Publié dans Editorial

Intouchables !

Publié le jeudi, 07 novembre 2024

Suite à la décision du ministère de la Justice, quatre substituts dont trois femmes et un homme près du Parquet d’Anosy Antananarivo, ont été suspendus de leurs fonctions, une sanction assortie de suspension de solde. Du coup, la levée des boucliers des membres du Syndicat des magistrats (SMM) ne se fait attendre.

Réunis en assemblée générale extraordinaire, les membres du SMM ont décrété d’observer une « journée d’indignation » le mardi 5 novembre dernier. Et ce, pour exprimer leur désaccord face à la décision du ministère de tutelle d’infliger des sanctions sévères qu’ils jugent illégales et illégitimes à l’encontre de leurs pairs. Ainsi, les juges du Parquet dans tout Madagasikara, selon leur déclaration, refusent tout déferrement. Les membres du SMM tenaient à préciser qu’il ne s’agit nullement d’un mouvement de grève mais plutôt d’un geste fort témoignant leur indignation tout en manifestant  leur solidarité à l’endroit des « victimes ». Ils demandent au ministre de la Justice Rakotomandimby Benjamin de revoir sa décision voire de l’annuler tout court. Une « requête » que le locataire de Faravohitra  botte en touche. Le garde des Sceaux  persiste et signe à tout ce qui veut l’entendre, le monde de la Justice et justiciables confondus, que la lutte contre la corruption constitue la première priorité de son ministère. Et Rakotomandimby d’enfoncer le clou, il reste ferme dans la traduction en actes ses engagements. Il n’est pas sans savoir que la Justice, en tant qu’institution de la République, occupe parmi d’autres les premiers rangs des Services où la corruption fait rage. Les partenaires techniques financiers, les bailleurs traditionnels, Transparency International – Initiative Madagasikara ont eu chacun l’occasion de dénoncer le cas et ont tiré la sonnette d’alarme à l’endroit du pouvoir. Les simples citoyens, victimes de la chose, sont montés, à plusieurs reprises, au créneau pour crier au scandale.

Nous n’avions aucunement l’intention de s’immiscer dans les détails de cette sulfureuse affaire d’autant plus que le monde de la Justice appartient uniquement aux « initiés ». En fait, le domaine de la Justice est un cercle opaque que les profanes n’y accèdent point. Les hommes de loi, du monde de la Justice, avocats et juges, manipulent, savamment et subtilement, les textes de loi à tel point que le commun des mortels s’égare dès le premier pas. A travers leur rhétorique sinon plaidoirie, le noir pourrait devenir blanc, le fautif en innocent et l’innocent en coupable. Tout pourrait changer devant les espèces sonnantes et trébuchantes. Nous évitons d’y mettre le pied, la crainte d’être tourné en bourrique ! Contentons-nous des éléments visibles, des déclarations sur la place publique.

Force est de constater que les magistrats lèvent les boucliers à chaque fois qu’on touche un brin de leurs cheveux. Ils laissent entendre que les juges sont … intouchables ! Ils envoient un message que la loi est faite uniquement aux menus fretins, aux sous-fifres. Les grands commis de l’Etat tels les magistrats, les administrateurs civils, les gradés de la FDS et surtout les gros bonnets de l’Administration, des Sociétés d’Etat, les membres du Gouvernement et autres Institutions, les parlementaires, bref, la crème de l’Etat sont intouchables. Ils sont au-dessus de la loi. Protégés par les micmacs du corporatisme, par les ruses de l’immunité, on ne peut pas les interpeller.

 

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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