Publié dans Société

Harcèlement scolaire - Haingo Rakotomanga a souffert en silence

Publié le jeudi, 22 janvier 2026

Elle avait 12 ans. Elle était en classe de 5ème à l’école des sœurs sise à Andohalo. Elle avait une meilleure amie, une présence rassurante à ses côtés pendant des mois avant que tout change. Elle, c’est Haingo Rakotomanga, une survivante de harcèlements scolaires mais qui a pu s’en rétablir pour devenir une femme entrepreneure. 

« Ma meilleure amie et moi ne se quittions jamais, mais elle s’est éloignée, m’a ignorée et s’est même moquée de moi, des changements brusques que je n’arrivais pas à accepter. Je lui ai finalement demandé la raison et sa réponse a été un coup dur "parce que tu es trop sage !" », se souvient-elle. Depuis, elle a subi de nombreux cas de harcèlement scolaire, dont les surnoms, les rires moqueurs, les regards insistants. Son ancienne meilleure amie a même fait partie des premières à se moquer d’elle, surtout à cause de sa physique qu’elle avait elle-même du mal à reconnaître. « J’avais l’impression qu’on se moquait de moi tout le temps. Je me suis renfermée et a gardé le silence, non seulement à cause de la honte mais surtout par peur qu’en parler va empirer la situation », raconte-t-elle. 

 

En conséquence, les résultats scolaires de Haingo chutent. A cela se sont ajoutées les paroles humiliantes de certains de ses enseignants. « Dondrona », « tu ne comprends jamais » » font partie de ces mots qui l’ont brisée davantage.  

Pour échapper à l’école, l’adolescente a inventé des maladies, a falsifié des signatures, sans que ses parents ne soient au courant de rien. A 12 ans, l’idée de disparaître a traversé son esprit, mais en pensant à ses parents, elle s’était encore tue. « J’ai pleuré de tout mon cœur en sachant que j’allais redoubler, je savais que ce n’était pas moi. Changer d’école était devenu une question de survie. J’en ai parlé à mes parents et, après des pourparlers, ils ont finalement accepté », se souvient-elle. Elle a passé l’examen dans le nouvel établissement sis à Antanimena et a réussi. « Pour la première fois depuis longtemps, j’étais heureuse. Mais une fois admise, j’ai dû créer ma propre carapace de "rebelle" pour se protéger ». En parallèle, ses résultats scolaires restaient bons. Elle participait à un concours pour affronter ses peurs. Elle a pu retrouver la paix en gagnant le pari. 

Haingo n’a plus revu ses anciens harceleurs. Elle n’a pu croiser l’un d’entre eux que des années plus tard, mais elle a changé d’axe en la voyant. Elle est devenue une femme entrepreneure, tandis que les autres ont été punis par le « Karma », d’après ses dires. Son témoignage rappelle que le harcèlement scolaire détruit en silence. Des victimes se taisent, non pas par faiblesse, mais pour survivre. Pourtant, parler peut sauver et écouter peut protéger. 

Patricia Ramavonirina

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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