Publié dans Editorial

Vulgaire face-à-face

Publié le mercredi, 19 novembre 2025

C’est encore loin, très loin le « renouveau » ou « refondation », c’est selon. Annoncé avec tam-tam sur les stations de radio et de télévision nationales ou même privées, le face-à-face entre le Gouvernement et les députés de l’Assemblée nationale devait avoir lieu le lundi 17 novembre. En réalité, cinq membres du Gouvernement ont été convoqués par les élus du peuple à savoir les ministres des Travaux publics, de la Santé publique, de l’Education nationale, de l’Energie et des Hydrocarbures, de l’Eau, de l’Hygiène et de l’Assainissement et de la Décentralisation. En tout, six départements clés autour desquels s’articule le bon déroulement du quotidien du peuple. Jusque-là, rien de répréhensible ni d’objection ! C’est un droit constitutionnel prévu par la loi fondamentale que les représentants du peuple « convoquent » des membres de l’Exécutif et cela afin de rendre compte des stratégies que lesdits ministres convoqués entendent entreprendre afin de remédier aux problèmes récurrents des concitoyens. Mais des remarques quelque peu désobligeantes résident à deux niveaux. Primo, question de chronogramme. Il a été déjà annoncé que le Premier ministre, chef de Gouvernement présentera à l’Assemblée nationale, le mardi 18 novembre le programme de l’Exécutif dans le cadre de mise en œuvre de la Politique générale de l’Etat (PGE). Il suffisait d’attendre ce discours – programme, le lendemain, au cours duquel sera question certainement d’étaler des tenants et aboutissants des grands problèmes de la Nation suivis des propositions des voies de sortie que le Gouvernement veuille bien enclencher. Pour éviter des redites, il fallait tout simplement attendre le discours du chef du Gouvernement prévu le lendemain mardi. Le PM, l’autorité publique habilitée, selon la Constitution, d’apporter et de soumettre au Parlement le programme du Gouvernement. En fait, c’est ridicule de convoquer des membres du Gouvernement alors que le chef dudit Gouvernement interviendra justement sur les mêmes problèmes le lendemain. Une forme déguisée d’abus de pouvoir sinon de caprice d’enfants gâtés ! Secundo, le face-à-face lui-même frise le ridicule, le vulgaire. Le débat au lieu de prendre l’envol digne d’une session publique d’une Assemblée parlementaire durant laquelle seront débattues des questions de politique nationale et internationale fut rabaissé ras du sol, au niveau des pâquerettes. On avait l’impression d’assister à une réunion générale des représentants des Communes et des Fokontany pour débattre des problèmes des populations à la base. Il résulte de ce face-à-face que les députes de Madagasikara ne comprennent même pas ce qu’on attend d’eux. Ce désolant constat se répète à chaque Législature ! Le pays paie cher, les yeux de la tête, des parlementaires qui ne sont pas à la hauteur de leur mission. Plus aptes à réclamer des avantages exorbitants et à faire des valses d’un groupe parlementaire à un autre, nos « illustres » députés ne sont finalement que des minables parlementaires !

La Nation malagasy se trouve en ce moment à la croisée des chemins. Elle ambitionne de refondre ou de renouveler les grandes orientations du pays, il est temps de jeter les bases d’une nouvelle et authentique Assemblée nationale capable de défendre les vrais enjeux pour développer le pays.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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