Publié dans Editorial

Souverainisme !

Publié le jeudi, 24 juillet 2025

Le vent souverainiste souffle sur le continent noir, à travers des anciennes colonies françaises. Après les secousses des mouvements indépendantistes des années 50, 60 et 70, le temps des « putschs des colonels », place aux revendications fortement teintées de souverainisme. Des gestes aisément compréhensibles sinon légitimes en réponse à la récurrente attitude controversée du colonisateur qui, dans les faits, voulait à tout prix maintenir dans le sillage colonial voire du néo-colonialisme les Etats supposés être indépendants. Dans certains cas,  garder sciemment une partie du territoire libéré du joug colonial dans le giron territorial de l’ancienne puissance coloniale. D’autres formes de mouvement souverainiste apparaissent aussi : le souverainisme alimentaire et financier. 

 

Sous la pression de la communauté internationale dont en première ligne l’ONU et face à la pressante réclamation des anciens soldats africains et malagasy ayant combattu aux côtés des militaires français ou autres sur le front durant la Grande Guerre de leur accorder l’indépendance, les puissances coloniales dont la France ont été « obligées » de … libérer les colonies autour des années 60. « La suite des événements nous a amenés à nous demander : de quelle libération, ou de quelle indépendance, s’agissait-il vraiment ? » Trop encline à garder sous son emprise, la Mère-Patrie n’a point accordé l’indépendance souveraine à ses anciennes « possessions ». L’Afrique dite francophone reste sous la coupe de la France malgré leur nouveau statut d’Etats indépendants. Une autre bataille se profile à l’horizon à savoir celle de la lutte pour la souveraineté nationale.

Les cinq Etats du Sahel (Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Mali et Tchad), confrontés aux attaques répétées des islamistes – djihadistes et à des milices,  se sont retournés contre la France. Présente au Sahel depuis 2013 à la demande du Mali à travers l’ « opération Serval », la France avec l’aide de quelques pays occidentaux n’est parvenue à stopper les avancées des djihadistes. Les militaires des cinq Etats réunis dans le G5 Sahel ont tour à tour pris le pouvoir et chassé la France et ce au nom du principe de respect de la souveraineté nationale. Ils s’auto-organisent pour leur défense. A signaler tout de même qu’une autre puissance prend le relais. Incapables de se défendre, eux-mêmes, face aux redoutables attaques islamistes, ils ont fait appel à la Russie !

Madagasikara n’échappe pas au mouvement souverainiste sinon à la revendication de la souveraineté nationale. Le dossier « Iles Eparses » retient au plus haut niveau l’intérêt de la Grande île. Elle est prête à réclamer jusqu’au bout son droit de réintégrer au sein du territoire national ces îles tant convoitées.

On parle aussi de « souveraineté alimentaire » !

Le concept de souveraineté ne peut pas être normalement acquis si le pays vit encore sous la dépendance en particulier celle alimentaire. Un pays incapable de se nourrir par soi-même n’est pas souverain ! D’où, la priorité accordée à la souveraineté alimentaire.

Il y a également ce qu’on appelle la « souveraineté financière ». Un mouvement légitime qui commence à se frayer un chemin en Afrique. Il s’agit de parvenir à se suffire par ses propres moyens financiers, de mettre en valeur les capitaux directs locaux. Une ambition et une fierté nationale à développer.

Le vent du souverainisme souffle, à chacun de considérer ce qui va le mieux pour soi. 

 

Ndrianaivo

Fil infos

  • Refondation - Le chef de l’État reconnaît une guerre intestine
  • Grève surprise à l’Hôtel Carlton - Les salariés dénoncent une « mise au chômage technique » sans préavis
  • Université d’Antananarivo - Le Dr Alain Mérieux honoré du titre de Docteur Honoris Causa
  • Mpox - Madagascar sous surveillance sanitaire de ses îles voisines
  • Polyclinique Ilafy - Des mesures temporaires évoquées par le gouvernement pour les patients dialysés
  • Prime à la HCC - Le ministère de l’Économie et des Finances clarifie
  • Haute Cour constitutionnelle - Les primes de la honte 
  • Message du nouvel an - « C’est en mon âme et conscience que j’ai fait le choix de m’écarter » dixit Rajoelina 
  • Pillage au port de Toamasina - 14 véhicules du Groupe Sodiat emportés
  •  Refondation - « Halte à l’infantilisation ! » dixit le cardinal Tsarahazana 

La Une

Pub droite 1

Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

A bout portant

AutoDiff