Publié dans Economie

Fiscalité - Pouvoir d’achat en baisse, impôts en hausse

Publié le dimanche, 02 novembre 2025

Le projet de loi de Finances initiale (PLFI) 2026, actuellement en préparation, marque une étape importante dans la stratégie budgétaire de l’Etat. Plusieurs dispositions majeures y figurent, visant à renforcer les recettes fiscales sans alourdir de manière disproportionnée la pression sur les contribuables. Parmi les mesures phares figure le retour de la taxe sur les véhicules à moteur, abrogée en 2006. Cette taxe concernera la quasi-totalité des engins motorisés soumis à immatriculation, qu’il s’agisse de voitures, motos, camions ou véhicules utilitaires. Le tarif variera selon la puissance, la source d’énergie et l’année de mise en circulation, allant de 5 000 à 340 000 ariary par an.

Les véhicules électriques récents bénéficieront d’une réduction, tandis que les modèles anciens ou fonctionnant au diesel seront davantage taxés. Les engins maritimes et aériens seront également concernés, avec des montants forfaitaires allant jusqu’à 2 millions d’ariary pour les aéronefs. Seuls certains véhicules, comme les ambulances, les engins des sapeurs-pompiers ou les véhicules administratifs, seront exemptés. « Cette mesure ne vise pas à pénaliser mais à rétablir une équité fiscale et responsabiliser les usagers », explique un cadre du ministère des Finances. Cette réforme s’inscrit dans une politique plus large d’élargissement de l’assiette fiscale recommandée par le Fonds monétaire international (FMI), afin de porter le taux de pression fiscale à un niveau plus soutenable.

Transparence de gestion

D’autres mesures contenues dans le PLFI 2026 concernent le secteur des importations et la fiscalité des revenus. Le riz de luxe importé, jusque-là exonéré, pourrait désormais être soumis à un droit de douane de 20 % et à une TVA de 20 %. L’objectif est de distinguer les produits de base, toujours exonérés, des variétés haut de gamme, tout en favorisant la production locale de riz de qualité. « Cette taxation pourrait redonner de la valeur au riz cultivé localement, tout en limitant les importations inutiles », estime un économiste. Sur le plan salarial, une nouvelle tranche d’imposition à 25 % serait appliquée aux revenus supérieurs à 4 millions d’ariary, alors que les autres tranches resteraient inchangées. Selon le ministère, ces ajustements permettront de renforcer les capacités budgétaires de l’Etat sans pour autant accroître la pression sur les ménages modestes. Le Dr Hery Ramiarison, ministre de l’Economie et des Finances, affirme d’ailleurs que la philosophie du Gouvernement est claire : « Il ne s’agit pas de taxer plus, mais de taxer mieux ». Le défi réside maintenant dans l’application efficace de ces mesures et dans la capacité de l’administration fiscale à moderniser ses outils de collecte. Pour beaucoup d’observateurs, la réussite de cette réforme dépendra surtout de la transparence et de la gestion rigoureuse des ressources publiques.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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