Publié dans Politique

Destitution du maire élu de Nosy Be - La décision controversée du Conseil d’Etat suspendue

Publié le jeudi, 08 avril 2021

L’exécution de l’arrêt rendu le 30 avril dernier par le Conseil d’Etat, destituant le maire élu de Nosy Be Vita Gilbert et proclamant maire le candidat indépendant Tiandrazana Dahail, a été suspendue. L’information a été livrée par le ministre de la Justice, Johnny Richard Andriamahefarivo hier. Selon des sources informées, la suspension de l’exécution de l’arrêt a été prise à la suite d’une lettre que le Garde des Sceaux et ministre de la Justice a envoyée au ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation pour demander la suspension dudit arrêt, « afin de préserver l’ordre public et pour une bonne administration ».  L’arrêt en question ferait par ailleurs déjà l’objet d’une demande de révision par le maire déchu.

 

Pour rappel, le candidat indépendant Tiandrazana Dahail avait déposé une requête en cassation et en annulation de la décision rendue par le Tribunal administratif d’Antsiranana portant proclamation des résultats officiels des élections des maires et des membres du Conseil qui ont eu lieu le 27 novembre 2019. Ce candidat, arrivé en troisième position dans les résultats proclamés par le Tribunal administratif, a eu gain de cause. Dans un arrêt rendu le 30 mars, le Conseil d’Etat a cassé et annulé la décision du Tribunal administratif d’Antsiranana. La plus haute juridiction administrative du pays a annulé toutes les voix obtenues par les candidats Vita Gilbert, le maire IRK élu, et Aly Abdou, arrivé second, dans la quasi-intégralité des bureaux de vote de la circonscription électorale de Nosy Be. De fait, le candidat arrivé en troisième position, Tiandrazana Dahail, s’est retrouvé en tête et a été proclamé maire de Nosy Be. Et ce, au détriment de Vita Gilbert qui a donc été destitué par le Conseil d’Etat, presque deux ans après sa prise de fonction en tant qu’édile de l’île aux parfums.

Ceci étant dit, la décision controversée du Conseil d’Etat a créé un véritable scandale dans la partie nord de la Grande-île. Les partisans du maire déchu Vita Gilbert ont crié au scandale et dénoncé une « corruption en haut lieu ». Le maire élu Vita Gilbert n’a été mis au courant de l’existence de la requête que le 2 avril, date à laquelle il a reçu la notification de sa destitution. Par ailleurs, il faut noter que le Conseil d’Etat a décidé de ne retenir que 1 233 suffrages exprimés sur les 10 250 votants. La haute juridiction administrative a également décidé que les blancs et les nuls étaient de 8 977 soit 7 fois plus nombreux que les suffrages exprimés. Rappelons également que, selon les résultats proclamés par le Tribunal administratif d’Antsiranana, le maire déchu Vita Gilbert avait eu 5 222 voix soit 52.63% des suffrages exprimés. Le candidat indépendant Tiandrazana Dahail avait recueilli 507 voix, soit 5.11% des voix.

Les partisans de l’IRK sont également surpris de constater que la requête formulée par ce candidat a été déposée à la mi-mars 2021 alors que les scrutins ont eu lieu en 2019.  La surprise a été plus grande devant la célérité du Conseil d’Etat à traiter la requête et à rendre son verdict. Une décision qui, du reste, selon certaines informations, aurait été prise durant une période d’indisponibilité du président du Conseil d’Etat. Des informations affirment qu’une enquête a été ouverte au niveau de la Justice pour tirer les choses au clair dans cette affaire. Le magistrat qui a prononcé le verdict ferait également l’objet d’une enquête. Il ne serait pas aussi exclu qu’une procédure disciplinaire contre ce même magistrat soit réclamée au niveau du Conseil supérieur de la magistrature. En tout cas, pour revenir à la suspension de la décision du Conseil d’Etat, le maire Vita Gilbert reste donc toujours en place en attendant une éventuelle évolution dans ce dossier.

La rédaction

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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