Publié dans Editorial

Soixante jours !

Publié le vendredi, 07 novembre 2025

Les deux semaines qui ont vu la présentation des membres du  nouveau Gouvernement, sous la houlette du Premier ministre, chef du Gouvernement Herintsalama Andriamasy Rajaonarivelo, arrivent bientôt à leur fin. Onze jours se sont écoulés, il reste quarante neuf jours des soixante jours, temps imparti dicté par le président de la Refondation, colonel Michaël Randrianirina, lors de son discours d’installation dudit Gouvernement le 28 octobre 2025 au palais d’Etat d’Iavoloha.

En effet, le Chef de l’Etat Randrianirina a donné, d’un ton ferme, soixante jours francs aux nouveaux membres du Gouvernement de faire leurs preuves, de quels bois ils brûlent, selon une certaine expression ! Le Président de la Refondation de la République se démarque du sentier battu en  réduisant la « période de grâce » ou « d’essai » à 60 jours au lieu de 100 traditionnellement appliquée.

L’origine des « Cent jours » remonte à l’Empire, phase de l’Histoire de France où l’empereur Napoléon 1er reprend le trône en France le 1er mars 1815 jusqu’à la seconde abdication du même Napoléon 1 er le 17 juillet 1815 offrant l’occasion à Louis XVIII de revenir au trône de France. Durant ce retour de Napoléon au trône de l’Empire jusqu’à sa seconde abdication, les Français ont accordé une période de grâce à l’empereur qu’il peut diriger l’empire comme il le faut. Finalement, Napoléon 1er a dû « démissionner » pour la deuxième fois après avoir régné durant cent jours.

Dans la plupart des pays, globalement des Nations occidentales et leurs alliés,  fonctionnant sur la base de la démocratie, on accorde généralement aux membres du nouveau Gouvernement le « délai de grâce » de cent jours afin qu’ils fassent preuve devant l’opinion leurs compétences. Durant cette période dite de « grâce », l’opinion se garde d’émettre de quelconques critiques. A la fin des 100 jours, il appartient aux supérieurs hiérarchiques d’évaluer la prestation de chaque ministre. 

Les dirigeants de la Refondation au sommet de l’Etat ne donnent que soixante jours au nouveau Gouvernement. Une injonction quelque peu inédite qui évoquerait l’urgence de la situation. Le temps presse ! Une chose est pratiquement sûre : durant le décisif moment de consultation les deux têtes de l’Exécutif auraient mis à condition aux postulants la période de grâce et d’essai de 60 jours au lieu de 100 jours au-delà duquel ils seront remerciés en cas d’échec. Une deal que les futurs membres du Gouvernement sont censés savoir.

Toutefois, soixante jours serait un délai trop juste pour un membre de Gouvernement. A moins qu’il ou elle soit un « as du volant », capable de conduire à une vitesse hors du commun, capable de conduire le véhicule quel que soit l’état des routes, apte à mener à terme le véhicule selon le top chrono quelles que soient les conditions de conduite ou de travail en cours de route, susceptibles d’entraver la bonne marche du trajet et enfin, un as de volant capable de ne pas confondre vitesse et précipitation et bien faire la différence entre « travail bien fait » et … brouillon. C’est une image vivante qui  colle avec les exigences imposées dans cette relative courte durée de cinquante jours.

Les membres du Gouvernement travailleront sous pression. Une occasion pour eux de prouver qu’ils sont capables de travailler à toute condition.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Désagrément séculaire
    Antananarivo, la ville basse, vit tous les ans les difficultés humainement gênantes dues aux caprices des eaux en période de pluie. En 1610, quand le Roi Andrianjaka, le demi-frère d’Andriatompokoindrindra, se décida de déménager le chef-lieu de son royaume d’Ambohimanga, à Analamanga, il ne comptait pas, à jamais d’ailleurs, s’installer sur la vaste plaine de Betsimitatatra mais il choisit le site d’une colline hautement perchée surplombant ladite plaine. Un choix délibéré et assumé ! Notons qu’Analamanga n’était pas un lieu inhabité. A son arrivée, des occupants s’y installaient déjà : les Vazimba. Ces derniers y vivaient paisiblement. Au moment où les guerriers – éclaireurs envoyés par le souverain d’Ambohimanga frappèrent à la porte, les Vazimba, premiers occupants de la Colline bleue n’ont pas déployé de la résistance. Ils obtinrent en revanche l’assurance de pouvoir se déménager à Antehiroka.

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