Publié dans Politique

Drame d’Ambohimalaza - Les contenus du poison révélés

Publié le jeudi, 24 juillet 2025

De nombreuses précisions et révélations ont été faites dans la soirée d’hier lors de l’émission spéciale diffusée sur la chaîne nationale et consacrée à l’affaire d’empoisonnement lors d’une fête d’anniversaire le samedi 14 juin dernier à Ambohimalaza. Alors que l’affaire a commencé à gagner de l’ampleur en causant 32 décès jusqu’ici, le Président Andry Rajoelina a décidé de convoquer les membres du Gouvernement concernés par l’affaire. Ainsi, le ministre de la Sécurité publique, Herilala Rakotoarimanana ; le ministre délégué en charge de la Gendarmerie nationale, Andry Rakotondrazaka ;  le ministre de la Santé publique, Zely Arivelo Randriamanantany, et enfin la procureure de la République près du Tribunal d’Antananarivo, Narindra Navalona Rakotoniaina ont fait face au Président de la République pour répondre aux questions de deux journalistes.

 

Le ministre de la Santé publique persiste et signe qu’il s’agit d’un empoisonnement et non de botulisme. Il précise aussi qu’outre les 32 personnes décédées, 23 autres ont été guéries tandis que 4 sont encore en cours d’hospitalisation. En réponse aux multiples demandes des familles concernant une éventuelle évacuation sanitaire des malades, le ministre d’expliquer que ces derniers sont dans un état instable. « Il n’y a pas de possibilité d’évacuation sanitaire car ils risquent un décès immédiat en cas de dépressurisation (Ndlr : perte de pression dans un espace clos comme un avion) », soutient le ministre. Il affirme également qu’un antidote a été administré aux patients depuis le 17 juin et auquel certains ont pu répondre positivement par la guérison tandis que d’autres n’ont pas survécu.

Peines maximales 

Pour leur part, le ministre délégué en charge de la Gendarmerie et la procureure de la République ont, tour à tour, apporté des explications concernant les aspects criminels et juridiques de l’affaire. Selon les chiffres officiels émanant des Forces de l’ordre, environ une soixantaine d’invités ont pris part à cette fête d’anniversaire et ont donc été victimes de cet empoisonnement. 3 personnes sont actuellement en détention provisoire en attendant le procès qui sera ouvert au public. « Les suspects dans cette affaire encourent une peine maximale, c’est-à-dire une peine de travaux forcés à perpétuité », précise la Procureure qui assure que les auditions de toutes les personnes concernées dans cette affaire, y compris la dénommée Fenohasina, vont se poursuivre.

Dans un souci de « transparence et de vérité », selon ses termes, le Président Andry Rajoelina a tenu à révéler les noms des toxines contenues dans le poison qui a été utilisé par les suspects. Ainsi, d’après ses explications, les résultats des analyses effectuées dans plusieurs laboratoires spécialisés en toxicologie à Madagascar, à Maurice et en France, ont révélé la présence d’atropine contenue dans deux plantes toxiques : la Datura et la Belladone. Le Chef de l’Etat a ainsi adressé un appel à la vigilance tout en interpelant tous les acteurs afin de faire preuve de retenue en signe de respect aux familles éplorées et aux proches des victimes qui sont encore sous traitement à l’hôpital. 

 

Sandra R.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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