Publié dans Société

Les faits marquants de l’année 2020 - De l’arrestation de Lama au meurtre barbare de deux femmes

Publié le mercredi, 30 décembre 2020

Fin de carrière pour le tristement célèbre Lama

En mai dernier, l’élimination, après 20 ans de cavale, du tristement célèbre Norbert Ramandiamanana, alias Lama, a provoqué un séisme dans l’industrie du kidnapping d’hommes d’affaires indopakistanais de la Capitale. Sa neutralisation, qui a succédé à la libération d’Anil Karim, son dernier otage, a valu aux éléments de la section de recherche de la Gendarmerie de Fiadanana d’être primés. Les 200 millions d’ariary promis sont allés donc dans leurs poches. Car les choses se sont accélérées après la libération de l’otage.D’après le commandant de la Circonscription interrégionale de la Gendarmerie nationale d’Antananarivo, le Général Andry Razafindrazaka, il a fallu cette longue période pour que les enquêteurs réussissent à traquer un bras droit de Lama après avoir interpellé une vingtaine de personnes censées être dans son orbite.

Depuis, ce fut une cascade de dénouements inattendus de l’affaire. Les enquêteurs ont fini par localiser l’endroit où Lama se cachait à Analamahitsy. Pour l’y débusquer, les Forces de l’ordre ont mis en œuvre un traquenard. La maison où Lama s’est planqué fut alors encerclée par des éléments de la Gendarmerie prêts à une action commando. Fait comme un rat, Lama tentait quand bien même de s’enfuir. Ce qui a poussé les hommes de la loi à ouvrir le feu sur le fugitif pour l’immobiliser. Touché au pied, il a rendu l’âme au cours de son évacuation à l’hôpital.Mais avant de rejoindre l’au-delà, il a fait l’aveu. Mieux, il a dénoncé ses complices. Réalisant que sa fin était irrémédiable,  il a indiqué l’endroit où il cache ses otages  après chaque enlèvement à Ambohimahitsy.

L’évasion de Farafangana

Sans doute, la sanglante mutinerie survenue le 23 août dernier à la prison de Farafangana figure en tête de tous. 88 détenus ont tenté de s’évader, profitant du très faible effectif des gardes pénitentiaires que les premiers ont attaqués. Mais ayant obtenu par la suite des renforts de la Gendarmerie et de la Police, les gardes ont ensuite organisé la répression et la chasse à l’homme s’avérait particulièrement musclée ! Le résultat fut effroyable : 20 évadés ont été tués par les Forces de l'ordre et trois autres sont morts des suites de leurs blessures.  Et un garde a été blessé par les prisonniers. L’affaire a provoqué un tollé, non seulement au pays, mais aussi sur la scène internationale. Quatre jours après les faits, le ministre de la Justice s'est rendu sur les lieux où il y est resté pendant deux jours. Il a apporté les circonstances de cette mutinerie à l’opinion. « Les quatre gardes présents le jour de l'évasion n'ont pas pu rien faire face à la mutinerie des prisonniers. Les Forces de sécurité : policiers, gendarmes et militaires de Farafangana sont arrivés sur place après un appel à l'aide de la directrice régionale de l'administration pénitentiaire », a expliqué Johnny Andriamahefarivo, le ministre de la Justice. Depuis, on ne sait plus vraiment où en est-on avec cette affaire, l’enquête peinant visiblement à faire les révélations. L’attente est telle que le public se demande si l’envoi des enquêteurs sur place permet de confirmer ou non l’existence d’un dérapage, d’un abus ou simplement d’une bavure, enfin l’exercice normal de leur action, côté gardes pénitentiaires.  Au ministre de la Justice de rappeler pourtant qu'il y a eu une évasion massive émaillée d’une grande violence. A ses yeux, cette mutinerie portait atteinte réellement à la sécurité de l'Etat.

Incendie à l’ONE, une zone d’ombre persiste

Stupeur chez les habitants de la Capitale lorsque la nuit du mercredi15 juillet dernier, le bâtiment abritant le siège de l’Office national pour l’Environnement (ONE), a pris feu à Antaninarenina. Le bilan est lourd. Au moins une quarantaine de pièces de ses locaux et plusieurs documents ont été complètement dévastés. Les flammes se sont rapidement propagées car le vent a soufflé particulièrement fort cette nuit-là. Mais la vétusté du bâtiment, qui fut construit vers le début du XXe

siècle, explique aussi, du moins en partie l’accélération de sa destruction. En effet, les vieilles boiseries qui forment la majeure partie interne de cette construction, un patrimoine national, s’avéraient particulièrement inflammables. Le lendemain même, c’est-à-dire quelques heures après cette nuit terrible, une enquête a démarré. Elle fut la suite logique de la démarche de la ministre de l’Environnement et du Développement durable de qui relève la tutellede l’ONE, Baomiavotse Vahinala Raharinirina. Etant donné la place occupée par cette entité, une composante de l’administrationdu pays, elle devrait déposer une « plainte contre x » pour élucider cette affaire. A ses yeux, il y a suspicion d’acte criminel. Plusieurs personnes, dont des cadres ou autres responsables mais aussi des gens de maison travaillant au sein de l’ONE, ont été alors auditionnées par la Police, depuis. Cependant, cela n’a pas réussi à faire dissiper des zones d’ombre qui planent sur l’affaire. Pour l’opinion, à en croire qu’il y aurait une certaine volonté de chercher à ne pas ébruiter l’affaire.Parviendra-t-on à supprimer alors ces zones d’ombre ? La réponse n’est pas encore pour demain. Mais une chose est sûre, la tâche des enquêteurs s’avère nettement compliquée. Aux dires de la ministre, il y a une raison de croire, étant donné que des documents et des dossiers importants, voire sulfureux et hautement confidentiels seraient conservés à l’endroit.

Meurtre du Franco-indien Danil Radjan, trois accusés malagasy écroués.

 En octobre dernier, le corps sans vie et meurtri de Danil Radjan, ce Franco-indien de 44 ans a été retrouvé dans un parking sis au sous-sol du grand magasin La City à Ivandry. . La victime a été retrouvée les mains liées et portant des marques de strangulation. La thèse d’un homicide volontaire avec préméditation est privilégiée. Quatre personnes, dont le patron d’origine française d’une société de gardiennage, sont dans le collimateur de la Justice malagasy, mais aussi française. Leur implication avait été prétendument prouvée par leurs images filmées par les caméras de surveillance du local au moment des faits.  Si trois d’entre-elles, des malagasy, et qui sont des agents de sécurité, ont payé, c’est-à-dire écroués à Tsiafahy, du moins provisoirement, on ignore ce qu’est devenu leur patron « vazaha », qui a retrouvé la liberté provisoire, ou précisément avait été placé sous contrôle judiciaire. Les observateurs locaux ne purent s’empêcher de s’interroger sur cette liberté provisoire accordée au directeur étranger alors que les Forces de l’ordre, en s’appuyant sur les images vidéo, l’avaient initialement arrêté au même titre que ses employés. Si cela est considéré comme la première zone d’ombre, plusieurs autres n’ont pas été non plus élucidées. Admettons alors que ce directeur général de la société de gardiennage n’est pas dans la liste des auteurs présumés du crime, la question qui se pose pour savoir sinon identifier le quatrième suspect filmé par les vidéos, demeure sans réponse. Enfin, aucune lumière n’a été apportée ni sur le mobile, encore moins sur les commanditaires de crime. La balle est donc dans les camps de la justice malagasy et celle française pour lever un coin de voile sur cette affaire.

Double meurtre à Ankaditapaka Nord, les deux corps autopsiés et enterrés ce jour

Les corps de Sarah Mayer-Pinet, cette directrice d’agence de 43 ans d’une banque à Tanjombato, et de Bakoly (63 ans), sa cousine, toutes deux assassinées de façon barbare dans leur appartement sis à Ankaditapaka Nord, ont été autopsiés, hier. « L’autopsie s’est déroulée ce jour (Ndlr, hier) et il nous a fallu attendre encore certaines formalités avant qu’on puisse seulement procéder à l’enterrement », confie une source proche de la famille.

A propos, l’enterrement des victimes avait été annoncé et prévu, mercredi dernier. La raison, c’est que les corps sont déjà en état de décomposition avancée, et qu’il faudrait procéder le plus rapidement possible. Mais à cause des formalités à remplir, il a dû être alors reporté ce jour même.  Les victimes seront donc enterrées au cimetière d’Anjanahary, selon toujours notre interlocuteur. Cependant, l’heure n’est pas encore connue.

Un double meurtre odieux, si l’on peut le dire ainsi car les armes du crime, une paire de ciseaux ainsi qu’un objet tranchant, ont été retrouvées dans l’appartement des victimes, sis au 2 étage du bâtiment qui en compte 6.  Partout, du sang maculait les pièces de l’appartement qui a été mis sens dessus dessous, comme les victimes avaient été entraînées d’un endroit à l’autre. « Le(s) assassin(s) ont ensuite verrouillé la porte d’accès principal depuis l’extérieur », commente-t-on auprès de cette source.  Seul indice, un gardien de l’immeuble aurait affirmé avoir entendu un cri d’épouvante et au secours vers 3h du matin, dimanche dernier. Mais il était loin de se douter que ce cri provenait de l’appartement des victimes. De son côté, la Police affiche la plus grande prudence, et préfère ne pas s’exprimer ouvertement sur les tenants et aboutissants de cette triste affaire.  Elle se contente d’avancer que l’enquête (surtout de voisinage) est en cours, et qu’il serait mal placé de dire quoi que ce soit, du moins pour le moment. Il existe une certitude : aucun suspect n’a été encore arrêté.

Le fait que la directrice d’agence ne s’est plus manifestée, depuis lundi dernier, a fini par alarmer ses collègues. Du coup, ils ont pris la décision de se rendre sur place. Le chef Fokontany fut avisé, idem la Police. Enfin, les autorités ont fini par faire le triste constat des faits en se rendant au domicile de celle-ci.  Affaire à suivre.

Franck R.

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Editorial

  • Journée des combattantes
    8 mars, jour-J ! « Journée internationale de la femme » ce jour. Journée de l'année spécialement dédiée aux réflexions, sinon à la mise pour la énième fois sur le plateau du débat relatif aux droits fondamentaux du genre féminin. L'ONU, Organisation des Nations unies, adopte en Assemblée générale en 1977 une résolution historique reconnaissant la date de 8 mars comme étant une Journée mondiale de la femme. Et que tous les pays membres épris de liberté et respectant les droits humains, notamment ceux de la femme ont le devoir voire l'obligation de consacrer ce jour-là à une réflexion approfondie et à organiser ainsi des manifestations officielles se rapportant sur les droits de la femme. Madagasikara tient, tous les ans, à rendre hommage à cette journée hautement symbolique.

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