Publié dans Politique

Universités publiques - Un parfum de détournement dans l’air

Publié le lundi, 12 juin 2023


Les enseignants permanents des universités publiques à Madagascar recevront sous peu la dernière tranche (50%) des heures complémentaires au titre de l’année universitaire 2018-2019. Les vacataires auront aussi la leur (75%). Une enseignante-chercheure à l’université d’Antananarivo le confirme. Elle se demande alors du motif derrière la menace de grève du Syndicat des enseignants-chercheurs et des chercheurs-enseignants (SECES) qui, à l’issue de son conseil national des 8 et 9 juin, a donné un ultimatum à l’Etat.
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESupRes) dit avoir transféré aux trésoreries générales les montants correspondants. Les universités ont donc reçu l’argent et c’est à elles d’organiser le paiement maintenant. Ceci ne relève plus du devoir du ministère. Quant à l’effectivité des cinq projets de décrets sur l’allocation de recherche et d’investigation, sur le reclassement, sur le maintien en activité, sur le recrutement et l’éméritat, trois d’entre eux dépendent de la loi de Finances rectificative. Pourtant, celle-ci n’existe pas cette année. Le ministère de l’Economie et des Finances est donc dans l’impossibilité d’apporter un éclairage sur les impacts budgétaires de ces décrets pour cette année 2023.
Pour les retraités qui sont privés de leurs pensions, le MESupRes a déjà versé les subventions avec les salaires du personnel administratif et technique (PAT). Mais des universités n’ont pas versé les cotisations. L’incohérence a été signalée après que le paiement des salaires des PAT a été imputé au budget général à partir d’août 2022.
Des anciens présidents d’universités en cause
La ministre Elia Béatrice Assoumacou a déjà reçu en audience les concernés pour leur expliquer la démarche suivie en vue de trouver la solution. Celle-ci sera possible seulement après la réception de tous les dossiers. Toutes les universités ont déjà fait parvenir les leurs. Seul celui de l’université d’Antananarivo est attendu à ce stade.
Selon des indiscrétions, une dizaine d’anciens présidents des universités seraient passibles de peine d’emprisonnement si l’enquête sur les destinations de ces cotisations non versées était ouverte. L’affaire sent le détournement de deniers publics.
Dans la même foulée, une communication hebdomadaire sur l’évolution de la situation dans universités existe entre le MESupRes et la présidence du SECES. Le patron de celui-ci est donc bien au courant de tout ce qui se passe. Des observateurs avertis s’interrogent alors si celui-ci est un adepte de la rétention d’informations dans le but de manipuler les autres ou non.
L’heure est aux réformes
Certaines de ces informations étaient en tout cas intégrées dans le rapport fait par la ministre Assoumacou devant l’Assemblée nationale le 26 mai dernier. Elle a parlé devant les représentants du peuple des réformes au sein du département ministériel qui a donné lieu à l’adoption de la loi d’orientation générale du système éducatif à Madagascar ayant eu lieu le 31 janvier 2023.
La loi sur les statuts des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants l’a été également. Ceci étant, le projet de loi portant régime de l’autonomie des universités était passé par le Parlement. La Haute Cour constitutionnelle a déjà donné son avis à ce propos (cf. La Vérité du 12 juin, p. 3).
La ministre a aussi rendu compte de l’attribution des bourses d’études extérieures, de la digitalisation et de la transformation numérique de l’enseignement. En effet, le Centre national de télé-enseignement est à partir de 2022 devenu « université virtuelle de Madagascar » sans pour autant que l’enseignement en présentiel soit entièrement supprimé.
La digitalisation à proprement parler fait partie de la réforme. Elle crée des frictions certes. Mais elle a pour but d’apurer toutes les irrégularités en vertu de la bonne gouvernance et de l’efficacité administrative. Le résultat au mois de mai est à la digitalisation des 40% de la population universitaire (corps enseignant et PAT) et des 25% de la population estudiantine.
M.R.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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