Publié dans Editorial

Souvenir douloureux

Publié le dimanche, 09 novembre 2025

Trois longues décennies après, le poids de la douleur pèse encore sur le cœur ! Le 6 novembre 1995, un implacable incendie réduit en cendres le Palais de Manjakamiadana. Trente ans plus tard, le 6 novembre 2025, la douleur reste vive et brise le cœur des gens notamment ceux ou celles étant originaires de l’Imerina. Une telle précision sert à survoler la susceptibilité des uns et à prendre soin de la frustration des autres.

Le « Rovan’ny Manjakamiadana » que le feu a détruit sans pitié servait de domaine royal de l’Imerina. Les rois et reines des Hova, comme aimaient bien les étrangers et surtout les colons l’appeler ainsi, en guise de raillerie, vivaient dans ce Palais et ce depuis Andrianjaka. Certes, avant ce fils de Ralambo qui a investi la colline d’Analamanga qui sera le « Tananan’Iarivo », il y a le Rova d’Ambohimanga, le Rova d’Ambohidrabiby, etc. Le Rovan’Antananarivo sera désormais le Palais royal de l’Imerina enin-toko » et plus tard, le Palais de la Reine de Madagasikara.

A Madagasikara, à travers le cliché d’unité nationale que tous les dirigeants politiques véhiculent de la Première République à nos jours, le clivage historique, culturel et ethnique pour ne pas le dire racial persiste. Savamment entretenues par les politiciens véreux, les sensibilités régionales avec son lot de tension latente entre « merina » et « côtiers » constituent le cheval de bataille de certains mercenaires. Quelles que soient les tentatives d’occulter ce clivage régional, culturel ou ethnique entre merina et côtiers en essayant par tous les moyens d’inculquer l’unicité des Malagasy, des politiciens mal barrés, en mal de base populaire, font resurgir à chaque occasion la virtuelle division. Ils aiguisent la haine entre les Malagasy. Pour l’heure, aucun de ces individus égarés n’a pas réussi à fracturer la cohésion sociale auprès de la population sur terrain. De tels activistes politiques mal intentionnés échouent toujours dans leur macabre entreprise. Notons que les tenants du pouvoir colonial, dès le début de leur « règne », usaient à cœur joie de ce clivage virtuel dans le cadre de ce qu’on appelle « diviser pour régner » pour asseoir leur pouvoir.

Trente ans après l’incendie du « Rovan’Antananarivo » que le précédent régime tentait d’appeler, à tort ou à raison, « Rova de Madagasikara », le Vahoakan’Imerina sent toujours le cœur brisé. Quoi qu’on dise et qu’on le veuille ou non, le Palais de Manjakamiadana réduit en cendres le 6 novembre 1995, incarnait la souveraineté nationale. Il est le symbole du pouvoir à l’échelle nationale avant l’arrivée des Vazaha. Quand la France décidait unilatéralement d’annexer la Grande île le 6 août 1896, il fallait qu’il s’empare d’Antananarivo, la Capitale de Madagasikara, afin d’acter la décision du 6 août 1896. Quand le Palais de la Reine hissait le drapeau blanc, Madagasikara tomba.

Il y a eu des tentatives des tenants du pouvoir du régime précédent à restaurer le Palais. Des efforts ont été accomplis. Mais, la démarche divise ! Au lieu de raviver l’unité des Malagasy, les travaux effectués, dont la construction du colisée à l’intérieur du site royal, créaient des vagues de contestations surtout venant des descendants royaux. Jusque dans l’appellation du Palais dite « Rovan’ny Madagasikara » décidée par le pouvoir en place de l’époque irrite.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Diplomatie
    La grande faucille de la Refondation continue de faucher sans … pitié ! Elle n’a pas fait de détail sur un des domaines clé de l’Etat. La diplomatie, la dernière victime en date, vient de faire les frais d’une relation extérieure tous azimuts. La fauche du Conseil des ministres du mercredi dernier frappe quatre chefs de mission d’Ambassades qui ne sont pas des moindres Dr Louis Robinson en République Populaire de Chine, Johary Rajobson au Maroc, Dr Alain Tehindrazanarivelo auprès de l’ONU, de l’Autriche et de la Suisse et Yvette Sylla auprès de l’UNESCO à Paris. Bien avant, d’autres représentations diplomatiques n’ont été épargnées à l’exemple de Paris, du Japon, de l’île Maurice. Et la faucille ne s’arrêtera pas tant que des « restes » du régime précédent tapissent quelque part. Sans insister sur les limogeages sans fin touchant d’autres départements. La diplomatie, un domaine délicat de la République, doit…

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