Publié dans Société

Kabeso Ampanjaka Toera - Le retour sur ses terres acté !

Publié le mardi, 26 août 2025

Rapatriement des reliques de Toera, un jour historique pour les héros de la Nation.

Le 26 août 2025 à 13 heures, Madagascar a marqué un tournant majeur de son histoire contemporaine avec le rapatriement des reliques du roi Toera (Andriamilafikarivo) et de deux de ses soldats, un événement hautement symbolique et émotionnel. La restitution du crâne du roi de Menabe, actuellement entreposé à l’ambassade de Madagascar à Paris (France), a suscité une immense fierté nationale et a été célébrée comme une victoire politique, sociale et diplomatique.

La cérémonie, empreinte de solennité, s'est tenue en présence d'une délégation malagasy, dirigée par la Ministre de la Communication et de la Culture, Mara Donna Volamiranty, et de plusieurs personnalités politiques, incluant les sénateurs et députés du pays, mais surtout des représentants de la famille du roi Toera. Lors de son discours, la ministre a rappelé que cette restitution était née de la volonté exprimée par le Président Rajoelina Andry, le 6 novembre 2020 lors de l’inauguration du « Rova » de Madagascar, d'écouter les aspirations du peuple Sakalava.

 

Travail de longue haleine

Ce retour, fruit de longues années de négociations, de luttes diplomatiques et d'une détermination sans faille, a enfin vu le jour. D’abord, l’adoption en 2023 de la loi française relative à la restitution de restes humains a marqué une étape décisive dans l'apaisement des mémoires post-coloniales. Ce geste a ouvert la voie à un dialogue ouvert entre la France et Madagascar. Par la suite, ces échanges se sont poursuivis sous l’impulsion de la ministre de la Communication et de la Culture de l’époque, Lalatiana Rakotondrazafy, et ont été consolidés par son successeur, Augustin Andriamananoro. Les travaux incluaient l’identification d’ADN, les recoupements historiques, la rencontre avec les familles, la détermination du Zomba mais aussi les dates clés du rapatriement jusqu’à Ambiky.

De son côté, ce rapatriement pour l’actuelle ministre représente un jalon fondamental dans la société malagasy. « Ce retour marque notre identité collective.  Le chemin a été semé d'embûches. Mais aujourd'hui, nous pouvons affirmer que nous avons retrouvé une partie essentielle de notre héritage », a-t-elle conclu. Le rapatriement des reliques de Toera s'inscrit ainsi comme un acte fort, un symbole de réconciliation et de résilience pour le peuple malagasy. La délégation malagasy arrivera à Madagascar avec les reliques le 31 août, puis elle va rejoindre la Région de Menabe pour compléter les restes du Roi par son crâne à Ambiky.

 

Accomplir le « fitampoha »

Pour la communauté Sakalava, cette restitution va bien au-delà d'un simple acte administratif car elle représente la possibilité de faire enfin le deuil, de rétablir un lien vital avec les ancêtres et d'achever des cérémonies sacrées telles que le « fitampoha ». Le roi Toera, ainsi rendu à sa terre natale, retrouve sa place de « martyr et de héro », après que sa famille a veillé à ce que le calendrier et la restauration de son tombeau, le Zomba, soient en adéquation avec les traditions locales. Côté français, cela s'inscrit pleinement dans la politique d'apaisement mémoriel impulsée par le Président Emmanuel Macron, faisant suite aux restitutions d'œuvres d'art au Bénin et au Sénégal.

La cérémonie, tenue à Paris hier en présence des ministres de la Culture des deux Nations, Rachida Dati et Volamiranty Donna Mara, témoigne de la solennité de l'événement. Cette démarche significative pourrait bien être le prélude à une série de restitutions similaires, réclamées par d'autres Nations africaines et marquant une étape cruciale vers la reconnaissance et la réparation des traumatismes coloniaux.

 

Nikki Razaf

 

La tragédie d’Ambiky, trahison et massacre à-tout-va !

 

Le 29 août 1897, les troupes du Commandant Gérard établirent un campement près d'Ambiky. L'Enseigne de Vaisseau Blot, commandant du navire de guerre « La Surprise », les rejoignit, accompagné de Samat, un commerçant et « frère de sang » du roi Toera. Ils remontèrent la rivière Tsiribihina de nuit, accompagnés de quelques soldats sénégalais et des marins de « La Surprise ».

Dans la nuit même, les Français encerclèrent le village d'Ambiky. Au matin du 30 août 1897, encore dans la pénombre, le roi Toera et ses guerriers furent surpris dans leur sommeil, sans avoir le temps de saisir leurs armes. Les habitants d'Ambiky s'enfuirent en désordre, mais furent accueillis par une pluie de balles et de baïonnettes. Pendant une heure, ceux qui n’avaient pas été tués du premier coup cherchent à fuir. Traqués par nos compagnies noires, on les voit, vêtus de leur sang ruisselant des blessures fraîches, courir affolés, atteints et frappés de nouveau, trébuchant sur les corps de leurs camarades, ou allant donner contre les armes impitoyables des réserves postées aux issues. Ambiky fut rapidement pris, et le roi Toera, ainsi qu'un de ses conseillers, Vongovongo, périrent dans la bataille. Deux chefs furent également tués. Le nombre de morts atteignit 97, et 150 personnes furent blessées. Les troupes françaises firent 500 prisonniers et s'emparèrent de 250 fusils, ne déplorant que deux blessés dans leurs rangs.

Cependant, ce bilan fut contesté par un député français, Vigné d'Octon, qui affirmait que 5.000 (cinq mille) personnes avaient péri à Ambiky avec le roi Toera. Le député français conclut son récit ainsi : « Le clairon sonna le rassemblement après le massacre : pas un seul soldat ne manqua à l'appel. Les soldats victorieux furent mis au repos, mais un silence profond suivit cette victoire. Dans la ville d'Ambiky, on ne voyait plus qu'une boue rouge, la terre gorgée du sang de ses habitants, des innocents : 5.000 personnes perdirent la vie dans le village du roi Toera, le 30 août 1897 ».

Après la violente bataille, Toera fut capturé et exécuté, sa tête étant décapitée. Son crâne, accompagné de ceux de ses guerriers, a été envoyé en France pour être conservé dans les collections du Musée de l'homme à Paris.

Tiré du récit du capitaine Condamy dans son livre « Méthode de guerre coloniale. Conquête du Menabe à Madagascar (1891-1902) ».

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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