementaires ont été cités. 

Certains noms émergent du lot. Parmi eux, un député qui a mandaté une de ses collaboratrices aux fins de perquisitionner et de confisquer des colis appartenant à une Société d’exploitation minière. Auparavant, une députée s’est « auto-autorisée » pour le transport de bois précieux alors que cet acte ne relève en aucun cas de son autorité. Le bouillant député de Betroka porte une accusation grave contre le député de Bekily d’avoir télescopé des attaques militaires contre des villages de sa Circonscription. Des bisbilles qui ne font jamais honneur aux parlementaires. Des enfantillages portant ombrage à la crédibilité de l’Assemblée nationale.

Et que dire de la bévue des membres de la Commission d’accusation de l’AN qui font du « sur place » sinon bloquent les dossiers de certains anciens hauts responsables devant être soumis auprès de la Haute Cour de justice pour jugement.

Le vrai débat consiste à rediscuter sur la place publique de la raison d’être de cet incongru  privilège. Vu les dégâts causés, devrait-on encore le maintenir ? Tout au moins, il faudrait réduire le périmètre de son usage. Autre problème de  taille, le corporatisme déplacé parmi les locataires du Parlement. L’opinion s’indigne. Au final, tout cela ouvre la grande porte d’accès à l’impunité… parlementaire.

A l’ouverture de la deuxième session ordinaire des Chambres parlementaires, le 18 octobre, l’opinion publique, observateurs et simples citoyens confondus, seront tout ouïe et attendent de pied ferme le discours de Madame le perchoir. Certes, il s’agit nécessairement d’une session budgétaire mais on ne peut pas faire fi de ces sujets brûlants et troublants. 

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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