Publié dans Politique

Un officier de la Gendarmerie agresse une avocate - Le barreau de Madagascar scandalisé

Publié le lundi, 27 mars 2023

Des faits « inacceptables » et « graves ». Les adjectifs sont ceux du bâtonnier Maître Alain Raondry hier, en conférence de presse, réagissant aux faits qui se sont déroulés dans la soirée du jeudi 23 mars dernier dans un bureau de la Police nationale de Taolagnaro. Alors qu'elle venait d'assister à l'audition de son client, une avocate aurait en effet été victime d'une agression verbale, avec prolifération d'insultes, de menaces et d'agression physique de la part d'un officier au sein de la Gendarmerie nationale. 

Après avoir assisté son client, auditionné par la Police nationale, des éléments de la gendarmerie nationale auraient interpellé l'avocate et son client dans les locaux même de la police. Ces éléments de Forces de l'ordre auraient indiqué vouloir procéder à l'audition dudit client. L'affaire ne la concernant pas visiblement pas, l'avocate aurait demandé à rentrer chez elle. Le client ayant affirmé ne pas avoir reçu de convocation de la Gendarmerie, aurait demandé à ce qu'on lui fasse parvenir ledit document avant de répondre à l'audition, rapporte le bâtonnier. 

Le lieutenant à la tête des gendarmes sur place aurait retenu les deux personnes sur place. Il aurait ensuite pris contact avec son supérieur hiérarchique, qui serait venu sur place quelques minutes après. Manifestement en état d'ébriété, selon les propos du bâtonnier, cet  officier supérieur en uniforme aurait haussé le ton et proféré différentes sortes d'insultes dont certaines ont été adressées à l'avocate. 

Profusion d'insultes

Ayant un enfant en bas-âge, cette dernière aurait redemandé à pouvoir rentrer chez elle ou encore à épancher sa soif, s'est de nouveau heurté à un refus accompagné d'une profusion d'insultes. Pire, prévenu par un de ses éléments, l'officier de la Gendarmerie aurait arraché le téléphone des mains de l'avocate qui tentait d'enregistrer les événements. Le gradé ne se serait pas arrêté là, raconte toujours le bâtonnier, puisqu'il aurait proféré des menaces, laissant par exemple entendre qu'en cas d'attaque de son domicile, l'avocate ne devrait pas appeler la Gendarmerie nationale. 

Finalement, l'avocate n'aurait pas été autorisée à sortir des locaux de la Police nationale qu'en contrepartie de l'effacement des enregistrements pris dans son téléphone, soit vers 23 heures de la nuit. Elle aurait été admise aux urgences d'un hôpital de Taolagnaro le lendemain à l'aube. Plus de peur que de mal car sa vie ne serait plus en danger. 

Scandalisé par ces événements, le bâtonnier dénonce plusieurs infractions au code de procédure pénale notamment la séquestration d'une personne a fortiori d'un avocat dans l'exercice de ses fonctions, menace, agression, insulte, tentative de dégradation d'un bien appartenant à autrui. « Il est injuste qu'une seule personne entache l'honneur de la Gendarmerie nationale », déplore le bâtonnier hier devant la presse. 

L'affaire portée devant la justice

Il assure que l'affaire n'en restera pas là. Des rapports ont été envoyés aux autorités compétentes, assure le bâtonnier. « Ces faits sont inacceptables », dit-il. Le barreau de Madagascar indique ainsi aller porter plainte contre des faits considérés comme étant des infractions pénales. Il rajoute que demander à un avocat d'effacer un enregistrement est interdit. Il est bon de rappeler que le bureau, le téléphone, l'ordinateur sont couverts par le secret professionnel et la confidentialité. Une autorisation spéciale est requise, indique-t-il, concluant ses propos en indiquant que les « faits sont graves ». La réaction de la hiérarchie au sein de la Gendarmerie est attendue. Cette affaire risque en tout cas de crisper les relations entre les deux corps, celui des avocats et celui des gendarmes. 

 

Recueillis par L.A.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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