Publié dans Politique

Kidnapping et agressions - Le cas des albinos malagasy préoccupe les Nations Unies

Publié le vendredi, 30 septembre 2022

L'entretien du mythe sur le pouvoir des personnes albinos contribue à la propagation des kidnappings et des meurtres. Il faut briser cette chaîne funeste. Une experte des Nations Unies en visite d'observation à Madagascar a abordé la situation des personnes atteintes d'albinisme dans le pays au cours d'une conférence de presse hier.

 

Dans son rapport, Muluka-Anne Miti-Drummond, experte indépendante des Nations Unies sur l'albinisme indique que le phénomène est en passe de gagner d'autres régions de Madagascar si celui-ci n'était présent que dans les parties sud et sud-est de l'île. La plus jeune victime, dont elle a eu connaissance, avait environ 9 mois tandis que la plus âgée avait 72 ans. « La reproduction des agressions dans d'autres parties du pays est à craindre à l'instar dans le nord où des cas ont été également rapportés. L'extraction des yeux des personnes atteintes d'albinisme, en raison de fausses croyances selon lesquelles ils peuvent attirer l'argent et rendre quelqu'un invisible est un cas unique pour Madagascar », selon ses dires.

Avec de nombreux cas avérés de kidnapping et de maltraitance envers les albinos, ces derniers sont en danger perpétuel à cause des croyances sans fondement. En effet, depuis deux ans, 12 cas d'enlèvements, d'attaques et de meurtres d'albinos ont été confirmés. La majorité des cas sont basés sur des croyances selon lesquelles ces personnes ont des pouvoirs mystiques et offrent fortune et gloire à ceux qui les sacrifient. Les yeux sont les plus recherchés par les kidnappeurs afin d'être utilisés dans des rituels.

Fausse croyance 

Les albinos sont considérés comme des êtres ambivalents dotés d'une puissance occulte, des êtres de l'entre-deux qui relient le visible et l'invisible. Ostracisés et discriminés, ils pâtissent d'une insécurité croissante. C'est cette fausse croyance en un pouvoir mystique qu'il faut briser à tout prix si on veut endiguer le phénomène de kidnapping et de meurtre des albinos à Madagascar. En effet, les accusés semblent croire que leur acte est légitime. Dans certains cas, ce sont même des membres de la famille des albinos qui sont complices des malfaiteurs.

Muluka Anne Miti-Drummond a fait remarquer que les personnes mises en accusation pour ces crimes ne semblent pas plus affectées que cela. Selon ses dires : « Les peines ne reflètent pas la gravité des agressions contre les personnes atteintes d'albinisme. Je me suis entretenue avec des personnes accusées de crimes liés à l'albinisme et j'ai constaté que nombre d'entre elles étaient en détention provisoire et ne semblaient pas être pleinement conscientes des charges retenues contre elles. »

Peur et insécurité permanentes 

En rappel, la dernière victime a été un homme dans le Fokontany de Belemboky, Commune rurale de Marerano du District de Beroroha. Les dahalo ont ligoté l'albinos, puis l'a assené de coups de hache au niveau de la tête, du cou et des oreilles. Le crime s'est passé le 27 septembre dernier pendant la célébration du Bilo, une fête en l'honneur de personnes ayant des puissances mystiques. Cet homme a été déjà victime d'un enlèvement en décembre 2021 et voilà qu'il a fini par être sur la liste des albinos tués pour un rituel.

Le malheur des albinos en Afrique subsaharienne est parti depuis les années 1990. Les rites sacrificiels n'ont cessé d'augmenter dans les pays comme la Tanzanie, le Burundi, le Cameroun et voilà que le phénomène encore moins connu auparavant touche notre pays.

D'après ses observations, en l'espace de dix jours de mission, du 20 au 30 septembre, le mandataire onusien rapporte que les personnes atteintes d'albinisme vivent la peur et l'insécurité permanentes ainsi que la stigmatisation et la discrimination en particulier dans le milieu scolaire, sanitaire ou sociétal. Ce qui nécessite des politiques de sensibilisation et d'éducation, recommande-t-elle dans ce rapport préliminaire notamment aux autorités, aux Nations Unies et les organisations régionales ou internationales avec les sociétés civiles pour assurer leur mise en œuvre effective.

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Editorial

  • Quid du sort de l’environnement !
    Le pays se dégrade. Un constat amer pour tout citoyen jaloux de l’avenir de la Nation. A en croire l’article dûment élaboré par notre confrère tout récemment « Destruction de l’environnement » (vendredi 2 décembre), la machine environnementale de la Grande île tourne à la vitesse marche arrière. Un article qui se doit vivement d’interpeller tous les acteurs de développement du pays dont entre autres les autorités publiques, les élus, la Société civile, les mouvements associatifs, les lanceurs d’information, les simples citoyens, la communauté de base, etc.

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